La Puissance du Collectif

Pourquoi écrire encore sur ce thème dont tout le monde s’est emparé depuis quelques années ? Qu’y a-t-il de nouveau que vous auriez manqué jusque là ?

En réalité, beaucoup d’écrits sur la puissance du collectif se concentrent sur l’organisation technique du collectif, supposant au passage que les conditions nécessaires à cette organisation technique sont réunies :

  • que toutes les personnes constituant ce collectif ont de facto envie de travailler ensemble durablement,
  • que ces personnes soient toutes en confiance mutuelle,
  • que chacune soit dans un esprit de solidarité malgré les disparités au sein du collectif, et malgré la pression pour atteindre les objectifs.

Or ces conditions préalables sont loin d’être réunies en général.

Pourquoi ces sujets ont-ils été plus ou moins éludés jusque là ?

Nous touchons là au fonctionnement même des êtres humains, qui est plutôt du ressort habituel de la psychologie. Or cette science n’est que très peu entrée dans le monde du travail jusqu’à présent, ou alors essentiellement pour résoudre les dysfonctionnements ou les pathologies. Mais comprendre les dysfonctionnements afin de les régler n’est pas la seule voie pour faire progresser les êtres humains.

En effet, la recherche scientifique en psychologie positive, une branche récente de la psychologie, s’intéresse depuis une vingtaine d’années à comment s’appuyer sur les atouts et les forces des individus pour les aider à se développer de façon optimale. Les entreprises les plus performantes se sont approprié les résultats de cette recherche, car elle constitue une clé essentielle du management des ressources humaines pour demain.

Pourquoi le collectif ?

Même si c’est une évidence, rappelons tout de même en quelques mots les buts poursuivis par cette quête d’un collectif plus performant.

Tout d’abord avec le progrès technologique constant, le travail des Hommes devient toujours plus complexe. Viennent ensuite s’y ajouter d’autres contraintes : économiques, environnementales, sociétales. Les crises morales ou encore de santé publique sont également autant d’enjeux auxquels les organisations doivent faire face. Or la complexité de notre société se traduit par plus de complexité pour tous les problèmes qui nous sont posés au quotidien dans nos organisations.

Comme le dit très bien Edgar Morin, considéré comme le père de la pensée complexe, le simple fait d’utiliser de plus en plus souvent ce mot traduit à quel point nous sommes face à des sujets et des difficultés qui nous dépassent et que nous savons pas toujours comment les exprimer, et donc encore moins les résoudre.

Or seule la puissance du collectif peut nous aider à résoudre les problèmes et enjeux complexes. Le collectif de 10 personnes qui travaillent ensemble est bien plus puissant que la somme de leurs intelligences individuelles, travaillant séparément, le fameux 1 + 1 = 3, ou plus exactement 1 + 1 > 3.

Il ne s’agit donc pas seulement de faire gagner des matches à des équipes de sportifs, à l’image de l’équipe de France, victorieuse surprise face aux Blacks lors de la Coupe du Monde 2007après les avoir défié

Avoir envie de travailler ensemble

Alors comment faire pour créer les conditions d’un collectif performant ? La première chose est de s’intéresser à leurs motivations. Le fait que chaque personne soit motivée individuellement ne suffit pas à créer un collectif durablement motivé.

D’abord parce que ceux-ci doivent partager un minimum de valeurs en commun, de la même manière qu’une cordée de montagne qui veut réussir un sommet. En 1950, Herzog et Lachenal ont certes atteint ensemble le sommet de l’Annapurna, le 1er 8000 jamais réalisé par l’Homme. Mais autant le premier avait comme objectif la grandeur de la France retrouvée après les humiliations de la guerre, autant le second, guide de haute montagne, était porté avant tout par la beauté du geste et la grandeur d’âme des alpinistes. Prenant conscience des risques insensés pris par Herzog pour « réussir à tout prix », au risque de sa vie, Lachenal a été contraint de l’accompagner jusqu’au bout pour éviter de le laisser mourir seul, au prix de ses pieds et mains gelés, et au prix d’une descente en plaine qui fut un enfer de plusieurs semaines.

Prendre le temps d’échanger sur nos valeurs humaines communes, et d’en faire un socle de l’action du groupe, est donc un préalable essentiel à toute réussite collective durable.

Cette envie de travailler ensemble sur la durée viendra aussi de la qualité des relations instaurées. Il ne s’agit pas de savoir faire la fête ensemble, même si c’est important parfois, ni de se tutoyer au prétexte que ça fait cool, mais de véritables relations sincères et authentiques, sujet que je développe plus loin.

Créer la confiance mutuelle

Mêmes si les choses évoluent, nos modes managériaux actuels sont plus en général inspirés par les principes du contrôle que ceux de l’autonomie : fixation d’objectifs, rendez-vous réguliers d’avancement, entretiens individuels, et système de récompense / sanction directement relié à cette question d’atteinte ou non des objectifs. Nos systèmes hiérarchiques sont là pour mettre en oeuvre ce système de contrôle : le DG qui contrôle les n-1, eux-même contrôlant les n-2, et ainsi de suite. Dans une forme de continuité du contrôle scolaire, dont l’objectif est de vérifier que l’apprentissage et la maîtrise d’une discipline sont effectivement atteints.

En réalité, la confiance mutuelle s’appuie sur l’autonomie, le soutien et l’encouragement. Le juste niveau d’autonomie pour chacun, en fonction de ses compétences et de ses responsabilités. Le soutien proposé et non imposé, pour créer la confiance en soi et mettre ses collaborateurs en sécurité, surtout face à la nouveauté. Et enfin l’encouragement positif, preuve de notre croyance authentique dans la valeur de nos collaborateurs, et de notre permission de leurs erreurs, éléments constitutifs de l’apprentissage.

Dernier point important pour créer la confiance mutuelle : la fixation d’un cadre de fonctionnement rassurant, garant des valeurs communes, et que le manager se charge de faire respecter par tous.

Avancer ensemble sans « laissé pour compte »

Autant le collectif peut fonctionner facilement sur une réunion, ou sur un projet court, autant il est beaucoup plus compliqué à maintenir sur la durée. Plusieurs raisons à cela :

  • La pression du temps et de la performance, qui nous rend toujours plus exigeant et nous conduit plus à pointer du doigt le négatif – ce qui n’est pas encore atteint – que le positif – tout ce qui a déjà été fait, et induit ainsi une défiance entre chaque membre.
  • Le manque de temps et de méthode pour identifier et reconnaître les forces de chaque personne, pour qu’il puisse en faire bénéficier le collectif.
  • La difficulté à adapter les missions et objectifs de chacun à ses  possibilités, car cette logique de sur-mesure va à l’encontre d’une logique d’organisation planifiée et structurée.

Pour avancer ensemble sur la longue route, il est donc essentiel de travailler au préalable les Forces individuelles en présence, pour à la fois en faire bénéficier le collectif, adapter les missions de chacun en fonction de ces forces, et renforcer l’esprit de solidarité au sein du groupe. Ainsi il n’y aura pas d’équipier laissé sur le bord de la route parce qu’il ne suit pas le rythme ou qu’il n’est pas compétent.

Entretenir des relations constructives durables avec les autres

Entrer et maintenir dans le temps des relations constructives avec tous les autres suppose à la base d’avoir une sincère croyance dans le fait que l’Homme est fondamentalement bon. Mais cela suppose aussi d’apprendre et de mettre en oeuvre des compétences relationnelles, et notamment :

  • L’assertivité : cette capacité à s’exprimer avec l’autre de façon bienveillante et empathique, en étant à l’écoute à la fois de ses propres besoins et des besoins de l’autre.
  • L’empathie : cela passe notamment par l’écoute, cette qualité indispensable du monde moderne, la plus demandée mais aussi la moins enseignée.
  • La gratitude : cette capacité à remercier les personnes et les choses pour ce qu’elles sont, ce qu’elles font, ce qu’elles nous apportent au quotidien.
  • Le pardon : cette capacité à abandonner son droit au jugement négatif quand on a été offensé ou lésé (ce qui ne signifie en rien l’oubli ou l’excuse de l’acte). On pardonne non pour l’autre mais avant tout pour soi : c’est ce qui vous permet de surmonter l’événement et vous reconstruire positivement, et ainsi continuer d’entretenir des relations positives avec autrui.

Organiser le collectif

C’est seulement si toutes ces conditions sont réunies que vous pourrez organiser votre collectif : travailler en mode projet, développer la polyvalence et l’échange de poste, mettre en place des brainstormings, des séances de Forum Ouvert, de World Café, de Co-Développement, ou encore de facilitation graphique …

Cyril Barbé

Rester positif dans l’adversité

Je ne prétends jamais, que ce soit lors de mes formations, mes conférences,  ou dans mes articles, être un champion du positif, au contraire, je crois qu’il existe autour de moi de nombreuses personnes plus durablement positives que moi.

Mais une chose est sûre, je suis convaincu du pouvoir du positif sur notre réussite, qu’elle soit individuelle ou collective. C’est ce qui nous permet de garder toujours un espoir de nous en sortir, même dans les plus grandes difficultés. C’est ce qui nous permet ensuite de garder le cerveau pleinement performant, car non pollué par des émotions ou projections négatives : cela implique plus de créativité et d’idées d’alternatives, plus de capacité à identifier des opportunités dans un océan de mauvaises nouvelles, et enfin plus de capacité à saisir et mettre en oeuvre ces opportunités.

Espoir, optimisme, résilience, toutes ces qualités se complètent et interfèrent entre elles, et contribuent à la fois à notre mieux-être et à notre performance, c’est ce que nous a confirmé la récente recherche en la matière.

