Et si nous utilisions nos 3 intelligences – rationnelle, émotionnelle et sensorielle – pour des décisions optimales et alignées ?

Nous mettons souvent en avant la puissance de notre cerveau. Il est vrai que c’est une fantastique machine. Même à l’heure des progrès de l’imagerie médicale, nous n’en sommes qu’à « Cro-Magnon » dans notre compréhension de cet organe.

Et malgré une évolution fulgurante, l’intelligence artificielle est encore loin d’égaler ce qu’il est capable de faire. De nombreux scientifiques ont aussi mis en évidence la plasticité du cerveau (*), et ses incroyables capacités d’adaptation.

Mais à l’inverse, notre cerveau ultra-rationnel est capable d’erreurs terribles (**), de biais cognitifs nombreux, ou simplement « oublie » de prendre en considération nos ressentis, nos intuitions. C’est particulièrement vrai dans notre société et culture occidentale très cartésienne, et dans un contexte de complexité galopante et d’accélération du temps. Et c’est encore plus vrai des personnes au cerveau bouillonnant.

Comment élargir nos horizons mentaux pour prendre des décisions optimales et pleinement alignées avec nos besoins et nos objectifs ? Comment ne plus être « otages » de notre mental ? Découvrez-le dans cet article.

En quoi nous ne prenons plus assez en compte nos ressentis et notre corps ?

Combien de managers sous pression doivent prendre une décision rapide, en se fiant uniquement à des données factuelles, et en ignorant au passage leur stress et celui de leurs équipes, et sans prendre en considération leurs propres signaux internes ?

Combien de salariés vont au burn-out en essayant de répondre aux exigences toujours plus fortes de leur poste ou leur entreprise, et parce qu’en parallèle, ils ne sont pas assez à l’écoute des signes que leur envoient leur corps ou leurs émotions : une fonction pas faite pour eux, ou encore un environnement professionnel qui ne leur convient plus ?

Lors d’un désaccord avec un collègue ou manager, combien de salariés refoulent leurs sentiments et leurs besoins pour éviter la confrontation, et génèrent ainsi ressentiment et frustration, entraînant des émotions telles que la tristesse et la colère, et rendent au passage la communication encore moins performante ?

Combien de cadres se forcent à montrer un enthousiaste face à un changement de stratégie ou d’organisation, par nécessité de se montrer exemplaires et proactifs, alors qu’ils ressentent une forte inquiétude sur ses impacts ou ne partagent pas ces changements ?

Comment retrouver un équilibre entre rationalité et ressentis ?

Vous avez tous lu ces nombreux articles vous conseillant d’être plus à l’écoute de votre cœur et votre corps, et parfois même à l’excès, et votre agacement est compréhensible.

Et si nous vous disions que, comme tout apprentissage, apprendre à être plus à l’écoute de son corps passe justement en premier lieu par une activité physique, concrète et matérielle, mettant en jeu d’abord vos mains, vos bras, vos jambes, plus que votre cerveau ?

De nombreuses études scientifiques ont montré que nous apprenons plus vite et plus en profondeur si cet apprentissage passe autant par le corps et les émotions que par le cortex préfrontal (***). D’autres études ont montré que, pour s’approprier un concept nouveau, il est toujours préférable de commencer par le découvrir par l’expérience, ce qui a été confirmé par la théorie de cognition incarnée, et par toutes les pédagogies actives de type apprentissage par la pratique ou « learning by doing ».

Concrètement, quelles activités proposer ?

Pour les équipes qui souhaitent renforcer leur connexion au corps et aux émotions, les activités possibles peuvent être très diverses :

  • Marcher dans la nature,
  • Danser,
  • Dessiner,
  • Utiliser des instruments de musique,
  • Utiliser des jeux de construction (tels que LSP ou Lego Serious Play, un outil très utilisé dans les entreprises), …

Mais la clé du succès de ces activités réside dans la qualité de l’expérimentation que les participants vont vivre. Beaucoup pensent que l’outil est le plus important, alors que c’est la nature d’expérience vécue qui fait que l’outil sera efficace, dans la prise de conscience de ses propres modes de fonctionnements, mais aussi dans l’ancrage par chacun de nouveaux comportements, ou apprentissages.

En effet, les informations transmises de manière pratique et active sont mieux mémorisées et ancrées sur le long terme, et l’expérience sensorielle et kinesthésique renforce les connexions neuronales de cet apprentissage. Par exemple, pour apprendre à jouer d’un instrument de musique, la pratique répétée des gestes techniques est plus bénéfique que la seule étude des partitions.

