L’humour est le propre de l’homme dit-on, mais tout le monde n’a pas le même humour, ni la même sensibilité sur les sujets à traiter avec humour. A tel point que celui-ci est devenu un sujet à polémiques de plus en plus fortes et nombreuses aujourd’hui.
L’humour des HPI est souvent décalé, comme pour leur personnalité toute entière. Ils ont à la fois la capacité à toucher le point sensible, ils savent le faire avec délicatesse et empathie, mais parfois ils peuvent blesser, bien involontairement.
En quoi l’humour des HPI est-il décalé ? Pour quelles raisons peut-il parfois déranger, et sans qu’ils n’en aient conscience ? Comment peuvent-ils faire de cette aptitude particulière un puissant levier de communication et de connexion entre les êtres humains, et débloquer ainsi certaines situations difficiles ? Découvrez-le dans cet article.
Humour décalé : de quoi parle-t-on ?
Comment définir l’humour ? Le dictionnaire parle d’une forme d’esprit mettant en avant les « aspects plaisants et insolites de la réalité, avec un certain détachement ». Il existe en réalité de multiples formes d’humour :
- Comique de caractère : consistant à exagérer un trait de caractère, un défaut humain
- Autodérision : qui est dans la même lignée mais orienté vers soi-même
- Comique de geste, comique du mime
- Comique de mots : calembours, contrepèteries
- Comique par l’image (le plus utilisé sur les réseaux sociaux)
- Humour noir, qui se base sur une réalité douloureuse pour souligner l’absurdité d’une situation ou du monde
L’humour est donc décalé par essence : il vient se placer en dehors des normes établies, il bouscule les règles de bienséance, il aborde les situations sous un angle inédit, absurde, et c’est ce qui provoque la joie et le rire. Mais bien sûr, comme toute médaille, il a son revers : aller trop loin dans la dérision ou la moquerie, avoir un ton trop cinglant ou critique, entre autres.
Les HPI sont des fanas de l’humour, et aiment l’utiliser dans de nombreuses situations.
- D’abord parce que leur esprit voit toujours les situations sous différents angles, dont certains les font immanquablement rire, et ils ont forcément une grande envie de partager cette joie avec leur entourage
- Ensuite parce que, aimant contribuer à influer positivement sur le monde, ils utilisent l’humour faire bouger les lignes, une tactique plus facile à leurs yeux
- Ensuite parce que, voyant facilement les aspects difficiles et les risques potentiels des situations, l’humour constitue pour eux un moyen inconscient de détendre l‘atmosphère, et donc de mieux-être pour eux-mêmes.
En quoi leur humour est-il plus décalé que celui des autres ?
- Ne leur déplaise, les HPI sont par essence en décalage avec leur entourage : par leur vitesse, leur pensée globale et systémique, leur façon de tout questionner et remettre en cause, leur exigence, leur besoin d’apprendre en continu …
- Ils ont une pensée complexe et subtile, et leur humour n’échappe donc pas à cette règle : ils vont naturellement faire dans le second, voire le troisième degré
- Ils voient encore plus que les autres les absurdités des situations, et aiment particulièrement les pointer du doigt.
- De même, ils voient facilement les doubles ou triples sens d’un mot ou d’un son, qu’ils aiment à partager mais que ne voit pas facilement tout un chacun.
Pour quelles raisons cet humour décalé dérange tant ?
Trop de remise en question d’un coup
Un humour qui remet tout en question peut être très déstabilisant. Les êtres humains aiment qu’on balaie quelques certitudes, mais ont aussi besoin de piliers solides sur lesquels s’appuyer. Or les HPI peuvent tout balayer d’un coup.
Pour faire une analogie avec le monde de l’entreprise, les HPI adorent le changement, et sont souvent les premiers à plonger dedans avec délectation. Et quand ils en sont à l’initiative, ceux-ci sont souvent radicaux, sans qu’ils n’en aient conscience. Et c’est la raison pour laquelle ils ont beaucoup de mal à être suivis par leurs collègues ou leurs équipes. Il en va de même avec leur humour parfois.