D’ailleurs, lorsque nous voyageons dans des pays en développement, nous sommes tous frappés par l’esprit positif de ces habitants qui, pourtant, manquent de tout confort décent tel que nous le concevons : comme si leur esprit positif (spontané) était la clé pour leur permettre de supporter la dureté de leur vie, et toujours croire en un avenir meilleur.

Mais pourquoi aurait-on spécialement besoin de « cure de positif » à notre époque, alors que les êtres humains ont surmonté tant d’obstacles durant des centaines de milliers d’années ? Et n’y aurait-il pas une utilité d’un regard plus négatif ? Pourquoi la nature nous aurait-elle doté de cette capacité à critiquer négativement s’il n’y avait pas d’intérêt ?

Le biais de négativité

Cette tendance à nous faire voir le verre à moitié vide, plus souvent que l’inverse, est un biais cognitif, une sorte de tromperie du cerveau, qui nous fait porter une attention prioritaire sur tous les dangers. Et par extension il nous fait porter une attention sur tout ce qui est négatif, avec une tendance à l’exagération du phénomène, au point parfois de nous faire totalement occulter le reste, les points positifs ou les réussites.

Comme pour tous les biais cognitifs, celui-ci provient en partie du rythme d’évolution du cerveau, qui n’est pas du tout celui de notre société. Le biais de négativité avait une utilité et un sens à l’époque où notre intégrité physique était régulièrement en jeu, du fait des animaux sauvages ou simplement du fait du manque de nourriture.

Aujourd’hui ces 2 dangers n’existent quasiment plus dans notre société moderne, mais notre cerveau a conservé ce mode de fonctionnement ancestral. Certaines personnes ont évolué plus vite que d’autres et ont cette capacité naturelle à porter leur attention sur le positif, mais ce n’est pas la majorité, il n’y a qu’à voir le taux de mauvaises nouvelles dans les média. Ces derniers, qui prennent de plus en plus de place dans notre vie, ont d’ailleurs un rôle d’amplificateur de notre biais négatif.

La bonne nouvelle est que, même si notre cerveau évolue très lentement, nous pouvons apprendre de nouveaux comportements qui vont compenser ce biais de négativité, et ce dans des délais relativement courts.

Des impacts sur de nombreux aspects à long terme

Les impacts de ce biais négatif dans le contexte professionnel sont à prendre très au sérieux : ils touchent durablement la performance individuelle et collective.

Plusieurs chefs d’entreprise me témoignaient récemment que, un simple retournement de conjoncture, même passager, avait entraîné des changements radicaux dans les comportements de leurs collaborateurs : ils devenaient plus négatifs dans leur attitude, plus pessimistes sur leurs capacité à réaliser les missions et atteindre leurs objectifs, mais aussi et surtout plus négatifs entre eux. Ce qui, en plus de l’effet contaminant de cet esprit négatif au sein des équipes, a pour conséquence de dégrader les relations interpersonnelles, et donc de saper l’intelligence collective.

Cet effet doit être surveillé de près, car il faut beaucoup plus de temps pour contaminer – le terme est à la mode en ce moment ! – le positif que le négatif, toujours du fait de notre biais cognitif.

Quid de l’effet positif d’un esprit négatif ?

D’aucuns me diront que le pessimisme peut aussi avoir son utilité, ils auront tout à fait raison ! Il ne s’agit en aucun cas de tomber dans un optimisme béat et inconscient des dangers. Se protéger contre le Covid-19 par quelques mesures simples d’hygiène ne veut pas dire pour autant que l’on pense être soi-même contaminé, et tomber malade. Les pessimistes ont toute leur pertinence pour identifier les risques et les anticiper.

Mais toujours du fait de notre biais de négativité, les événements négatifs sont mieux enregistrés dans notre mémoire que les positifs. De ce fait, le ratio idéal entre événements positifs et événements négatifs, pour rester en parfaite possession de ses moyens, physiques, psychologiques, et donc cérébraux, est de l’ordre de 3 pour 1 : 3 positifs pour 1 négatif. Plus généralement il nous faut environ 3 émotions positives pour compenser 1 émotion négative. Dans la réalité ce ratio vécu est bien plus souvent inversé.

Il ne s’agit donc en aucun cas de juger notre esprit critique négatif, ou de mettre aux oubliettes les événements négatifs, juste de les remettre à leur juste place.

Comment développer son esprit positif ?

  • La première chose à faire est de repérer cette tendance au négativisme, démasquer en quelque sorte notre biais négatif : prendre conscience du problème constitue déjà 80% du chemin vers la solution.
  • Deuxième moyen, savoir détourner son attention par quelque chose de positif : raconter une histoire drôle, faire une grimace, se remémorer un moment heureux récent, tout est bon pour éviter d’entretenir le cercle vicieux du biais négatif.
  • Du reste ces moments positifs, il faut savoir les savourer en pleine conscience, de façon à en capter toute la force, et les faire durer plus longtemps.
  • Ensuite il s’agit de croire que vous pouvez changer les choses : je vous ai dit que devenir plus positif ça s’apprend, à condition d’en avoir envie et de croire que l’on peut encore apprendre à tout âge.
  • S’entraîner, encore et encore : comme tout apprentissage, c’est la répétition qui est efficace et permet de l’ancrer comme un nouveau comportement.
  • Vous pouvez aussi écrire un journal de gratitude, qui recense toutes les bonnes choses qui vous sont arrivées au cours de la journée, de la semaine, du mois … Un peu à l’instar des 3 kifs par jour de Florence Servan-Schreiber.
  • Quand vous êtes envahis de pensées négatives : pour chacune d’entre-elles, posez-vous la question si cette pensée n’exagère pas les faits ? Quels éléments factuels peuvent constituer des preuves que tout n’est pas si négatif dans cet événement ? Par exemple, certes ma collègue ne m’a pas salué avant de me demandé un service aujourd’hui, mais elle l’a fait tous les autres jours.
  • Pratiquer la pleine conscience : cette activité issue de la méditation qui consiste à porter son attention volontaire sur le ici et maintenant, a des effets scientifiques reconnus sur l’esprit positif.
  • Etre patient : il semble que le biais de négativité s’atténue avec l’âge, effets de la sagesse ou de la dégradation cognitive ? A vous de juger selon votre état d’esprit !

Cyril Barbé

Esprit de Noël

Qu’est devenu aujourd’hui l’esprit de Noël ? Attribué à Charles Dickens et à son célèbre « Conte de Noël » (« Christmas Carol ») publié en décembre 1843, il était à cette époque un mélange de charité, de bonheur familial, d’harmonie sociale, de solidarité.

Mais la famille est une valeur qui se perd, les souvenirs d’enfance ne sont pas tous heureux, et Noël est depuis devenu une grande fête commerciale.

Il ne tient qu’à chacun d’entre nous de réhabiliter les valeurs humaines qui constituent l’esprit de Noël : charité, bonheur partagé, solidarité, esprit positif, entre autres.

Charité

Nous avons plus facilement une pensée pour ceux qui ne sont pas à la fête en cette période spéciale, qu’ils soient sans domicile fixe, sans revenu fixe, ou juste isolés. Que ce soit une pièce, un ticket resto, ou juste un bonjour ou un sourire, ce peut être beaucoup pour ces personnes qui se sentent abandonnées. Bien sûr notre geste ne va pas faire disparaître la pauvreté dans le monde, mais il en inspirera d’autres, peut-être plus importants, comme dans la fable du colibri.

Bonheur partagé

Le bonheur est une notion très personnelle me dit-on très souvent. Serait-ce donc une valeur individualiste, ce qui serait très étonnant. Plusieurs chercheurs ont montré au contraire qu’entretenir des relations positives – la qualité important plus que la quantité – est un des principaux contributeurs à un bonheur durable, quelles que soient les personnes concernées (cf mon récent article à ce sujet).

Partager sa joie avec d’autres personnes est aussi un besoin fondamental. Le bonheur partagé serait donc à la fois donner, et recevoir. Plus encore, de nombreuses études scientifiques ont montré que la générosité avait un effet durable sur le bonheur du « donneur » (cf à ce sujet cette étude de 2017).

La folie des cadeaux

Oui Noël est devenue une grande fête du capitalisme, il faut acheter, toujours plus, des objets toujours plus innovants, qui vont forcément vous apporter plus de bonheur. Mais de plus en plus de cadeau font l’objet d’un échange, il y a des sites spécialisés dans le troc de cadeaux de Noël. De plus en plus de cadeau sont des boxes, laissant à la personne qui le reçoit la liberté de choisir son cadeau parmi une liste toujours plus large. Il y a aussi les cartes cadeaux, qui sont une autre façon de donner de l’argent.

Pourtant certaines personnes ont ce don pour vous offrir quelque chose de simple, auquel vous n’auriez jamais pensé, mais qui vous fait profondément plaisir. Récemment un ami m’a offert pour mon anniversaire de son temps pour repeindre ma porte, c’était une preuve d’attention sincère de sa part envers moi : il sait que j’ai besoin de la repeindre, que cela me soucie de m’en occuper, et encore plus de le faire moi-même. Dans le même esprit, un dessin d’enfant ne coûte rien en argent, mais exprime tout le cœur que l’enfant y a mis, tout son amour pour vous, et aucun cadeau aussi cher soit-il ne peut remplacer cela.

