Les HPI ont sans cesse besoin d’apprendre, de découvrir de nouvelles connaissances, d’explorer de nouveaux territoires, au risque de ressentir l’ennui. Plus encore, ils aiment à se remettre en cause en permanence. Les challenges, les défis, constituent donc autant d’opportunités de réponse à ces besoins. C’est ce qui leur permet d’atteindre de très hauts standards de résultats, et d’avoir une énorme capacité d’adaptation.
Mais parallèlement, leur très haut niveau d’exigence combiné à une perception négative de l’échec les conduit à échouer souvent, et à se décourager.
Comment peuvent-ils choisir leurs challenges, ajuster leurs exigences, pour combiner la motivation durable et une persévérance fructueuse ? En quoi est-ce une absolue nécessité pour eux de se faire accompagner dans ce domaine ? Quel type d’accompagnement et quel coach pour qu’il soit pleinement efficace ? Découvrez-le dans cet article.
Besoin de challenge chez les HPI : de quoi parle-t-on ?
Les HPI aiment les challenges, les défis. Comment cela se traduit-il concrètement ?
- Se mettre trop de tâches à réaliser dans une journée, et ça débord régulièrement
- Se fixer un niveau trop élevé de difficulté dans une mission, dans un projet
- Choisir de travailler avec des personnes très différentes d’eux, éloignées de leurs modes de fonctionnements, juste pour apprendre, mais qui crée des tensions et des étincelles relationnelles.
- Lancer un projet très ambitieux dès le départ, sans passer par des étapes intermédiaires, jugées trop faciles ou ennuyeuse.
- Aimer lancer un défi sportif intense dans l’enthousiasme des échanges avec les amis, et réaliser sa difficulté réelle après coup.
Anecdote personnelle : au début des années 90, alors que le VTT n’en était qu’à ses débuts en France, je découvre ce sport qui me passionne. Après juste une sortie de quelques heures avec des copains, c’est décidé, je veux m’inscrire à un stage d’une semaine. L’UCPA à l’époque est réputé pour son sérieux et professionnalisme, et je regarde donc leur catalogue. Ils proposent 4 niveaux de stage, selon la longueur des étapes journalières, mais aussi le niveau technique des parcours : de 1 à 4 étoiles. J’élimine d’emblée les 1* et 4*, qui me semblent trop faciles ou trop difficiles. Reste à choisir entre 2 et 3*. Bien évidemment j’ai choisi 3* ! J’ai compris mon malheur une fois sur place : des étapes très longues et difficiles, et des compagnons de route déjà bien chevronnés : j’ai longtemps cru que je ne terminerai pas ce stage.
Des avantages, mais aussi des effets délétères
Bien sûr, cela peut être utile d’oser se fixer des ambitions très élevées. C’est ainsi que JFK a réussi à transcender tout son pays autour d’un projet fou, emmener un Homme sur la Lune, à un moment ou les USA ne disposaient pas du centième des technologies nécessaires pour accomplir ce projet (cf cet article à ce sujet).
Se fixer des hauts standards est un moyen d’atteindre des objectifs plus hauts, de repousser les limites, et d’innover puissamment, comme ce fut le cas pour le programme Apollo.
Mais ces bénéfices ne sont valables que si l’on ne va pas « trop loin ». Que veut dire « trop » dans ce cas ? C’est simplement le niveau qui fait basculer de l’hyper-motivation au découragement. A ce sujet, un chercheur en psychologie, Mihail Csik, a défini le concept de flow, ou expérience optimale en français, précisant les contextes favorisant la performance optimale des êtres humains en contexte cognitif. Et sa théorie précise notamment qu’il faut que le projet ou l’objectif défini se situe juste au-dessus du niveau de compétences actuel.
Et dans le cas des HPI, la frontière entre le « trop » et le « pas assez » est très ténue, encore plus que pour la moyenne des gens. C’est un premier écueil.
De plus, ils ont une sensibilité exacerbée à l’échec, combinée à un manque d’estime d’eux-mêmes, qui les conduit à abandonner rapidement dans ces situations. C’est un second écueil. Et comme ils n’en ont pas toujours conscience, c’est ce qui les conduit à se relancer sur d’autres défis, et d’autres échecs.
Je précise ici que ce n’est pas l’échec qui est un problème, mais bien la perception de cet échec, et de ses capacités à se relever suite à ces échecs, et même croître grâce à eux, ce qu’on appelle la résilience. Carol Dweck, chercheur en psychologie, a montré que cette aptitude à croître suite à ses échecs dépend notamment de la flexibilité de son état d’esprit (théorie de l’état d’esprit de croissance ou Growth Mindset). Or il semblerait que les HPI manquent, paradoxalement plus que la moyenne, de cette flexibilité mentale, peut-être parce qu’apprendre est tellement facile pour eux, qu’ils sont persuadés ne plus pouvoir progresser quand ils rencontrent, tardivement, les premiers obstacles. Heureusement, il n’y a aucune fatalité et même cette flexibilité mentale s’apprend !