L’exemple marquant de Coluche : il avait une forte aversion pour les politiques de tout bord, et était donc pour le système en général un trublion très gênant, peut-être trop. Extraits : « Si jamais nos hommes politiques se mettaient à tenir leurs promesses, il leur faudrait le budget des Etats-Unis ». « La différence entre les oiseaux et les hommes politiques, c’est que de temps en temps, les oiseaux s’arrêtent de voler », « Certains ont l’air honnête, mais quand ils te serrent la main, tu as intérêt à recompter tes doigts ». « Les études pour faire homme politique, c’est cinq ans de droit, et tout le reste de travers ». « Les technocrates, quand tu leur poses une question, une fois qu’ils ont fini de répondre, tu comprends plus la question que t’as posée ».
La puissance à double effet du 2nd degré
Faire de l’humour au 2nd ou 3ème degré peut être puissant s’il est compris, capté rapidement. Mais si ce n’est pas le cas, il peut se retourner contre son auteur, qui sera alors pris pour un simple opposant à un groupe – religieux, ethnique, régional, d’orientation sexuelle, à un camp politique, ou autre, mentionné dans ses paroles.
La politique de l’autruche n’est pas leur « tasse de thé »
Démasquer les absurdités et les impostures est leur sport favori. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Il n’y a qu’à voir comment tous, collectivement, notre société pratique depuis des décennies une « politique de l’autruche » sur certains enjeux pourtant vitaux à moyen terme, tels que le changement climatique, les risques de santé, ou les risques géopolitiques, entre autres. L’humour des HPI qui aiment à taper là où ça fait mal, peut donc être perçu comme de la subversion pure et simple.
Exemple avec Blanche Gardin qui ose aborder dans un même sketch plusieurs sujets sensibles tels que le vieillissement chez les femmes, l’image des français à l’étranger, ou encore le conflit entre Israël et Palestiniens : son humour qui met les pieds dans plusieurs plats à la fois dérange souvent.
Leur tendance ponctuelle au sarcasme
Même si ce n’est que quand ils se sentent acculés et impuissants, ils peuvent parfois recourir au sarcasme, car celui-ci agit comme un défouloir des frustrations ressenties par son auteur, et/ou exprime une forme d’appel à l’aide masqué. En effet, les HPI ressentent de façon répétée des frustrations du fait de :
- Ne pas atteindre leurs buts (souvent trop ambitieux)
- Leur impatience
- Leur sentiment d’avoir été verbalement agressé, subi un tort de la part d’une autre personne
- Une perception d’injustice, d’inégalité, ou d’incohérence
- L’accumulation de stress et de tensions
- Leur sentiment d’impuissance pour se faire comprendre ou être accepté
- Leur faible estime d’eux-mêmes
Pour quelles raisons n’en ont-ils pas conscience, malgré leur grande sensibilité ?
C’est un sujet que j’aborde dans quasiment tous mes articles, donc ce ne sera pas une surprise pour mes lecteurs habituels, mais je le répète tant c’est un sujet central : le plus souvent, le HPI n’a pas conscience de ses différences, et pense que les autres sont « comme lui ». Ce faisant, il ne peut avoir conscience à quel point son humour est décalé et peut déranger.
Ce déni de différence, dont je parle aussi dans cet article, est dû à plusieurs facteurs :
- Ils n’aiment pas être mis dans une case
- Ils ont horreur de paraître pour différent, en particulier prétentieux
- Ils considèrent que tout le monde a une forme d’intelligence
- Ils n’ont pas forcément réussi à l’école, et pensent donc qu’ils ne peuvent pas être concernés par cette forme de différence
Comment peuvent-ils en faire un puissant levier de communication ?
Alors si les HPI ont un humour parfois trop décalé, et qu’en plus ils n’en ont pas conscience, en quoi cet humour peut-il leur être utile ? Plus précisément, en quoi leur humour décalé peut quand-même, dans certaines situations, être plus pertinent qu’un humour classique ?