Un esprit positif

L’an dernier je souhaitais acheter pour Noël des chocolats chez un grand chocolatier – Meilleur Ouvrier de France, et oh malheur, suite à un problème exceptionnel en fabrication, les chocolats convoités étaient momentanément indisponibles. Pas de quoi fouetter un chat me direz-vous. Les serveuses étaient mortifiées d’avoir subi toute la journée les vertes remontrances d’autres clients. Quand je les ai rassurées en disant « rien de grave, je pourrai repasser dans une semaine », je les ai senties vraiment soulagées.

Réalise-t-on vraiment à quel point nous pouvons influer sur le monde par notre attitude ? Nos réactions en toutes situations ne sont que le résultat de notre décision. Il ne tient qu’à nous de réagir positivement aux situations que nous vivons, mêmes désagréables, et ainsi d’apporter bienveillance et positif à notre monde.

Un monde de Bisounours me direz-vous ? Je répondrai juste : dans quel monde préférez-vous vivre, un monde où l’on s’invective parce que nous n’obtenons pas tout et tout de suite, où l’on ne sait plus prendre le temps de dire bonjour et échanger quelques mots sympathiques avec des inconnus, ou un monde où les gens que vous rencontrez vous apportent empathie et bienveillance ?

Quel que soit votre choix, je souhaite vous apporter par cet article, une montagne d’esprit positif, de sourire, de solidarité, d’écoute, et de bonheur partagé avec vos proches. L’état d’esprit de Noël, quoi !

Cyril Barbé

Apprendre à apprendre

Pourquoi autant parler d’apprendre à apprendre aujourd’hui ?

« L’être humain est câblé pour apprendre avec d’autres humains plus jeunes et plus âgés que lui », comme le dit très bien Céline Alvarez. Ils sont même faits pour en retirer du plaisir. Alors pourquoi s’intéresse-t-on tant au processus d’apprentissage maintenant ?

Selon une étude de Carl Benedikt Frey et Michael A. Osborne en 2013, 60% des emplois d’aujourd’hui sont susceptibles de disparaître d’ici à 2035, du fait de la robotisation, l’automatisation, la numérisation, et de l’Intelligence Artificielle. Même si cette étude est controversée, une certitude est que le monde professionnel évolue vite, et de plus en plus.

Les métiers ne sont pas les seuls à évoluer à une vitesse en croissance exponentielle : le rythme d’apparition de nouvelles connaissances et la vitesse à laquelle nos connaissances acquises deviennent obsolètes suivent les mêmes courbes.

Dans le même temps, le rythme d’évolution du cerveau est beaucoup plus lent que le rythme d’évolution de notre société. Le temps où nous pourrions être rattrapés par la capacité cognitive des Intelligences Artificielles semble moins loin, et surtout désormais envisageable.

Un autre problème se pose à nous : nous devons emmagasiner un bagage de connaissances de plus en plus conséquent avant de commencer à travailler. Or la connaissance a besoin d’être réactivée fréquemment pour être utilisable, donc chaque connaissance devient plus éphémère. A cela s’ajoute que ces nouvelles connaissances sont plus complexes qu’avant, et nécessitent un processus long qui demande des efforts, et que ce long terme accommode mal aux exigences d’immédiateté de l’entreprise.

Par ailleurs, nous avons grandi et avons été formés dans un système scolaire très formaté, presque industriel (cf conférence TED de Ken Robinson à ce sujet), qui exclut rapidement ceux qui ne s’y adaptent pas, et pointe du doigt l’erreur, ce qui plus ou moins inconsciemment a impacté notre perception du processus d’apprentissage, comme quelque chose de difficile et rébarbatif.

A tout cela s’ajoute le stress, qui occupe une partie croissante de notre quotidien : il est un facteur de dégradation du fonctionnement cérébral (déconnexion du cortex préfrontal), et à hautes doses, de dégradation de plusieurs fonctions physiologiques et donc de la santé.

Face à tous ces enjeux, la plupart des formations classiques sont devenues obsolètes dans leur format, et 80% des informations qui y sont délivrées sont oubliées après 7 jours.

Que faire pour réapprendre à apprendre ?

Il est beaucoup question de personnalisation des enseignements, des méthodes pédagogiques. Certes nous avons tous des spécificités, et des tactiques bien personnelles pour apprendre. Mais d’une part il serait impossible d’analyser ces différences et d’en tenir compte au cas par cas (tout au plus pouvons-nous donner plus d’autonomie pour que chacun puisse adapter son processus à sa personnalité), et d’autre part il y a bien un grand nombre de fondamentaux à connaître pour progresser dans ce domaine.

Un processus d’apprentissage nécessairement actif

On sait grâce aux neurosciences qu’un cerveau passif n’apprend pas. Certes grâce aux neurones miroir, nous pouvons apprendre à faire en voyant quelqu’un d’autre faire devant nous, mais ceci ne s’applique qu’à des apprentissages concrets, donc pas dans la plupart des apprentissages qui nous sont proposés aujourd’hui, essentiellement intellectuels et conceptuels.

Nos processus d’enseignement et de formation doivent donc intégrer une majorité de séquences actives, ce que les anglo-saxons appellent le « learning by doing ». Ils doivent aussi privilégier la mise en pratique AVANT la théorie, qui vient dans ce cas confirmer la découverte faite en faisant.

Lever les mythes sur performance cognitive

On entend et on lit beaucoup sur comment entraîner son cerveau à devenir plus fort, notamment au travers d’exercices mentaux supposés nous rendre plus intelligents. D’abord ces exercices mentaux sont souvent centrés, là encore sur 2 types d’intelligences – linguistique et logico-mathématique, et d’autre part ils ne sont qu’une façon de constater ce que l’on est déjà capable de faire, ou pas.

La réalité sur le fonctionnement optimal du cerveau est beaucoup plus simple : l’activité physique et une bonne qualité de sommeil en sont deux principaux facteurs. Le troisième est moins connu : la pleine conscience. Les chercheurs ont constaté en effet que cette pratique régulière augmente durablement les capacités attentionnelles, et facilite le maintien de la connexion au cortex préfrontal.

Comprendre les mécanismes d’attention et de mémorisation

Notre attention est de plus en plus sollicitée par des distracteurs : un bruit dehors, une personne qui passe, et surtout les vibrations de notre smartphone. L’émergence des réseaux sociaux a aussi fait croître de façon exponentielle notre nombre de relations, et donc de sollicitations externes. Enfin notre société de l’immédiateté (cf mon récent article) a réduit notre durée d’attention. Une des solutions : pratiquer la pleine conscience ou la pleine attention.

La mémorisation est un mécanisme complexe, et beaucoup d’entre nous ont des à priori sur son fonctionnement : certains pensent qu’ils n’ont pas de mémoire, d’autres lui font exagérément confiance. Prendre conscience que la mémorisation passe notamment, par la répétition, les reprises expansées dans le temps, et que la mémoire qui nous sert à emmagasiner ce que l’on nous dit (sans prise de note), dite « mémoire de travail » est à la fois limitée et très éphémère, sont des fondamentaux qui permettent de développer sa mémoire. Les mnémonistes savent aussi qu’il existe des techniques pour augmenter sa capacité de mémoire immédiate.

Favoriser l’envie d’apprendre

Comme je l’écrivais plus haut, l’apprentissage est un processus naturel et spontané chez l’homme, et il est fait pour y prendre du plaisir. Mais cela suppose qu’il soit motivé pour cet apprentissage. Lorsque nous passons à l’âge adulte, nous faisons des choix personnels, et dès lors tout ne nous intéresse pas au même niveau. S’intéresser aux facteurs qui favorisent la motivation d’apprendre est donc essentiel en formation professionnelle. 4 facteurs principaux de motivation ont été identifiés par les chercheurs Deci & Ryan : l’autonomie, le sentiment de contrôle (qui suppose de nombreux feed-backs), la qualité de la connexion aux autres (avec le formateur mais aussi avec les autres apprenants), et enfin le sens que l’on trouve dans cet apprentissage.

Se débarrasser des mythes sur l’inné et l’acquis

La capacité de progrès cognitif n’est pas liée à un niveau d’intelligence de départ, mais à la conception qu’on se fait de cette intelligence. Carol Dweck, une professeur de psychologie sociale à l’Université Stanford aux USA a mis en évidence qu’il existe – pour simplifier – deux conceptions de cette intelligences, qu’elle nomme état d’esprit (mindset).

Un état d’esprit fixe (« fixed mindset ») considère que la capacité de progrès cognitif est essentiellement liée au niveau d’intelligence, qui est principalement inné ou génétique. Il considère que les efforts ne jouent en rien dans cette capacité.

Un état d’esprit flexible ou de croissance (« growth mindset ») considère au contraire que ce sont les efforts et le travail qui permettent de progresser, et que cette capacité n’est pas liée au niveau d’intelligence de départ. Carol Dweck a mis en évidence qu’avoir un état d’esprit flexible est la clé de la réussite, aussi bien scolaire que professionnelle. La bonne nouvelle est que cela se travaille.

Que faut-il faire ?

La première étape est de savoir expliquer tous ces aspects scientifiques de façon simple aux apprenants : les enfants, mais aussi les adultes, sont friands de comprendre comment ils fonctionnent, et cette compréhension constitue un pas essentiel pour progresser sur tous ces aspects.

J’anime régulièrement des conférences ou ateliers sur ce thème « apprendre à apprendre », comme lundi 9 décembre chez un client rennais.

Cyril Barbé

Révéler vos pleins potentiels

Révéler les potentiels de chacun, semble être une évidente priorité, non ? C’est peut-être même un objectif dépassé, tant il y a de coaches et de consultants à vous proposer de vous accompagner dans cet objectif. Des dirigeants d’entreprise me disaient même récemment qu’ils ne comprenaient pas pour quelle raison il y a eu cette émergence de conseils dans ce domaine ces dernières années.