Mais ce n’est pas tout ! Le fait d’abandonner ses rêves et projets conduit aussi à :
- Un auto jugement négatif : ils se sentent « nuls » d’abandonner ainsi
- Une forme d’épuisement, car ils ont dépensé néanmoins beaucoup d’énergie avant d’abandonner
- Une tendance à encore plus procrastiner, qui traduit juste une peur de l’échec, qui s’ancre sur la durée et devient plus inconsciente
- Une perte d’estime de soi : si je ne réussis pas et que j’abandonne, je me sens nul encore une fois.
- Des émotions négatives : colère de la frustration, et peurs principalement.
Comment choisir ses challenges au juste niveau ?
A la lumière de tous ces éléments, choisir le bon niveau de challenge pour un HPI suppose les prérequis suivants :
- Bien connaître où se situent ses propres aptitudes actuelles, pour ne pas tenter de « monter une marche » trop haute d’un coup
- Avoir une bonne conscience de son niveau de résilience, de sensibilité à l’échec, et de persévérance, pour ne pas se retrouver à subir des échecs trop fréquents et/ou difficiles à supporter.
- Ce qui suppose de bien se connaître, avoir conscience de ses différences cognitives, toutes celles que j’évoque plus haut, et donc, de sortir du déni de différence tout court.
Et pour réussir ses projets sans renoncer à son haut niveau d’ambition et/ou de complexité, il faut apprendre à :
- Se définir des étapes intermédiaires réalistes mais motivantes
- Pour cela, travailler à savoir rester dans l’instant présent (*)
- Mesurer régulièrement le chemin parcouru
- Célébrer chaque petit pas, chaque petite réussite
- Plus généralement développer un regard plus positif sur ses actions et résultats
(*) Les HPI anticipent en permanence, c’est à la fois un besoin et un réflexe naturel irrépressible, et rester dans l’instant présent leur demande un effort spécifique (qui plus est pour ceux qui sont aussi concernés par un TDAH).
C’est à toutes ces conditions que le HPI pourra, à l’inverse du paragraphe précédent, construire une spirale vertueuse et positive.
Pourquoi un accompagnement est clé pour les atteindre ?
Comme je vous explique plus haut, se fixer des challenges trop élevés conduit tout à la fois à l’échec, à l’auto jugement négatif, à l’épuisement, à l’abandon éventuel du projet et au renforcement de la tendance à la procrastination, à une destruction de l’estime de soi, et à un cocktail d’émotions destructrices. Autant dire qu’il est vital pour les HPI de savoir viser juste.
Or le fait que les HPI ne sachent pas toujours définir leur juste niveau de défi est lié à leur zone aveugle de déni de différence, et donc à une perception déformée de la réalité. Comment sortir seul de cette zone aveugle ? Par essence ce n’est pas possible puisqu’ils ne la voient pas. Solliciter un regard et une aide externe est donc une absolue nécessité.
Ceux-ci ne peuvent venir d’un coach neurotypique, car celui-ci :
- Briderait son client dans son niveau d’exigence et saperait sa motivation.
- Ne comprendrait pas ses cheminements de pensée multiples et entrecroisés
- Ne suivrait pas son rythme, sa façon de « sauter du coq à l’âne »
- Questionnerait sans doute trop ses intuitions, pourtant si importantes
- Ne pourrait de son côté se fier à des propres intuitions sur ce qui est juste pour son client
- Et in fine, menacerait l’alliance avec lui, indispensable à la réussite de cet accompagnement.
Comment choisir un coach adapté ? Il ne s’agit pas seulement de choisir un coach qui s’affiche expert du HPI, mais surtout de sentir comment se fait la connexion lors d’un échange de vive voix, sur la vitesse, l’intuition, la multiplicité, entre autres, bref, de savoir faire confiance à votre intuition.
La puissance du collectif dans ce type de difficultés
L’accompagnement individuel peut être indispensable, en particulier quand il y a à travailler la gestion des émotions trop fortes (parfois bien enfouies, surtout chez les hommes), et l’estime de soi.
Une fois ces étapes en partie avancées, l’accompagnement collectif peut devenir un puissant complément. Quels avantages ?
- Rompre l’isolement : les HPI ont besoin de connexions humaines intenses, mais n’en vivent que très peu. Participer à un collectif de HPI peut donc répondre à ce besoin impérieux.
- Décupler la production de solutions : l’intelligence collective est puissante, et encore plus avec un groupe de HPI
- Générer un engagement plus durable et fort : l’empathie mutuelle entre HPI et la confiance créée au sein du groupe peut être un levier pour ne pas abandonner ses objectifs
- La confiance vient des modèles : les réussites des autres – toujours différentes des siennes – sont donc autant de raisons de croire en la sienne.
- Enfin, les autres HPI vous challengent à hauteur de vos attentes.
C’est la raison pour laquelle j’ai créé la formation-action Masterclass HPI, 4 journées en présentiel pour développer votre autonomie, renforcer vos connexions humaines, partager avec des personnes qui fonctionnent comme vous, et vous approprier vos modes de fonctionnement spécifiques pour en faire des atouts dans votre vie professionnelle.
La prochaine session démarre le 24 mars 2026 à Paris.
Pour aller plus loin
Participez à mon prochain webinaire gratuit sur le thème « HPI, multi-potentiels : quel projet professionnel pour vous épanouir pleinement ? » du mardi 10 mars 2026 à 18h00.
Et pour ne rien perdre de mon actualité c’est ici.
Cyril Barbé