La réussite de cette animation repose aussi sur des animateurs qui maîtrisent parfaitement ce processus expérimental et cognitif, en s’appuyant notamment sur :

  • Une explication précise de l’intention visée par cette activité expérimentale
  • Le respect d’un cadre de fonctionnement protecteur (bienveillance, confiance mutuelle …)
  • Une aptitude fine à observer ce qui se passe pour chaque participant, et à leur apporter des feed-backs en effet miroir, et suggestions pour apprendre à mieux utiliser les émotions et sensations.

Notre expérience avec un groupe de dirigeants et managers

Récemment, nous avons co-animé avec Sophie Koopman en inter-entreprises, un groupe d’une dizaine de dirigeants et managers, ayant tous comme particularité de ressentir leur cerveau comme envahissant, et les empêchant de ressentir pleinement les choses et les événements. Les conséquences pour eux sont les suivantes :

  • Difficultés à ressentir toutes leurs émotions, parfois trop envahissantes
  • Difficultés à exprimer, et à gérer leurs émotions, et celles des autres
  • Difficultés à faire des choix, à prendre des décisions
  • Tendance à être trop exigeant, et à être dans le sur-contrôle en permanence
  • Une forte peur de l’échec, et du regard des autres
  • Manque d’estime d’eux-mêmes, avec un impact dans la relation aux autres
  • Tendance à tout vouloir comprendre, et en particulier, là où parfois, comprendre n’est pas la bonne tactique

La méthode puissante que nous leur avons proposée est d’improviser au piano sans aucun pré-requis. Ces temps d’échanges expérimentaux et créatifs ont permis une reconnexion en prodondeur à leurs corps et ressentis, en lien avec leurs enjeux professionnels et la gestion de l’imprévu.

Chacun a expérimenté à tour de rôle individuellement, dos au groupe, sur 3 séquences de 2 à 5 minutes.

Les bénéfices ressentis et exprimés par les participants

  • « J’y vois plus clair sur qui je suis, sur mes valeurs, mes besoins, mes envies »
  • « Au début je me trouvais nul, puis j’ai pris confiance et n’ai plus du tout craint le regard des autres »
  • « Ça a créé un déclic en moi de plus oser m’exprimer, oser être moi-même »
  • « J’ai pris conscience du trop haut niveau de mes exigences, et j’ai su retrouver un équilibre »
  • « J’ai pris conscience de l’importance de me ressourcer, et être moins stressé au travail »
  • « Ça m’a donné l’autorisation d’exprimer mes émotions, et ça a été très fort »
  • « Je me suis autorisé les fausses notes, et je me dis que j’ai aussi le droit aux erreurs dans mon travail ».

Pour aller plus loin sur ce sujet

Nous animons régulièrement ce type de séminaires en entreprise, par le biais de divers media et outils, pour aider à la reconnexion tête – cœur – corps, dans un but de libérer les pleins potentiels des individus et des équipes, retrouver une fluidité relationnelle, surtout quand il y a des incompréhensions et des différences de modes de fonctionnement (générationnelles, culturelles, de personnalités, ou autres).

Vous aussi, vous souhaitez renforcer l’intelligence émotionnelle, sensorielle, et collective de vos équipes, booster leurs performances et leur bien-être ? Contactez-nous pour un premier diagnostic de votre situation :

Et pour en savoir plus sur nous :

Sophie et Cyril

(*) Je pense en particulier à Paul Bach-y-Rita, qui a démontré que le cerveau peut réattribuer des fonctions, notamment via la substitution sensorielle, à Elizabeth Gould, qui a prouvé que la neurogenèse (création de nouveaux neurones) peut encore se produire chez l’adulte, Stanislas Dehaene en France, qui a montré que l’éducation modèle et transforme notre cerveau, ou encore Eleonor Maguire qui a montré que le cerveau des chauffeurs de taxis londoniens présente un développement très supérieur à la normale de l’hippocampe (cf ce podcast de France Culture).

(**) Comme l’explique très bien Olivier Sibony dans son ouvrage

(***) L’étude de Beilock & Holt (2007) a montré que des participants qui utilisaient leurs mains pour manipuler des objets apprenaient plus vite et retenaient mieux les concepts liés à ces objets. Celle de Immordino-Yang et Damasio (2007) a mis en évidence que les expériences émotionnellement marquantes sont mieux retenues par les individus. Et celle de James & Atwood (2009) que des enfants apprennent mieux à lire et écrire en traçant les lettres avec leurs doigts plutôt qu’en les regardant seulement.

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