Une réalité moins rose

Le capital humain est notre priorité, annoncent fièrement les entreprises. Pourtant, la plupart des études le montrent, il y a une démotivation croissante des salariés (cf par exemple cette étude de Malakoff Médéric en 2017 reprise dans un article du Monde). Dans cet article, Philippe Rodet, médecin urgentiste, dirigeant de Bien-Etre & Entreprise, spécialiste du stress au travail, préconise pour endiguer ce désengagement, de « donner du sens au travail, fixer des objectifs au bon niveau, exprimer de la gratitude, savoir encourager, laisser place à la créativité, à l’autonomie, à l’optimisme », entre autres.

Par ailleurs, le stress, qui a considérablement augmenté en 10 ans en contexte professionnel (61% des salariés se déclaraient stressés en 2015 contre 38% en 2005 – Baromètre CEGOS) est aussi un facteur identifié comme empêchant le fonctionnement optimal des êtres humains. En particulier il provoque ce que les neuro-scientifiques appellent le passage du mode « adaptatif » – celui qui utilise le cortex préfrontal, le seul capable de résoudre les problèmes complexes – au mode « automatique » – celui géré par le cerveau limbique qui est le siège des émotions, nous empêchant ainsi d’avoir une vue rationnelle des situations que nous vivons.

De plus, le stress provoque la sécrétion de cortisol, qui à doses répétées et importantes, a de nombreux effets délétères : cela favorise l’hyperglycémie, qui a des effets néfastes sur la santé cellulaire, inhibe le système immunitaire, favorise la formation de caillots dans les veines, et donc augmente le risque de crises cardiaques ou AVC, élève les taux de cholestérol, et favorise l’hypertension artérielle, rien que cela.

Des exigences de plus en plus fortes

Les entreprises font face à une concurrence toujours plus forte, qui les contraint à une performance toujours plus importante. Elles doivent sans cesse innover, et de plus en plus vite, concevoir plus vite, produire plus vite, livrer le produit ou la prestation plus vite, et tout cela avec une qualité toujours meilleure et un coût plus bas. Cette surenchère continue n’est pas prête de s’arrêter, ou même de ralentir.

Cette débauche d’énergie et d’intelligence ne permet aux entreprises que de se maintenir vivantes, mais pas de progresser, à moins d’être sur un marché captif ou protégé par des barrières à l’entrée.

Dans le monde des institutions,  les choses ne sont pas plus faciles : l’état doit faire des économies pour faire face à sa dette croissante, et a adopté les méthodes d’optimisation du privé depuis déjà pas mal d’années.

La complexification des objectifs, des projets, des enjeux, auxquels nous sommes tous confrontés aujourd’hui, nous conduit également à être plus collectifs. Or nous avons été principalement formés à être compétitifs de façon individuelle : réussir dans la vie passe par la réussite à l’école, qui elle-même suppose en effet d’être meilleur que ses camarades de classe, pas d’apprendre à travailler avec eux, même si les choses changent lentement.

Une émergence des compétences comportementales

Dans un monde toujours plus volatile, complexe, en accélération, avec une majorité de métiers intellectuels, qui plus est concurrencé par l’Intelligence Artificielle, les compétences techniques des humains ne sont plus  celles que les employeurs mettent en avant lors d’un recrutement. L’évolution technique et technologique est si rapide que désormais il est presque impossible de se maintenir expert dans son domaine plus de 10 ans. Les savoir-être sont donc devenus plus importants que les savoir et savoir-faire.

Il s’agit donc de bien se connaître, de développer son empathie pour comprendre les autres et apprendre à bien fonctionner avec eux, de façon durable. Il faut développer ses capacités d’écoute active pour capter toutes les informations, tous les signaux faibles, être en mesure de répondre de façon pertinente aux attentes. Il faut avoir « la tête bien faite » pour savoir apprendre vite et bien de nouvelles techniques, de nouvelles façons de faire. Il faut avoir confiance en soi et être positif, être persévérant et résilient pour savoir surmonter des obstacles de plus en plus nombreux et difficiles.

Mieux prendre en compte les spécificités de chacun

A toutes ces raisons expliquant pourquoi la révélation de notre plein potentiel devient une impérieuse nécessité, s’en ajoute une autre. De nombreux collaborateurs estiment qu’ils ne se sentent pas totalement épanouis dans leurs missions. Pour quelle raison ? Parce que dans un but de performance nous avons défini leur fiche de poste, mis en place des entretiens annuels pour bien nous assurer que ces collaborateurs disposent des compétences requises, et qu’ils atteignent les objectifs qu’on leur a fixés. Mais s’assure-t-on au passage que les missions et les objectifs qu’on leur a assignés sont cohérents avec leur personnalité, leurs spécificités, ce qui fait leurs forces ?

Nous avons tous des capacités particulières : certains auront l’empathie, d’autres l’écoute active, l’ouverture d’esprit, le courage, l’humour, la créativité, l’intelligence sociale, la gratitude, ou encore la capacité d’adaptation. Ces capacités préexistantes de l’Homme, les chercheurs les nomment des Forces. Nous n’avons pas besoin de regarder voire envier celles du voisin, nous sommes tous différents.

Connaître nos Forces, c’est permettre notre épanouissement, l’expression de notre plein potentiel, sans risque de se sentir en concurrence avec les autres. Identifier et connaître les Forces des autres, c’est permettre de les voir sous un jour plus positif, et ainsi développer au sein de son équipe un esprit de solidarité et favoriser l’intelligence collective.

Une offre métier toujours plus large, mais plus difficile à « comprendre »

J’ajoute que les métiers qui nous sont proposés aujourd’hui sont tellement variés, évolutifs, et de plus difficile à comprendre pour un jeune qui débute dans la vie active, qu’il est de plus en plus difficile de trouver sa voie, y compris quand on a déjà de l’expérience professionnelle. Nos grands-parents en effet voyaient concrètement ce que faisaient leurs aînés : faire les foins, fabriquer du pain, monter des murs, vendre ses légumes au marché … Ceci contribue sans doute au fait qu’autant de personnes sont en questionnement sur leur travail à mi-carrière.

Les jeunes générations se posent même cette question dès le départ : pourquoi devrais-je travailler ? De plus en plus alternent travail classique et année sabbatique, pour voyager, s’engager dans une action humanitaire ou écologique, ou encore partir à la découverte de soi. Encore une façon de découvrir ses Forces au passage.

De fausses croyances sur l’intelligence et le potentiel des êtres humains

Le système scolaire, encore lui, nous a conduit à évaluer les personnes sur la base des seuls modèles logico-mathématique et linguistique. On le sait il existe de nombreuses autres formes d’intelligences.

Mais plus encore, Carol Dweck, une psychologue américaine, a montré depuis 2006 que la capacité au progrès cognitif n’est pas liée à l’intelligence en elle-même, mais plus à la conception personnelle qu’on se fait de cette intelligence. Elle a montré qu’il faut savoir développer ce qu’elle appelle un état d’esprit flexible, ou de croissance (« growth mindset »), qui consiste à croire que l’intelligence et les talents peuvent toujours être développés, quel que soit son niveau de départ, que cela passe par les efforts. A l’inverse, un état d’esprit fixe pense que l’intelligence est donnée au départ et qu’elle ne peut évoluer quels que soient les efforts fournis.

Là encore, sans stigmatiser personne, l’école tend à ignorer cette recherche. Pourtant les neurosciences, une fois de plus, ont montré à quel point la plasticité cérébrale est incroyable (voir par exemple cet article), et comment presque tout le monde peut apprendre à progresser dans tout domaine, et à tout âge.

Révéler nos pleins potentiels n’est donc pas une lubie de certains consultants « new-age », c’est devenu une priorité pour nos organisations si elles veulent à la fois recruter et fidéliser les personnes les plus adaptées à leur contexte, mais aussi si elles veulent bénéficier de ces pleins potentiels.

Comment révéler nos pleins potentiels ?

Tout simplement en apprenant et en découvrant comment fonctionne, vraiment, les êtres humains ! En apprenant les mécanismes de la motivation, de la confiance en soi, de la gestion des émotions, de la résilience. En apprenant ce qu’est la plasticité cérébrale et ce qu’elle permet, en découvrant comment on peut développer un état d’esprit plus flexible. En apprenant à être plus optimiste et plus positif, car on sait là aussi que c’est meilleur pour la performance globale et pour la santé.

Car en effet, toutes ces compétences s’apprennent, comme toute compétence académique ou technique.

Expliquer les choses à nos collaborateurs peut nous sembler trop compliqué, ou trop long, surtout si on s’est fait des idées sur leurs capacités à comprendre, ou sur les nôtres. Pourtant force est de constater que même les plus jeunes enfants sont non seulement capables, mais aussi avides de comprendre et d’apprendre. Il n’y a qu’à voir le succès rencontré par les émissions « C’est pas sorcier ». Ce n’est que quand on perçoit les choses comme compliquées qu’elles sont difficiles à expliquer. Il ne tient qu’à nous-mêmes de rendre simples les concepts complexes, et non le contraire …

Développer son plein potentiel, et celui des autres

Sortir de notre société de l’immédiateté

Une société de l’immédiateté : quels impacts ? Comment en sortir ?

En juin 2019 je partageais avec vous ce thème de notre rapport au temps, dans une société en accélération, comme l’a très bien écrit Hartmut Rosa dans son excellent ouvrage éponyme. Il y décrit notamment le rôle de la monétisation de notre temps, depuis le début de l’ère industrielle. Ceci est très bien expliqué dans un documentaire d’Arte, tout aussi excellent, réalisé par Cosima Dannoritzer et diffusé en octobre dernier, nommé « le temps c’est de l’argent ».

