Les HPI / multi-potentiels ont souvent ce ressenti : « je pense trop » (en référence à l’ouvrage éponyme de Christel Petitcollin). Autrement-dit, ils perçoivent leur cerveau comme très souvent envahissant, qui s’auto-alimente, et peut freiner la mise en action.
C’est particulièrement vrai pour les entrepreneurs, ou celles et ceux qui souhaitent entreprendre ; ils font face à plusieurs dilemmes : une pensée « arborescente » versus la nécessité de décider vite, leur profondeur d’analyse versus le rythme entrepreneurial. Et quand il s’agit de s’engager dans un nouveau projet : tout analyser en détail versus accepter l’incertitude.
Ce cerveau atypique est-il un atout ou un frein pour entreprendre ? Comment prendre conscience de ses atouts tout en surmontant les freins associés à ce mode de fonctionnement si particulier ? Comment s’engager dans l’action sans trahir sa complexité ? Découvrez-le dans cet article.
Un cerveau envahissant …
En quoi les HPI perçoivent-ils leur cerveau comme envahissant ? Cela peut se traduire de plein de manières différentes :
- Analyser tout en détail, les situations, les paroles des autres, même quand on n’en ressent pas le besoin
- Peser le pour et le contre en permanence, même sur des détails
- Réfléchir à l’avenir : ce qui pourrait se passer, les différents scénarios, et comment s’y adapter par anticipation
- Comment progresser, s’améliorer sans cesse, optimiser le ratio entre ses efforts et ses résultats
- Chercher à tout comprendre, à donner un sens à toute observation, tout acte, et poser mille fois la question du « pourquoi » (les causes, mais aussi les buts)
- Analyser le regard et le jugement des autres, en particulier sur soi
- Porter soi-même un regard critique sur tout et tout le monde, et conclure au passage que la condition humaine est bien banale ou dérisoire
- Avoir mille idées à la seconde, être capable de partir dans toutes les directions à la fois
Toutes ces pensées se font en général inconsciemment, c’est-à-dire hors de la volonté des personnes concernées : elles ne peuvent pas empêcher leur cerveau de fonctionner comme cela. Enfin du moins à priori.
Les conséquences pour les entrepreneurs ou ceux qui veulent entreprendre
Cette façon de tout observer et analyser en permanence présente certes des avantages, mais aussi des freins pour entreprendre. Quels sont -ils ?
Les atouts
- Analyser de façon rationnelle et objectiver ses décisions
- Avoir une vision à moyen et long terme pertinente
- Savoir capter les signaux faibles de son marché et les utiliser de façon pertinente aux bons moments
- Savoir capter les signaux faibles des personnes – clients, collaborateurs, partenaires – et en tenir compte
- Disposer d’intuitions souvent pertinentes
- Avoir une grande créativité et aptitude à innover
- Plus globalement, oser se lancer dans des projets complexes, en rupture, créer de nouveaux besoins / marchés
- Être dans une démarche continue de progrès, pour soi et pour ses équipes
- Avoir un management empathique en performant
Les freins
- C’est d’abord un puissant frein à l’action : le processus de réflexion a horreur des décisions et des actions, car celles-ci limitent les possibilités pour l’avenir !
- Une perte de temps potentielle considérable, en passant son temps à analyser même les choses qui n’ont pas d’importance à l’instant t (pour les cerveaux atypiques, tout a de l’importance au même niveau au départ, et la discrimination ne se fait qu’après avoir engrangé un nombre suffisant d’informations)
- Passer son temps à avoir des regrets, en constant à posteriori que ses décisions n’étaient finalement pas optimales
- Placer le niveau d’exigence trop haut, pour soi et pour les autres, avec des conséquences en termes de découragement et de désengagement
- Repousser sans cesse les échéances de décision, avec le risque de « manquer le bon train » (c’est d’autant plus crucial quand on est entrepreneur)
- Analyser trop de scénarios et ne plus pouvoir décider
- Trop dépendre du regard des autres, ne plus savoir ce que l’on pense soi-même
- Développer des peurs multiples : peur de l’avenir, peur de l’échec, peur de l’erreur, peur des réactions des autres
Prendre conscience de ses atouts en tant qu’entrepreneur atypique ?
