Pourquoi ne pas se faire accompagner en tant qu’entrepreneur HPI / multi-potentiels ? Episode 3 : “Et si c’était un échec de plus ?”

Dans mes précédents articles, je vous expliquais que les entrepreneurs HPI ont du mal à s’engager dans un accompagnement individuel. Soit par sentiment de manque de temps, soit convaincus qu’ils ne trouveront pas de coach adapté. Dans ce nouvel opus, j’explore un autre frein, lié à la peur de l’échec.

Sachant qu’ils abordent chaque décision avec beaucoup de minutie, d’exigence, voire de perfectionnisme, et qu’ils y investissent beaucoup d’efforts, et qu’ils sont d’autant plus exigeants sur ce sujet sensible, l’échec aurait dans ce cas une couleur presque définitive dans leur esprit : « suis-je fait pour être accompagné, en somme ? »

Comment se traduit concrètement ce frein ? Pourquoi les entrepreneurs HPI sont-ils particulièrement touchés ? En quoi cette logique masque-t-elle d’autres problèmes, plus profonds ? Comment ne plus se tromper pour identifier et choisir un coach qui saura les accompagner efficacement ? Découvrez-le dans cet article.

Comment se traduit concrètement ce frein de « l’échec de plus » ?

Même en ayant été longtemps convaincus de l’utilité d’un coaching, les entrepreneurs HPI peuvent parfois adopter une réaction de rejet à ce sujet, parfois à cause de leurs expériences passées non réussies. Comment se traduit-elle concrètement ?

  • Des hésitations prolongées sur le sujet, malgré un besoin clairement identifié et exprimé
  • Des difficultés à s’engager, même après un 1er échange convaincant
  • Une tendance à interrompre le processus juste avant de se lancer, ou à le reporter indéfiniment
  • Et un discours intérieur du type : « ça ne marchera probablement pas pour moi », « j’ai déjà essayé, sans résultat, pourquoi insister »

En réalité, ils sont dans un puissant tiraillement intérieur :

  • D’un côté, une intuition de la pertinence d’un tel accompagnement
  • De l’autre, une peur d’être à nouveau déçu, qui sonnerait le glas de leurs espoirs de trouver une solution à leurs difficultés

Pourquoi les entrepreneurs HPI sont-ils particulièrement touchés ?

La peur de l’échec en général

En premier lieu, les HPI sont particulièrement touchés par la peur de l’échec, comme je l’explique dans mon autre article. Et ce risque spécifique d’échec n’échappe pas à la règle.

Le manque d’estime de soi

Concernant leur travail sur eux-mêmes, ce risque est renforcé par un autre facteur plus insidieux et inconscient, mais tout aussi puissant : suis-je vraiment assez valable pour être accompagné, et pour y réussir ? En effet, les HPI ont tant vécu d’incompréhension, de rejet, de moquerie, voire de jalousie dans leur vie, qu’ils finissent par s’autopersuader qu’ils « méritent » tous ces mauvais traitements.

De plus, les HPI ont un biais cognitif d’attribution des échecs et réussites : ils pensent être 100% responsables de leurs échecs. Résultat, un échec de leur propre coaching renforcerait encore leur tendance à l’autosabotage, et leur perte d’estime d’eux-mêmes, ce qui pour certains serait insupportable au plan émotionnel.

Je traite plus en détail de ce sujet délicat du manque d’estime de soi dans un autre article.

Une expérience d’accompagnement souvent déjà riche, mais inefficace

Les entrepreneurs HPI ont une forte propension à l’introspection, à la remise en cause, au travail sur eux-mêmes, et donc vont naturellement solliciter un accompagnement individuel. Seulement, beaucoup n’ont pas conscience de leur différence et sollicitent un coach qui, dans la plupart des cas, n’est pas expert en multi-potentiel, et ne peut donc efficacement les accompagner.

Pour ma part, j’ai sollicité de très nombreux accompagnements, et à chaque fois j’étais convaincu d’être [enfin !] avec le bon expert, en vain. Ce n’est que lorsque j’ai compris et accepté ma différence que les choses ont changé.

D’autres facteurs spécifiques renforcent ces mécanismes

  • Une intensité émotionnelle élevée, qui rend les déceptions difficiles à supporter
  • Une mémoire fine des expériences passées, en particulier négatives
  • Une exigence forte, qui met d’autant plus de pression sur les résultats attendus
  • Une tendance à analyser ce qui n’a pas fonctionné, parfois jusqu’à la surinterprétation

Avec un effet cumulatif :

👉 chaque expérience décevante vient renforcer la prudence, voire la méfiance

En quoi cette logique masque-t-elle d’autres problèmes plus profonds ?

Une peur de l’échec qui ne dit pas son nom

La peur d’un « échec dans mon coaching » est souvent la forme visible d’un sujet plus large, la peur de l’échec elle-même.

Et c’est précisément un sujet qui mérite d’être adressé dans le cadre d’un accompagnement individuel. Au risque de :

  • Freiner voire empêcher les décisions, limiter les prises d’initiative,
  • Brider ses potentiels, de sensibilité, de captation de signaux faibles, ou d’intuitions pourtant si puissantes
  • Enfermer dans des zones connues, mais frustrantes

Le piège de l’autonomie devenue contre-productive

Beaucoup d’entrepreneurs HPI ont une capacité remarquable à résoudre seuls des problèmes complexes. C’est même souvent ce qui a construit leur réussite.