Le rôle de la technologie

Il y décrit également le rôle de la technologie. Nous lui vouons en effet depuis quelques décennies une passion immodérée, considérant au passage de façon plus ou moins implicite que la technologie est nécessairement synonyme de progrès, ce qui se discute largement. C’est, il est vrai, ce progrès technologique qui nous a permis de gagner énormément de temps.

Le temps des transports tout d’abord, avec l’avènement du chemin de fer, des véhicules à moteur, puis de l’aviation. Le temps des communications avec le télégraphe, le téléphone, et plus récemment internet couplé aux communications satellites grâce à l’exploration spatiale.

Nous avons gagné du temps dans nos vies personnelles : les équipements électroménagers nous ayant économisé de longues heures de lavage du linge ou des sols, ou de préparation des aliments, entre autres.

Les ordinateurs et les logiciels quant à eux nous ont permis d’écrire et modifier très facilement des documents, de réaliser des tableaux de calcul complexes et dynamiques, de créer et traiter des bases de données, que ce soit au travail ou à la maison, et ce à des vitesses toujours plus vertigineuses.

Le paradoxe du temps

Malgré tout ce temps gagné, nous avons encore plus le sentiment de manquer de temps qu’avant l’avènement de tous ces progrès, c’est un des paradoxes actuels du temps. Ce qui est sûr en revanche, c’est que cette accélération nous a entraîné vers une société de l’immédiateté.

Plus encore, plus nous cherchons à aller vite, plus cette vitesse nous rattrape : l’Homme a créé l’ordinateur pour le suppléer, mais l’IA – Intelligence Artificielle est sur le point de le dépasser, il doit donc aller encore plus vite pour éviter de se faire dépasser par sa « créature », c’est un véritable cercle vicieux.

Les télécommunications ont rendu quasi simultanées l’émission et la réception de l’information : l’éloignement spatial (têlé signifie « au loin » en grec ancien) est annulé par la simultanéité temporelle. Le délai n’existe plus, et c’est cet état d’immédiateté du monde des télécommunications qui a ensuite fait référence pour juger de tous les autres délais de la vie, qui nous apparaissent désormais insupportables.

Nous ne pouvons plus accepter un ordinateur qui mets plus d’une minute à démarrer, à s’éteindre, ou encore à ouvrir une page internet, quelles qu’en soient les raisons. Pourtant qu’est-ce qu’une minute à l’échelle de notre vie ?

Nous ne supportons plus les personnes qui ne nous répondent pas dans l’instant. Une seconde de silence et de réflexion, et notre cerveau vagabonde déjà de mille pensées imaginaires : mais pourquoi met-il autant de temps à me répondre ? C’est louche, ça cache quelque chose ! Il est sourd ? Si par cas ce silence se prolonge au-delà de 3 secondes, nous occupons immédiatement ce vide sonore pour reprendre le fil de notre pensée, répondre à la place de notre interlocuteur, ou le bombarder de nouvelles questions.

Les débats télévisés sont en cela une caricature, tant les différents interlocuteurs sont obligés de se battre pour en placer une. Même de façon ultra policée, chacun cherche le moindre interstice au sein d’une phrase de celui qui s’exprime, pour pouvoir prendre la parole à son tour. D’ailleurs les personnes parlent de plus en plus vite, pour réussir à placer ce qu’ils ont à dire en moins de temps, comme si leur vie en dépendait. Des études récentes ont montré que ce débit de parole est en constante augmentation chez la population, en particulier chez les jeunes.

Nous voulons tout et tout de suite, et avons ainsi progressivement perdu notre capacité de patience au fil des années, que ce soit dans la sphère professionnelle ou privée. Nous cherchons en quelque sorte à annihiler le temps, à en supprimer les contraintes, et tuer tous les temps d’attentes, dans l’esprit de cette image.

Le numérique comme facteur additionnel

Le smartphone est l’icône suprême de cette immédiateté : dans la même minute, je peux découvrir un objet qui me plait dans la rue (vêtement, article high-tech, …), le photographier, le faire identifier par un outil de reconnaissance visuelle, le trouver dans une boutique en ligne, l’acheter, et presque, me l’être fait livrer ! Quand on voit ce que sont prêtes à payer certaines personnes pour se faire livrer en moins de 2 heures plutôt que le lendemain ou encore dans 4 jours, on se dit vraiment que le temps c’est de l’argent. Pourtant la vie de ces personnes ne va pas changer durant ces 4 jours sans l’objet convoité.

Bien sûr, ne vous y méprenez pas, cette vitesse apporte des tas d’avantages : voir le chemin le plus rapide d’un point à un autre, que ce soit à pied, en transports en commun, en voiture, trouver un covoiturage qui va économiser tout à la fois mon argent et la planète, trouver de quoi voyager et m’héberger pour pas cher, que ce soit pour mes études ou mes loisirs, reconnaître cette sublime chanson qui me fait vibrer, …

Quelles sont les conséquences de cette accoutumance à l’immédiateté ?

D’abord comme je le soulignais plus haut, nous avons perdu en capacité de patience. Or c’est une qualité essentielle dans bien des domaines : d’abord parce que nous ne pouvons toujours maîtriser nos temps d’attente, et qu’elle nous permettra de mieux les vivre, sans stress. Elle permet aussi de développer la persévérance, une qualité de plus en plus demandée en environnement complexe. Elle permet d’être plus tolérant face aux défauts, aux défaillances, voire aux différences des autres.

Encore plus intéressant, la patience nous aide dans le processus d’apprentissage, qui nécessite des efforts de longue haleine. Enfin elle nous ouvre des portes en nous incitant à mieux observer ce qui se passe autour de nous.

Ensuite, cette tendance à vouloir dans l’immédiateté contrecarre notre capacité naturelle d’écoute, qui elle aussi, est une compétence clé de ce siècle. La capacité d’écoute est en effet la compétence professionnelle la plus demandée actuellement, tous métiers confondus. Dans le monde du commerce, elle est sans doute la plus importante ; dans un contexte où seule l’intelligence collective peut répondre à nos défis de plus en plus complexes, l’écoute est là aussi clé.

Dans certains cas, cette immédiateté conduit même à une sur-simplification : à vouloir aller trop vite, on oublie une grande partie des aspects du sujet traité, et la solution que l’on imagine est inadaptée.

Il y aussi cet effet zapping, constaté depuis une décennie : le remplacement aussi rapide que possible des objets d’attention et de désir, avec un effet de surenchère qui relève quasiment de la surexcitation maniaque. Nous nous lassons toujours plus vite de notre dernier smartphone, de nos dernières chaussures, dans une logique de fétichisation de la nouveauté. Nous nous lassons très vite d’une vidéo (qui doit toujours être plus courte, au risque d’être complètement vidée de son sens), d’un enseignant en cours, mêmes des conseils d’un parent, et encore plus d’un chef ou d’un employeur qui ne nous convient plus, et pour finir, d’un compagnon de vie qui n’est plus assez à notre goût.

Un autre impact plus insidieux encore : cette contrainte du temps nécessaire pour arriver à nos fins est aussi celle qui nous incite à l’imaginaire et à la créativité. Supprimer cette contrainte revient donc à détruire à petit feu notre capacité d’imagination et de créativité, dont on sait à quels points elles sont essentielles à la réussite future, tant scolaire que professionnelle.

A ce sujet, une étude récente menée dans les prisons françaises a montré que ce n’était pas la prolifération fantasmatique qui entraînait les crimes les plus violents, mais au contraire la pauvreté de ce cette capacité d’élaboration fantasmatique qui débouchait sur le passage à l’acte. La culture moderne de l’immédiateté n’est certes pas à l’origine des actes de violence, mais elle ne pourra donc, à l’avenir, que les exacerber.

On l’a vu donc, cette immédiateté ne peut faire notre bonheur. Elle a plutôt un effet « gueule de bois », bien connu des joueurs ayant gagné de grosses sommes au loto, dont le niveau de bonheur est revenu au même niveau qu’avant leur gain, au maximum au boit de 6 mois. Il y va donc d’un enjeu encore plus important pour nos vies.

Que faire pour éviter les effets délétères de cette tendance à l’immédiateté ?

Même si ces effets ne se font pas sentir chez tout le monde, c’est une tendance lourde qui augmente au sein de la population chaque jour. Et si vous vous sentez aujourd’hui juste un petit peu concerné, par exemple uniquement devant votre ordinateur, il y a des risques de contamination, en perdant progressivement patience dans d’autres contextes.