Cette prise de conscience est loin d’être évidente chez les HPI / multi-potentiels, malgré leur grande aptitude à l’introspection, pour diverses raisons :
- Ils sont dans une forme de sur-adaptation aux autres, et qu’ils perçoivent leurs modes de fonctionnement comme des défauts à gommer.
- Ils considèrent qu’ils sont comme les autres, ni plus ni moins, et que tout le monde dispose des mêmes atouts qu’eux, et qu’ils ne sont que la « normalité »
- Ils n’ont pas souvent l’occasion de recevoir de feed-backs positifs à ces sujets : soit parce que leurs collaborateurs ou partenaires n’osent pas, soit parce qu’ils sont isolés, soit encore parce qu’on pointe plus du doigt leurs différences, qui gênent la majorité
- Et quand ils reçoivent ces feedbacks positifs, ils les laissent de côté les considérant comme de la « flatterie ».
- Et plus généralement parce qu’ils ont un biais cognitif d’attribution : ils s’attribuent plus facilement leurs échecs que leurs réussites.
Comment retrouver un regard plus objectif sur soi ?
- Sortir de la sur-adaptation
- Restaurer son estime de soi
- Travailler ses biais cognitifs, en particulier apprendre à développer un regard plus positif sur soi et ses réalisations
- Apprendre à gérer ses émotions débordantes, qui empêchent un regard objectif
Tout cela ne peut se faire seul.e : faites-vous accompagner, et par un.e coach expert.e en HPI / multi-potentiels.
Surmonter ses freins en tant qu’entrepreneur atypique ?
Prendre conscience de ses atouts est une chose, surmonter ses freins en est une autre. Surtout quand il s’agit de modes de fonctionnements très anciens, innés, pour lesquels les plis sont tellement marqués qu’il est difficile de s’en départir, même pour des HPI, qui ont une forte aptitude à la remise en cause à l’adaptation. Passons donc en revue ces différents freins, et les moyens possibles de les surmonter.
Un puissant frein à l’action
Ce frein est surtout un problème pour les porteurs de projet, qui ne se sont pas encore lancés, car une fois le projet lancé, la nécessité fait loi, et avancer et agir est un réflexe de survie, que l’on ne peut contourner. Comment surmonter ce frein ?
- En adoptant la politique des « petits pas », pour ne pas se fermer trop vite les autres options
- En apprenant à mesurer à quel point on a franchi des étapes, surmonté des difficultés.
- En prenant le temps de faire le constat que, à chaque instant, on est toujours capable d’opérer un important virage dans son business, démontrant qu’aucune action ou décision n’est vraiment irrémédiable
Perdre du temps à analyser des détails inutiles / Analyser trop de scénarios
Il est très difficile pour un HPI / multi-potentiel de détecter le niveau d’importance de chaque détail. Pourquoi ? Parce que justement, c’est dans les détails que le HPI nourrit sa quête incessante de signaux faibles, qui lui seront utiles peut-être plus tard. Comment dès lors ne pas s’y noyer ? Ma recommandation peut sembler simpliste, mais elle est plus subtile qu’il n’y parait. Il s’agit concomitamment de :
- Savoir « lever le nez du guidon » régulièrement : autrement-dit, lorsque l’on est en plein dans les détails, savoir adopter la « posture meta » du coach, qui observe la situation – je précise ici que les HPI ont une aptitude naturelle assez forte dans ce domaine. En étant à la fois acteur et observateur de la situation, le HPI peut prendre conscience qu’il est en train d’analyser du détail.
- En adoptant cette posture, accepter l’idée que, régulièrement, il est nécessaire de stopper cette activité centrée sur le détail, ou sur de nouveaux scénarios. Dit autrement, accepter l’imperfection du monde, et de ses actions.
- Et en même temps : ne pas se juger négativement par-rapport à cette activité d’analyse qui semble superflue : en réalité, elle a une double utilité ; d’abord nourrir sa quête de signaux faibles comme je l’expliquais, ensuite, de nourrir le besoin viscéral du HPI d’aller en profondeur sur certains sujets.