Mais après plusieurs accompagnements perçus comme peu efficaces, une croyance peut émerger : « Au fond, je suis le mieux placé pour régler mes propres problèmes ».

Cette croyance est séduisante, mais inefficace dans le cadre de leur travail sur eux-mêmes. Certaines difficultés en effet ne peuvent pas être résolues seul, car elles sont liées à :

  • Leurs propres schémas de fonctionnement
  • Leurs angles morts ou zones aveugles
  • Leurs perceptions subjectives du monde

👉 Tant que l’entrepreneur HPI n’a pas pleinement conscience de sa différence, et ne l’assume pas, il continue d’essayer de résoudre ses difficultés avec des grilles de lecture inadaptées

Résultat :

  • Répétition des mêmes schémas
  • Incompréhensions persistantes
  • Sentiment de tourner en rond, malgré les efforts croissants de remise en cause

L’enfermement progressif

À terme, ne pas traiter sa peur de l’échec, que ce soit pour s’engager dans un nouveau coaching, ou toute autre décision, peut conduire à :

  • Une réduction des prises de risque
  • Un isolement décisionnel
  • Une perte de fluidité dans les relations
  • Un renforcement de ses émotions négatives : tristesse, peurs, colère
  • Et in fine : une usure progressive, voire un épuisement professionnel

C’est donc une vraie forme d’enfermement, qui va à l’encontre des objectifs initiaux de progrès, et surtout de l’expression de vos pleins potentiels.

Comment identifier et choisir un coach adapté à vos spécificités ?

Au-delà de la relation de qualité avec vous, l’alliance qu’il va être capable de créer avec vous, quels critères évaluer pour votre choix de coach ?

  • Être capable de vous comprendre, que la relation soit très vite fluide, et que vous n’ayez pas besoin d’entrer dans tous les détails de votre contexte.

👉 Le signe qui ne trompe pas : le coach doit être capable de reformuler très vite dans l’échange, votre situation de façon explicite, détaillée, et fidèle

  • Avoir une grande aptitude à aller directement à l’essentiel, et se mettre au diapason de votre propre vitesse

👉 Le signe qui ne trompe pas : le coach doit ne jamais se sentir dépassé par votre pensée rapide et arborescente

👉 Autre signe qui ne trompe pas : le coach doit vous proposer un accompagnement court, pour atteindre vos objectifs rapidement, souvent en 5 à 7 séances maximum.

  • De la bienveillance, pour que vous vous sentiez – enfin – compris et accepté comme vous êtes

👉 Le signe qui ne trompe pas : le coach doit accueillir positivement et vous encourager à parler de ce que vous n’osez jamais dire

  • De l’exigence, pour répondre à la vôtre

👉 Le signe qui ne trompe pas : le coach doit être capable de vous bousculer dès ce 1er échange exploratoire, avant même que le coaching n’ait démarré

  • Une capacité à favoriser votre pensée en arborescence, pour explorer et identifier vos solutions les plus adaptées, tout en sachant vous recadrer.

👉 Le signe qui ne trompe pas : le coach ne doit jamais être perturbé par votre façon d’aller dans tous les sens, mais doit savoir vous recadrer sur vos objectifs quand c’est nécessaire.

  • Une sensibilité fine, pour transformer votre intensité en atout.
  • Une aptitude à convoquer ses émotions, pour vous autoriser à gérer les vôtres, et à en faire des atouts durables

👉 Le signe qui ne trompe pas : le coach doit être capable d’assumer pleinement sa sensibilité, en osant partager ses propres fragilités.

  • Une aptitude à décoder vos modes de fonctionnement, à vous transmettre ses clés de lecture, pour mieux interagir avec les autres

👉 Le signe qui ne trompe pas : le coach doit régulièrement vous proposer des éclairages sur ce qui se joue pour vous dans certaines situations, et vous permettre ainsi des déblocages rapides sur vos difficultés.

C’est au prix de ces exigences que votre coach saura vous permettre de déployer vos pleins potentiels, et ainsi ceux de votre entreprise.

Pour aller plus loin

Si vous aussi, vous avez du mal à « trouver le bon coach », je vous propose d’explorer ce sujet plus en profondeur lors d’un webinaire gratuit dédié aux entrepreneurs HPI et multi-potentiels, le mardi 19 mai 2026 à 18h30.

Si vous cherchez à développer votre autonomie tout en renforçant vos connexions humaines, à échanger avec d’autres personnes qui fonctionnent comme vous, et vous approprier vos modes de fonctionnement spécifiques pour en faire des atouts dans votre vie professionnelle, participez à ma formation-action Masterclass HPI :

La prochaine session démarre le mardi 13 octobre 2026 à Paris.

Et si vous cherchez à intégrer un réseau d’entrepreneurs ou futurs entrepreneurs différents, qui se comprennent, pour partager, être challengé, et développer tous vos projets atypiques avec succès, inscrivez-vous au Club des Entrepreneurs Atypiques, et participez à des événements inspirants.

Prochain journée mercredi 3 juin à Paris. Pour vous inscrire, contactez-moi.

Et pour ne rien perdre de mon actualité c’est ici.

Cyril Barbé

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