Quelques idées pour contrecarrer cette tendance :

  • Développez votre patience en sachant mieux observer autour de vous et en vous-même : la pratique de la pleine conscience ou mindfulness est un excellent exercice pour cela, et permet de plus de doper votre santé et renforcer durablement vos capacités cognitives.
  • Développez votre capacité d’écoute active, en vous entraînant à la fois au silence, à la reformulation (pour bien comprendre ce qui vous a été dit), et le questionnement ouvert (CQQCOQPP).
  • Développez votre capacité à résister à la gratification différée : une étude célèbre menée entre 1972 et 1982 par le psychologue américain Walter Mischel grâce au fameux « test du chamallow » a montré que cette capacité chez les jeunes présentait une forte corrélation avec la réussite future de ces jeunes dans la vie.
  • Planifiez vous des périodes de déconnexion : vacances, weekend, ou même une demi-journée de travail, sans PC, smartphone, sans télévision ni connexion internet. Vous redécouvrirez une incroyable quantité de choses possibles à faire tout aussi passionnantes et enrichissantes.
  • Développez un esprit plus positif : la psychologie positive, science dite du fonctionnement optimal de l’être humain, montre depuis 20 ans que les personnes plus positives ont aussi un rapport au temps plus serin et épanoui, sont plus résilientes et plus heureuses dans la vie. La bonne nouvelle est que ces capacités s’apprennent, tout comme les langues ou la musique.
  • Considérez que le temps que vous accordez aux autres est aussi celui qui vous semblera le plus rempli, le plus durablement épanouissant : la connexion aux autres est en effet une des activités les plus motivantes et les plus ressourçantes des êtres humains.
  • Ne prenez plus votre temps comme un réservoir à remplir avec plein de choses pour votre vie, ou comme une quête permanente d’un bonheur insaisissable ; considérez au contraire pour chaque instant de votre vie, que vous avez toujours le choix dans la façon de l’occuper, et qu’il y aura peut-être une bonne surprise à découvrir que vous n’attendez pas. Ce sont les cadeaux que l’on n’a pas commandés qui font souvent le plus plaisir, notamment parce qu’ils véhiculent une connexion avec celui qui vous l’a offert.

Si ces sujets vous intéressent, je vous recommande d’aller faire un tour sur la page de la formation FEPS que j’anime en 4 jours, et qui sera, entre autres, une réponse à certains de ces conseils.

Cyril Barbé

Développer l’esprit critique : pourquoi ? Comment ?

Un monde de surinformation et de désinformation

Avec l’avènement du numérique, nous vivons dans un monde de l’information, de la surinformation pour être plus précis. On parle aussi d’infobésité car notre cerveau – aussi puissant soit-il – est désormais incapable de traiter cette masse d’informations reçues : il est très performant mais supporte une charge de travail très limitée, limites que nous avons tendance à dépasser régulièrement.

Plus encore, les media qui veulent tous être les premiers et les plus visibles, nous bombardent d’informations – si possible spectaculaires – non complètement vérifiées, ou dont la vérification est devenue très compliquée, du fait notamment de l’impossibilité de retrouver la source d’origine avec l’effet viral de diffusion des outils numériques. Notre société est donc baignée de fausses nouvelles ou d’informations erronées (les fameuses « fake news »). Sans même parler de cela, les journaux télévisés font un choix éditorial qui est plus souvent dicté par des impératifs de parts d’audience que d’objectivité de l’information.

Une compétence devenue essentielle

Pourtant, notre société a cruellement besoin de citoyens capables de s’ouvrir aux nouvelles connaissances, de savoir la trier, et l’utiliser à bon escient pour prendre de bonnes décisions, de penser par eux-mêmes plutôt que de faire confiance à des tiers inconnus.

Des exemples ? Le nombre grandissant de personnes faisant plus confiance, sur des sujets d’importance comme leurs enfants ou leur santé, à des inconnus sur un blog ou un réseau social, qu’à un professionnel du domaine. La recrudescence de problèmes de santé liés à de mauvaises habitudes alimentaires, malgré les excellents reportages toujours plus nombreux sur le sujet.  Le succès grandissant d’émissions politiques où l’on parle plus de ce que pensent ou disent les politiques, que de ce qu’ils font réellement pour nous, alors que c’est pourtant la seule chose qui compte.

De toutes ces informations, une prise de conscience émerge certes, mais de très nombreux concitoyens sont tellement envahis que soit ils ne savent plus trier, soit ils ne le souhaitent pas ; et dans certains cas ils ne croient plus en aucune information, ce qui se confirme par la récente croissance des mouvements conspirationnistes.

Dans ce contexte, apprendre à développer son esprit critique est devenu une compétence centrale. Elle est d’ailleurs est mentionnée comme l’une des aptitudes cognitives et méta-cognitives essentielles de demain dans un rapport de  l’OCDE sur l’éducation en 2030. En France, le Ministère de l’Éducation Nationale considère cette compétence comme un enjeu majeur de l’école, au service de la construction de l’émancipation sociale, professionnelle et citoyenne des jeunes.

Un système scolaire qui manque d’audace ?

Pourtant, malgré de gros efforts sur l’éducation civique, l’éducation au débat et à la discussion, les efforts portés sur la linguistique et l’usage des mots, le système scolaire est plus considéré aujourd’hui encore comme un modèle « d’industrie » à distribuer des connaissances, qu’un lieu pour apprendre à réfléchir et élever sa conscience. Certes les mathématiques qui sont au centre de notre système, constituent un excellent outil pour apprendre à développer l’esprit logique et les raisonnements déductifs. Mais ils sont aussi un vecteur de sélection scolaire impitoyable, où progressivement on dégoûte une bonne partie des élèves, en les convainquant au passage qu’ils sont nuls en maths.

Quant au système d’évaluation quantitative, il renforce cette tendance à mettre les jeunes dans un moule : de la primaire au bac+5, les notes sont surtout là pour mesurer une acquisition de connaissance, pas une capacité à réfléchir. D’une certaine façon, notre système scolaire manque d’audace et d’innovation en la matière.

Des besoins criants dans le monde du travail

En contexte professionnel, les entreprises et organisations ne peuvent plus se contenter depuis bien longtemps de collaborateurs bien formés : le monde évolue sans cesse et de façon exponentielle, les enjeux auxquels ils font face sont de plus en plus complexes, incertains, volatils, et ambigus. Ils ne peuvent être résolus que collectivement, et en faisant preuve d’une grande créativité.

De plus, bien souvent l’enjeu concerné est mal posé ou formulé par le demandeur, qu’il soit interne ou externe. Soit parce qu’il a une vision tronquée de la question, parce qu’il s’en fait une représentation influencée par ses propres prismes de perception, de connaissances, d’idées de solutions, qui ne font que rester dans le périmètre de ce qu’il a déjà essayé et qui ne fonctionne pas. Comme disait Coluche à propos du « mec qui cherche ses clés la nuit » : il les cherche « sous le lampadaire, non pas parce qu’il les a perdues là, mais parce que c’est le seul endroit éclairé de la rue. »

Il faut donc savoir questionner l’enjeu, l’objectif posé, le remettre en cause et au final mieux le formuler pour lieux savoir y répondre de façon pertinente, ce que j’enseigne auprès des 1ère année à Centrale Supélec. Là encore il s’agit bien d’esprit critique.

Au passage, c’est cet esprit critique entre autres qui nous permettra – encore pour un certain temps – de nous différencier de l’Intelligence Artificielle, qui n’a pas encore – loin s’en faut – de notion morale ou d’éthique, ni de vécu ou de patrimoine génétique, lui conférant cette capacité à questionner l’information reçue.

Comment réveiller et favoriser cet esprit critique ?

  • En redonnant confiance à tous les élèves en maths et en raisonnement logique. Les neurosciences ont montré que tous les enfants à la naissance ont une capacité logique et mathématique innée, il faut juste savoir l’entretenir et non pas la décourager.
  • En apprenant ou réapprenant à se documenter, à rechercher l’information à la trier. C’est sans doute ce que savent très bien faire les doctorants, qui doivent avant tout établir un état de l’art de la connaissance dans leur domaine. Mais pourquoi ce savoir faire ne serait-il pas accessible dès la primaire ?
  • En apprenant à confronter les points de vue, ce qui suppose déjà une capacité à entrer en relation avec les autres, et donc à développer son empathie !
  • En apprenant à mieux connaître les mots et leur usage : une grande partie de la mésinformation vient de la non compréhension des mots que l’on utilise, ou du fait qu’ils sont progressivement dévoyés de leur sens initial (comme c’est le cas d’ailleurs du mot « critique », qui par usage a dérivé avec le temps vers le seul côté négatif). Cela suppose de donner l’envie de cette connaissance.
  • En apprenant à manier le débat, la controverse, l’art de la discussion … Mais vous me direz, l’école fait déjà ça avec les cours de philosophie ! Certes, mais seulement en Terminale, et de plus de façon plus académique que pratique. Il faut donc aussi s’essayer aux « cafés philosophiques » dès le plus jeune âge.
  • En apprenant aussi la liberté d’expression : le débat ne peut avoir lieu que si chacun exprime ses idées, et toutes ses idées. Cela suppose des capacités de vivre ensemble, de tolérance, d’acceptation de l’autre et de la différence.
  • En apprenant aussi l’assertivité, cette capacité à dire les choses même si elles ne sont pas faciles à dire, et ce tout en respectant l’autre. Des écoles forment très tôt à la Communication Non Violentes (CNV), c’est une des façons d’avancer dans ce domaine.
  • En apprenant la bienveillance, cette capacité à suspendre son jugement de l’autre quand il s’exprime, à considérer sa parole comme aussi précieuse que la sienne, et plus globalement à croire dans le fait que l’Homme est fondamentalement bon.
  • En apprenant aussi à mieux se connaître soi-même, et donc à connaître ses propres prismes de déformation de la réalité.
  • En développant votre créativité, qui vous incite à envisager plusieurs options à une question ou un problème, plusieurs significations à un même message.

Toutes ces aptitudes me passionnent, et c’est pourquoi j’ai toujours un grand plaisir à les partager dans mes ateliers formations en développement personnel et en leadership, comme par exemple le parcours FEPS.

Permettre l’identification et l’exploitation de son plein potentiel par tous, telle est ma vocation et ce qui m’anime au quotidien.

Cyril Barbé

Bienveillant et performant, c’est possible !