Passer son temps à avoir des regrets
Sur ce point, je dirais qu’il s’agit presque d’une posture philosophique, d’un choix de vie, et donc, qui relève presque d’un accompagnement psychologique. Ceci étant, les HPI ont une approche à la fois objective et pragmatique, et il suffit de leur pointer du doigt l’absurdité des regrets, puisque l’on ne peut tout simplement pas revenir en arrière, pour qu’ils aient envie d’adopter une nouvelle approche orientée sur le futur.
D’une certaine façon, quelle que soit ma situation difficile actuelle, je sais que j’ai toujours une marge de manœuvre dans le futur pour la rendre meilleure.
Placer le niveau d’exigence trop haut
C’est un grand classique dans l’accompagnement des HPI, et ce n’est pas le moindre des sujets. J’ai là aussi écrit plusieurs articles à ce sujet, et je vous renvoie ici au plus récent.
Disons là encore en synthèse, qu’il est inutile et inefficace de vouloir se juger par-rapport à ce haut niveau d’exigence, ni de le placer au niveau de la majorité, qui ne conviendrait pas aux HPI : il s’agit juste de prendre conscience de cette tendance à en mettre « un peu trop », pour ajuster le tir.
Repousser sans cesse les échéances
La procrastination, puisque c’est de cela dont il est question ici, est une sujet complexe et multi-facteurs, et qui nécessite donc d’entrer dans le détail. J’ai écrit 2 articles à ce sujet vers lesquels je vous renvoie également, plutôt que de chercher à sur-simplifier ce sujet : article 1, et article 2
Trop dépendre du regard des autres
Ce sujet est intimement lié au manque d’estime de soi. Je vous renvoie en cela vers un autre de mes articles.
Être sous l’emprise de ses peurs (échec, erreur, insécurité financière …)
Là aussi, c’est un sujet à part entière, qui mérite d’entrer dans le détail. Disons en résumé que, il est illusoire de vouloir faire disparaître ses peurs quand on est sensible comme un HPI, et que les tactiques pour les surmonter doivent surtout d’orienter vers l’acceptation. Je vous renvoie en cela vers ces 2 autres articles :
Comment s’engager dans l’action sans trahir sa complexité ?
Cette phrase sonne comme une contradiction, un oxymore. En réalité, il n’y a de contradiction dans cette expression, que dans l’esprit de celles et ceux – certes ultra-majoritaires, qui considèrent que rationalité s’oppose à émotions, que synthèse s’oppose à analyse, que vision globale s’oppose à vision de détail, ou d’autres combinaisons de polarités qui semblent opposées (comme je l’explique dans cet autre article).
Mais assumer cette combinaison de polarités pour les HPI est tout sauf simple, et c’est donc encore plus difficile pour eux d’imaginer s’engager dans l’action sans renier leur vision complexe et subtile de chaque situation. Aucune fatalité à cela pourtant. Cela suppose de se faire aider, ce qui, là aussi, n’est pas simple pour un.e HPI.
Pour aller plus loin
Participez à mon prochain webinaire gratuit sur le thème « HPI, multi-potentiels : comment [re]devenir un entrepreneur à succès ? » du mardi 19 mai 2026 à 18h30.
Si vous cherchez à développer votre autonomie tout en renforçant vos connexions humaines, à échanger avec d’autres personnes qui fonctionnent comme vous, et vous approprier vos modes de fonctionnement spécifiques pour en faire des atouts dans votre vie professionnelle, participez à ma formation-action Masterclass HPI :
La prochaine session démarre le mardi 24 mars 2026 à Paris (1 place disponible), et la suivante le mardi 13 octobre 2026 à Paris.
Et si vous cherchez à intégrer un réseau d’entrepreneurs ou futurs entrepreneurs différents, qui se comprennent, pour partager, être challengé, et développer tous vos projets atypiques avec succès, inscrivez-vous au Club des Entrepreneurs Atypiques, et participez à des événements inspirants.
1ère journée lundi 13 avril à Paris. Pour vous inscrire, contactez-moi.
Et pour ne rien perdre de mon actualité c’est ici.
Cyril Barbé