Quelle utilité pour leur humour décalé en contexte professionnel ?
- Il peut être un puissant levier de détente de l’atmosphère, et dieu sait si la pression et le stress sont omniprésents dans nos vies actuelles, en particulier en contexte professionnel
- Il peut aider à dédramatiser certaines situations devenues trop difficiles à supporter, à désamorcer certains conflits, à relativiser les obstacles, en particulier dans des projets complexes, avec des objectifs très ambitieux.
- Il peut aider à voir les choses sous un nouvel angle, et donc favoriser la créativité et l’innovation, là aussi essentielles dans un monde qui nous met face à des challenges toujours nouveaux et plus complexes
Exemple : lors des CoDir de la CCI de Rennes, auxquels je participais chaque semaine, il régnait une atmosphère solennelle et pesante. Du fait des jeux politiques, mais aussi de notre DG, qui en imposait par sa prestance mais aussi son mutisme. Chacun avait donc peur d’y intervenir, au risque de ne pas être à la hauteur des enjeux, ou suffisamment politiquement correct. Et comme je percevais cette énorme tension, j’avais pris l’habitude de mettre de l’humour dans chaque séance, de dire tout haut ce que la plupart pensait tout bas. Et j’ai constaté comment l’atmosphère devenait ainsi plus respirable, les langues se déliaient, ce qui était bénéfique pour chacun, et pour le collectif.
Comment savoir l’ajuster et l’exprimer pertinemment et aux bons moments ?
- 1ère clé : prendre conscience du niveau de décalage qu’ils peuvent avoir. Notamment en étant plus à l’écoute des messages, parfois sous forme de signaux faibles. Mais aussi et surtout en apprenant à sortir du déni de différence.
- 2nde clé : savoir faire confiance à leurs intuitions. Les HPI ont souvent des intuitions fulgurantes, y compris sur l’état émotionnel du groupe au sein duquel ils évoluent (*), et ils savent donc quand et où il est utile de détendre l’atmosphère, et quand et où ce n’est pas le moment opportun.
- 3ème clé : adopter une attitude plus en recul, plus détachée. En effet, la gravité de leur ton, liée à l’importance des enjeux qu’ils perçoivent, peut juste contrer l’effet de détente recherché dans le fait de faire de l’humour, et même parfois brouiller le message. Cette prise de recul est certes loin d’être simple pour un HPI, qui se sent toujours investi à 200%, mais en rien impossible.
- 4ème clé : oser essayer, échouer, recommencer, tâtonner, avant de réussir ! Et au passage, savoir expliquer aux autres comment ils fonctionnent, pour dédramatiser un humour mal compris, maladroit, et montrer leurs intentions bienveillantes.
(*) Au détail près que, pour certains, ils ont pu se couper de certaines de leurs émotions par réflexe d’autoprotection, ce qui les coupe d’informations cruciales concernant l’état émotionnel de leurs interlocuteurs.
Pour aller plus loin
Participez à mon prochain webinaire gratuit sur le thème « HPI, multi-potentiels : quel projet professionnel pour vous épanouir pleinement ? » du mardi 10 mars 2026 à 18h00.
Si vous cherchez à développer votre autonomie tout en renforçant vos connexions humaines, à échanger avec d’autres personnes qui fonctionnent comme vous, et vous approprier vos modes de fonctionnement spécifiques pour en faire des atouts dans votre vie professionnelle, participez à ma formation-action Masterclass HPI :
La prochaine session démarre le 24 mars 2026 à Paris.
Et si vous cherchez à intégrer un réseau d’entrepreneurs ou futurs entrepreneurs différents, qui se comprennent, pour partager, être challengé, et développer tous vos projets atypiques avec succès, inscrivez-vous au Club des Entrepreneurs Atypiques, et participez à des événements inspirants.
1ère journée lundi 13 avril à Paris. Pour vous inscrire, contactez-moi.
Et pour ne rien perdre de mon actualité c’est ici.
Cyril Barbé