Voilà des années que je réfléchis à cette question de la bienveillance, sujet sur lequel j’ai partagé avec pas mal de personnes. Il y a un an, je croise mon ami Jean-Ange Lallican, qui me propose de lancer un mouvement sur la bienveillance au travail, et dans la foulée, un premier colloque sur ce sujet : je lui réponds évidemment que je suis partant pour l’aider dans ce beau projet. Le colloque s’appelle OhHappyBreizh puisque sa première édition se tient à Rennes en Bretagne, le vendredi 22 novembre prochain.

La bienveillance : késaco ?

Le Larousse décrit la bienveillance comme une « disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui ». En y regardant de plus près, une erreur historique sur l »origine étymologique de ce mot nous a conduit à un détournement de son sens, qui aujourd’hui est assimilé à la gentillesse, alors qu’il s’agit plutôt d’exercer une bonne vigilance, d’être attentif. On peut néanmoins trouver des points communs entre ces deux interprétations : vouloir le bien de l’autre, veiller à son bien-être ou à son respect.

Pour ma part, derrière ce mot je parle souvent de suspendre son jugement : en effet comme je l’écris dans un autre article à ce sujet, nous évaluons de plus en plus les autres et nous-mêmes, en étant toujours plus exigeants. Suspendre son jugement ne signifie pas l’annuler. Il s’agit de considérer la possibilité que l’autre ait raison, qu’il puisse avoir le droit de s’exprimer différemment, qu’il ait aussi le droit à l’erreur. Dans le cas où il s’est réellement trompé, cela suppose aussi de respecter la personne dans notre attitude, notre regard, en évitant d’être dégradant ou méprisant.

Pourquoi autant d’articles sur la bienveillance aujourd’hui ?

Je n’ai pas d’explication vraiment sérieuse et scientifique, ce serait d’ailleurs intéressant de conduire des études à ce sujet. Ma sensation est que, dans un monde conduit par l’argent et la finance (quoi qu’en disent justement les premiers concernés), dans une société de l’accélération, et dans une période de difficultés économiques, environnementales, et sociétales, l’histoire montre que la majorité des Hommes adopte toujours un comportement plus individualiste et de repli sur soi.

C’est particulièrement vrai dans le monde professionnel où c’est la compétition qui règne ; c’est vrai par rebond dans le monde éducatif, qui se calque indirectement sur le précédent, car il faut de préférence faire partie des premiers pour accéder aux meilleurs écoles, et par conséquent aux meilleurs postes, aux meilleures carrières (même si cette logique a fait long feu). Or la compétition, c’est d’abord arriver devant les autres, et donc peu propice à la bienveillance, au moins à priori.

La bienveillance : un truc à la mode ?

Alors on pourrait conclure que notre société n’est faite que de cycles : parfois empreints de bienveillance, et parfois moins. Et que actuellement il faut certes remettre un peu de bienveillance dans nos habitudes mais que cela ne durera pas ? Je me fierai plutôt à une analogie avec le monde du vivant (dont nous faisons tous partie par ailleurs) : la coopération et la compétition cohabitent en permanence, dans un équilibre sans cesse renouvelé.

Donc oui, peut-être que cet équilibre n’est plus comme il devrait pour garantir le bien-être et la performance de tous. Mais surtout, cette bienveillance vient aussi servir l’intelligence collective, dont tout le monde parle actuellement, parce qu’elle nous est indispensable à relever les défis qui se présentent à nous, toujours plus complexes. Donc personnellement je ne le qualifierai certainement pas d’effet de mode.

La bienveillance, c’est baisser notre niveau d’exigence ?

Bienveillance et exigence sont parfaitement compatibles. Quelques idées pour le démontrer :

  • bienveillance, c’est surtout dans la forme : mon attitude, mon regard, mes mots, sont respectueux de la personne, mais sur le fond, cela ne m’empêche pas de dire ce que je pense, de la façon la plus neutre possible.
  • bienveillance, c’est aussi savoir quoi dire et à quel moment : on ne peut pas tout dire à l’autre, ou pas à certains moments difficiles pour cette personne. On peut aussi y aller par étapes, en respectant le rythme et la capacité de l’autre à progresser.
  • avoir un haut niveau d’exigence vis à vis de l’autre, en tout cas adapté à chacun, est un facteur de progrès. Baisser son niveau d’exigence est à l’inverse toujours synonyme de découragement, même si c’est un peu contre-intuitif. Donc être exigeant c’est aussi une forme de bienveillance.

Comment être plus bienveillant ?

C’est la question la plus difficile. Il y a déjà 3 ans que je me pose cette question, alors que je cherchais à construire une formation à la bienveillance. C’est un projet que j’ai mis en suspends, d’une part parce que chacun mettant derrière ce mot des ambitions et objectifs différents, le risque est de ne répondre à personne de façon idéale. D’autre part parce qu’il y aurait certainement des milliers de façons de procéder. Enfin parce que un comportement bienveillant pour certains ne sera pas perçu comme tel par d’autres, et vice versa.

Je n’ai pas abandonné pour autant. Mes quelques conseils à ce sujet :

  • Observer comment les autres se comportent vis à vis de vous-mêmes : quand vous les trouvez bienveillants, que font-ils, que disent-ils, quelle est leur attitude ? Mêmes questions quand vous percevez qu’ils ne sont pas bienveillants ? Notez ces éléments pour les intégrer dans vos propres comportements.
  • Adoptez un comportement « d’enfant » : les enfants très jeunes sont en général bienveillants. Ils n’ont pas de positions sociale à défendre, n’ont pas à se justifier, n’attendent pas de résultat de la part des autres, et donc sont moins dans le jugement, ou alors dans un jugement très respectueux.
  • Si vous ne comprenez pas ce que dit l’autre, la question qu’il vous pose, la réponse qu’il vous fait, pratiquez d’abord la reformulation, pour vous assurer d’avoir bien compris, et seulement ensuite vous pouvez apporter votre retour, votre jugement.
  • Pensez que la majorité des êtres humains sont bons, et donc qu’ils veulent à priori votre bien. Pas besoin donc de les contrôler, de les manipuler, ou de les sanctionner pour en obtenir le meilleur. Si vous adoptez pour tous des attitudes qui ne seraient destinées qu’aux 3% de « tricheurs » et « fraudeurs » (comme le dit très bien Jacques Lecomte dans son ouvrage « Les entreprises humanistes, comment elles vont révolutionner le monde »), alors vous n’obtiendrez pas du tout l’effet escompté.

Comme le dit très bien Antoine de Saint-Exupéry – ou plus exactement le Petit Prince – « on ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux ».

Dernier conseil : ne vous fiez pas seulement à cet article ! Allez voir ailleurs, lisez des ouvrages, écoutez des émissions sur ce sujet. Et puis venez à notre premier colloque sur le sujet vendredi 22 novembre prochain à Rennes : OhHappyBreizh !

Repenser l’évaluation pour une meilleure performance ?

Notre société de consommateurs est aussi celle de l’évaluation partout et tout le temps, particulièrement avec la montée en puissance du numérique et des sites de ventes en ligne ou des sites collaboratifs, qui font de cette évaluation des prestataires et des clients une arme absolue. Que ce soit sur Amazon, LeBonCoin, Blablacar, ou LaFourchette, nous évaluons tout : l’auteur, le livre, le fournisseur du livre, le logisticien, le conducteur, le passager, les cuisiniers, les serveurs, et même parfois les autres clients du restaurant …

Comme tout devient plus facile et plus rapide avec internet, nous devenons des clients de plus en plus exigeants, ce qui a pour conséquence une dégradation globale des évaluations. Même en connaissant ce biais, à titre personnel j’ai tendance à ne retenir sur LaFourchette que les restaurants notés au dessus de 9 sur 10, contribuant ainsi à ce perfectionnisme ambiant.

Dans le monde éducatif où j’interviens très régulièrement, que ce soit en primaire, collège, lycée, enseignement supérieur, ou pour des formations professionnelles, je constate que cette question de l’évaluation est encore plus sensible. En effet c’est un des seuls moyens qu’ont les enseignants – formateurs pour évaluer la progression de leurs apprenants, et donc pour évaluer la qualité de leur propre travail pédagogique.

Pour quelles raisons ? Tout comme la majorité d’entre-nous, les enseignants sont soumis à ce biais négatif, qui tend à nous faire voir en premier lieu ce qui ne va pas. Dans leur cas, ce biais négatif leur permet d’être plus performant et plus rapide dans leur travail d’évaluation, et est devenu une « seconde nature » un peu omniprésente. Ce biais négatif fait que leur évaluation qualitative va plus se focaliser sur ce qui ne va pas (les points à améliorer pourrait-on dire de façon plus positive), que sur tout ce qui est bien fait. Or les études le montrent, on accepte plus facilement la critique négative dès lors que l’on a préalablement reçu des mêmes évaluateurs des critiques positives. Il y aurait même un ratio idéal entre critique positive et négative : de l’ordre de 3 pour 1 (ratio certes controversé). Le fait que certains enseignants ne soient pas dans ce ratio conduit leurs élèves à un découragement, lent mais certain. Or ce découragement est une des causes de la démotivation en milieu scolaire, et par conséquent de baisses des performances, voire de décrochages.

Certains me feront la remarque, que si l’on accord trop d’importance à ce qui est bien fait, notamment quand cette partie est minoritaire par rapport aux erreurs, alors c’est un encouragement à la médiocrité. A ceci je répondrai plusieurs choses :

  • d’abord ce n’est pas parce que l’on souligne ce qui est positif d’abord que l’on oublie les progrès à réaliser, ou que l’on évite d’en parler
  • ensuite, ce n’est pas en donnant à un élève une liste de 10 progrès à faire (ou 10 erreurs à corriger) qu’il va s’atteler à la totalité d’entre eux. Aucun enfant, ou même adulte, n’est capable de recevoir 10 objectifs de progrès à la fois et encore moins de les prendre en compte. Il faut savoir se fixer des objectifs SMART : ambitieux certes, mais atteignables.
  • enfin, ce n’est pas parce que l’on pense au positif que l’on baisse son niveau d’exigence. D’ailleurs un haut niveau d’exigence de l’enseignant est un facteur important de motivation de ses élèves, et d’engagement dans l’effort. Mais à l’enseignant d’aider chacun à se définir le bon niveau d’effort.

