Lors de mes échanges de vive voix avec eux, beaucoup de HPI / multi-potentiels me disent « je ne suis pas HPI car … » et s’en suit une litanie de bonnes raisons pour affirmer qu’il n’est pas possible qu’ils le soient. Et ce, même quand ils ont passé le test WAIS IV avec succès !
« Je n’ai pas de fait de longues études », « j’étais nul en maths », « je suis lent dans certains situations », « je ne fais pas partie des hauts-potentiels de carrière de mon entreprise », ou encore « je ne fais pas un métier intellectuel ». Autant de croyances sur le HPI qui conduisent les personnes concernées dans l’impasse. Car à cause de ce constat faussé de leur situation, une majorité se sur-adapte aux moules qu’on leur présente, ils sous-exploitent largement leurs talents originaux, et se sentent frustrés.
Quels sont tous ces mythes sur le HPI ? D’où viennent-ils et pourquoi résistent-ils tant à la rationalité ? Quels impacts limitants pour les personnes concernées ? Comment sortir de ces croyances limitantes, pour qu’ils puissent faire de leurs potentiels une réalité, et retrouver un épanouissement professionnel et personnel ?
Lisez cet article pour le découvrir.
Quels sont tous ces mythes sur le HPI ?
« Je n’ai pas fait d’études supérieures »
L’école française est un système très cadrant, qui laisse peu d’espace de liberté, et les profils atypiques ne s’y adaptent pas toujours facilement. D’ailleurs, le taux de décrochage scolaire chez les HPI est non négligeable (même si peu d’études sérieuses existent à ce sujet). Certes ces décrochages peuvent être dus à d’autres causes, telles que le TDAH, les DYS, ou autres spécificités. Mais cela montre bien qu’être HPI n’est en rien un gage de réussite à l’école, même si l’on trouve un fort taux de HPI dans les études supérieures.
Avoir fait des études supérieures est d’abord la preuve d’une adaptation naturelle au système scolaire, ou d’une capacité d’adaptation à ce système. Dit autrement, rentrer dans le moule donne autant de chances de réussir à l’école que d’être doué intellectuellement.
« J’étais « nul.le en maths »
Le célèbre neuroscientifique Stanislas Dehaene a montré que, dès 4 mois, les nourrissons ont une aptitude naturelle à dénombrer. Et du fait du mythe très ancien sur la « bosse des maths », totalement démonté depuis, nous sommes nombreux à véhiculer inconsciemment cette idée erronée selon laquelle certaines personnes seraient plus faites pour les mathématiques que d’autres (y compris des professeurs de maths). Autrement-dit, Stanislas Dehaene affirme que tous les enfants possèdent tous « la bosse des maths » à la naissance (cf ce podcast très intéressant à ce sujet).
Certes les personnes touchées par certaines spécificités comme la dyscalculie rencontrent de vraies difficultés dans ce domaine, mais cela ne remet en aucun cas en cause leurs aptitudes à comprendre et utiliser les mathématiques, à condition d’adapter leur enseignement.
« Je suis lent dans certaines situations »
HPI rime souvent avec vitesse, c’est un fait. Ils observent plus vite, ils comprennent plus vite. Les imageries médicales ont montré que leur cerveau avaient à la fois plus de connexions synaptiques en activité cérébrale, mais aussi qu’ils ont des gaines de myéline plus épaisses, avec à la clé une conductivité des signaux renforcée et accélérée.
Parallèlement, beaucoup de facteurs peuvent expliquer pour quelles raisons ils semblent lents dans certaines situations :
- Leur besoin de sans cesse peser le pour et le contre, un besoin de vision systémique et globale, qui retarde leurs décisions (jusqu’à parfois les bloquer)
- Leur besoin de tout comprendre avant d’agir
- Leur peur de l’échec, de l’erreur, qui peut là aussi les paralyser
- Le manque de sens aux objectifs qu’on leur donne peut aussi les freiner inconsciemment
- Et si les explications qu’on leur donne ne sont pas satisfaisantes, leur tendance à retarder la décision jusqu’à être satisfait
Tous ces facteurs peuvent masquent voire annihiler leur haute vitesse naturelle. Problème : par biais de négativité, les HPI vont surtout retenir les situations où ils manquent de vitesse, et oublier toutes celles où ils excellent en vitesse.
« Je ne suis pas haut-potentiel de carrière »
Il existe un grand nombre de raisons pour lesquelles, malgré leurs talents incroyables, les HPI ne sont pas reconnus à leur juste valeur en entreprise. J’en parle souvent dans mes articles, je ne les citerai donc pas de façon exhaustive :
- Etre incompris dans leurs intuitions et leurs visions
- Leurs émotions débordantes peuvent les desservir
- Leur manque d’estime d’eux-mêmes et leur syndrome d’imposture les empêche d’exprimer leurs besoins, et leurs ambitions, ce qui profite aux autres qui osent plus.
- Dernier facteur, et pas le moindre : ils font peur, et peuvent être perçus comme une menace pour leur entourage, en particulier leur hiérarchie
Tout cela fait que, malgré de réels potentiels et talents, les HPI ne sont pas reconnus à leur juste valeur, et incite les profils concernés à s’auto-convaincre qu’ils ne peuvent êtres HPI. C’est d’autant plus vrai que la confusion des termes est facile entre « Haut Potentiel Intellectuel » et « Haut Potentiel de carrière » (c’est une confusion que je constate régulièrement dans mes échanges avec certains dirigeants).
« Je ne fais pas un métier intellectuel »
J’ai accompagné un grand nombre de HPI qui excellent dans des métiers d’arts ou d’artisanat, et qui ont un réel complexe vis-à-vis de professions réputées plus « intellectuelle ». C’est très marqué en France, où on a depuis des années dévalorisé ces métiers et formations. Pourtant, ces HPI ont une forme d’intelligence extrêmement puissante, que ce soit en créativité, en aptitude à trouver des solutions aux problèmes nouveaux, à utiliser leurs mains de façon très fine et subtile, ou encore à créer des émotions chez les gens.
Howard Gardner a montré, au travers de sa théorie des intelligences multiples, à quel point l’intelligence ne se mesurait pas seulement via les disciplines académiques classiques. L’intelligence reste un sujet délicat et complexe, un concept très difficile à définir. Comment dès lors, affirmer que l’on est ou que l’on n’est pas intelligent ?
Pourquoi les HPI perdent-ils toute rationalité sur ce sujet ?
Les HPI ont cette aptitude et appétence naturelle au questionnement, à la remise en cause, qui en général leur donne un regard très objectif et rationnel sur les choses et situations. Alors pourquoi manquent-ils d’objectivité sur ce sujet ?
- Ils ont une saint horreur d’être « mis dans des cases », et le refus d’entrer dans cette case renforce leurs biais cognitifs sur ce sujet
- Qui plus est quand il s’agit d’une « case » qui pourrait donner une image de supériorité (*) : cela heurte leur valeur de simplicité et d’humilité.
- C’est un sujet sensible, et leurs émotions sur les sujets sensibles sont d’autant plus difficiles à contrôler, d’où cette perte d’objectivité.
(*) Je précise ici que le HPI ne signifie en rien une quelconque « supériorité intellectuelle », mais qu’il se traduit juste par des façons différentes de fonctionner de la moyenne, avec certes des atouts sur certains aspects, mais aussi des freins sur d’autres.
Quels impacts limitants de ces croyances pour eux ?
Le fait de ne pas reconnaître leur différence fait qu’ils restent dans cette sur-adaptation dont je parle dans tous mes articles, avec pour conséquences :
- Une sous-performance par-rapport à leurs potentiels
- Un sentiment de frustration permanent, avec à la clé de puissantes émotions négatives
- Une incapacité à comprendre ce qui se jour pour eux, malgré leur introspection permanente
- Et donc, une impossibilité de trouver la voie pour s’épanouir.
Comment faire évoluer ces croyances limitantes ?
Pour que les HPI ne soient plus dépendants de ces croyances qui les convainquent qu’ils ne sont pas HPI, et retrouver une objectivité les concernant, cela passe par plusieurs tactiques :
- La 1ère tactique est de s’ouvrir à ce sujet, ne plus être dans le déni, lire des articles, des ouvrages sur le HPI, la multi-potentialité.
- Ensuite, prendre conscience des aspects très émotionnels de ce sujet pour soi : la peur de paraître pour arrogant, la peur de ne plus être aimé si l’on est différent, la peur d’être rejeté …
- Puis : accepter de travailler ces émotions, pour éviter d’en être le sujet. Qu’ont-elles à nous apprendre de si important ? Par exemple, découvrir que, malgré tous nos efforts pour le masquer, tous les neurotypiques (environ 95% de la population) nous voient comme différent.
Cela peut passer dans certains cas par un travail sur soi. Un travail qui vide à apprendre :
- A mieux se connaître, à maîtriser ses modes de fonctionnement authentiques, savoir en faire des forces et non plus des handicaps
- A s’assumer pleinement comme différent
- A travailler son estime de soi, apprendre à ne pas « plaire à tout le monde ». Des outils tels que les Cartes des Forces ou les Cartes des Atypiques Inspirants sont de vrais leviers dans ce cadre.
- A faire le deuil de certaines relations improductives, voire toxiques
- A travailler sa gestion des émotions
Tout cela ne peut se faire seul, car une partie de nous-même tire dans le sens inverse de ces objectifs. C’est la raison pour laquelle j’ai créé la formation-action Masterclass HPI, durant laquelle nous travaillons tous ces facteurs et utilisons ces outils.
Pour aller plus loin
Participez à mon prochain webinaire gratuit sur le thème « HPI, multi-potentiels : quel projet professionnel pour vous épanouir pleinement ? » du mardi 10 mars 2026 à 18h00.
Si vous cherchez à développer votre autonomie tout en renforçant vos connexions humaines, à échanger avec d’autres personnes qui fonctionnent comme vous, et vous approprier vos modes de fonctionnement spécifiques pour en faire des atouts dans votre vie professionnelle, participez à ma formation-action Masterclass HPI :
La prochaine session démarre le 24 mars 2026 à Paris.
Et pour ne rien perdre de mon actualité c’est ici.
Cyril Barbé