Comment faire évoluer l’évaluation pour la rendre plus performante ?

1. Éviter l’effet couperet de la note : même avec une attitude bienveillante, l’élève aura une tendance naturelle à considérer une mauvaise note comme un preuve de son incapacité à progresser. Plus encore, cela renforce l’idée chez lui l’idée que l’échec est à bannir, alors qu’il est en réalité constitutif du processus d’apprentissage, comme l’ont démontré les sciences cognitives. Une solution ? Communiquer sur les points réussis et les points à améliorer, sans donner de note, celles-ci étant à réserver pour une phase où les élèves ont tous globalement acquis les connaissances nécessaires. Communiquer sur les progrès accomplis (le chemin) plutôt que sur les résultats (le but).

2. Éviter l’effet classant stigmatisant : nous pensons tous à l’effet d’émulation du classement, mais cet effet est compensé par d’autres effets négatifs. D’abord le fait de rendre les notes publiques devant toute la classe stigmatise tous ceux qui ne sont pas dans le peloton de tête, et encore plus ceux qui ont les moins bonnes notes, surtout si les copies sont rendues dans l’ordre décroissant des notes. Pour préserver un minimum d’estime de soi, les élèves mal classés n’ont d’autre choix que de mettre en place des mécanismes de contournement : « je n’ai pas travaillé », « je n’aime pas cette matière », ou encore « je me fiche des notes », ce dont ils finissent d’ailleurs par se persuader. L’autre conséquence, c’est de créer une course à la performance dès le plus jeune âge, qui perdurera tout au long de sa scolarité, où l’on apprend que réussir passe non pas par le fait d’apprendre et de progresser, mais par le fait d’être meilleur que les autres, avec les conséquences que vous pouvez imaginer sur l’individualisme. Une solution ? lorsqu’il y a des notes, éviter de les communiquer de façon publique, et savoir valoriser toutes les réussites de ceux qui ont les plus faibles.

3. Éviter l’effet unidimensionnel des notes. Albert Jacquard disait « La seule justification de l’unidimensionnalité [des notes], c’est de hiérarchiser ». Or un élève qui a 9,8/20 de moyenne conclura une chose, qu’il est « en dessous de la moyenne ». Cette moyenne, élevée ou basse, lui servira à identifier tout au long de sa scolarité la place qui est lui est reconnue au sein de l’école, et à terme au sein de la société, et lui servira de support à son identité. Une solution ?  Limiter les notes unidimensionnelles aux seuls examens essentiels à l’orientation tels que le Brevet ou le Baccalauréat ; le reste du temps, pratiquer l’évaluation qualitative (commentaires argumentés sur ce qui est bien fait et ce qui reste à acquérir).

4. Éviter le langage simpliste et impropre des « bons élèves » et « mauvais élèves ». Carol Dweck un psychologue américaine a montré que la capacité à progresser dans un domaine chez un élève est lié surtout à ce qu’elle appelle son état d’esprit (mindset), plus qu’à son niveau initial. État d’esprit fixe, je considère que chacun dispose d’un niveau dès le départ, qui dépend de son ‘intelligence », et que le travail n’a pas d’influence sur ce niveau initial. État d’esprit flexible, je considère que je peux encore progresser si je fournis suffisamment d’efforts, ce quel que soit mon niveau de départ et mon niveau actuel. Une solution ? Parler de cet état d’esprit aux élèves, savoir encourager les efforts, ne jamais considérer qu’un élève a atteint son maximum, toujours croire dans ses capacités à progresser, pratiquer un enseignement personnalisé (via des méthodes telles que la pédagogie inversée ou la pédagogie entre pairs), savoir valoriser les différentes formes d’intelligence et pas que les logico-mathématiques et linguistiques.

5. Pratiquer l’évaluation entre pairs, et l’auto-évaluation : contrairement à une idée reçue solidement ancrée, les élèves sont souvent conscients de leurs lacunes. Le problème vient surtout qu’ils ne mesurent pas toujours bien la quantité de chemin à parcourir, ni la façon d’y arriver. Mais l’auto-évaluation les oblige à avoir une meilleure idée des objectifs visés, et contribue donc au processus d’apprentissage. Dans le cas de l’évaluation entre pairs, très pratiquée sur les MOOCs, elle incite même les meilleurs à se poser la question des critères d’évaluation, et donc à approfondir encore leur niveau de connaissances. Bien entendu cela ne peut s’appliquer en permanence, mais en complément d’une évaluation de l’enseignant.

Quelles conséquences dans le monde professionnel ?

Les habitudes d’évaluation au travail se sont généralisées ces dernières décennies, considérant que ce serait l’outil idéal de mesure de performance, et donc de son amélioration. La réalité est qu’évaluer le travail des Hommes est de plus en plus difficile, subjectif, surtout dans un contexte où la complexité des tâches et des projets impose de plus en plus d’intelligence collective. D’ailleurs comment mesurer la contribution réelle d’une personne au sein d’un collectif ?

Nos pratiques d’évaluation ont des conséquences importantes sur la performance à long terme de tous les individus. Elles ont aussi des effets sur leur propre perception de leur capacités à progresser, comme l’a montré Robert Rosenthal dans les années 1960 avec ce qu’il a appelé l’effet Pygmalion/Golem.

Pratiquer une évaluation plus respectueuse de la motivation, et des capacités de chacun à apprendre et à progresser quel que soit son niveau initial, est donc un facteur de progrès considérable pour tous, et favorise la  solidarité et donc le résultat collectif. C’est vrai pour tous les élèves à l’école, c’est vrai aussi pour les adultes dans le monde professionnel.

 

Une des recettes du bonheur : des relations positives

En 2015, Robert Waldinger a rendu publique le résultat d’une étude longitudinale de 75 ans, concluant ainsi le travail continu de 4 directeurs de recherche successifs depuis 1938. Cette étude portant le nom d’un des deux chercheurs initiaux (Grant) est la première du genre à disposer ainsi de résultats sur une telle durée.

Cette étude cherchait à identifier en quelque sorte les recettes du bonheur, tel que perçu par les intéressés. Elle portait sur un double échantillon : d’un côté 268 hommes de la promotion 1939-1944 de l’université de Harvard, d’une moyenne d’âge de 19 ans, et de l’autre 456 hommes des quartiers défavorisés de Boston, ce de façon à isoler les facteurs psychologiques et biologiques ayant un impact sur le travail, la famille, la santé et le bien-être, qui constituaient les éléments du questionnaires.

Que dit cette étude ? En premier lieu que les relations humaines sont un des facteurs de bonheur perçu, mais aussi de bonne santé. A l’inverse l’isolement tue et réduit les capacités cognitives.

En second lieu que c’est la qualité de ces relations et non pas la quantité qui prime. On s’en serait douté : tout comme pour les réseaux sociaux, ce n’est pas le nombre d’amis ou de contacts qui vous rend plus heureux. Plus encore, cette qualité de relation n’est en aucun cas synonyme d’absence de conflit : les disputes, que ce soit entre amis ou dans un couple, sont normales et saines, dès lors qu’elles sont gérées avec du recul.

Quels recettes pour construire et maintenir des relations positives ?

Construire et maintenir des relations positives, c’est bien beau, mais comment faire ? Cette liste n’est ni magique, ni exhaustive, mais elle est là aussi issue d’études scientifiques sérieuses, qui ont montré que les ingrédients qui suivent sont essentiels dans cet objectif :

  • adopter un état d’esprit positif, pour soi-même et pour les autres
  • pratiquer la gratitude : savoir remercier les autres pour ce qu’ils sont et ce qu’ils font pour vous
  • la bienveillance : savoir porter un regard sans jugement à priori vers les autres, vouloir leur bien en priorité
  • savoir aimer, et accepter l’amour des autres, que ce soit envers les amis ou envers votre partenaire
  • Développer son empathie envers les autres, à savoir la capacité à percevoir leurs émotions et sentiments, à les comprendre.
  • Pratiquer le pardon, c’est-à-dire la volonté d’abandonner son droit au jugement négatif et au ressentiment envers vos offenseurs, ce qui ne veut pas dire que l’on ferme les yeux et que l’on oublie.

J’aurais pu aussi parler de Communication Non Violente, qui est une des techniques de communication les plus enseignées aujourd’hui dans le monde pour développer son assertivité.

Quelqu’un qui m’est très cher dit aussi qu’il faut savoir « aimer vraiment les gens », ce que je traduis personnellement en une croyance dans la bonté naturelle des hommes, même si tous ne le sont pas et pas tout le temps. Je suis certain que vous connaissez tous, autour de vous, des personnes qui ont cette croyance, et qui rayonnent autour d’eux la générosité et le bonheur. Et ils ne sont pas naïfs non plus, ils savent très bien se défendre quand il le faut.

Curieusement, ces personnes sont plus heureuses que la moyenne, plus capables que la moyenne de se relever après des échecs ou des obstacles,  obtiennent plus facilement ce qu’ils souhaitent que la moyenne des autres personnes.

Apprendre à développer ses relations positives au travers de la formation FEPS. La prochaine session à Rennes débute le mercredi 25 septembre.