Dirigeants, qui s’occupe de vous ?

La situation sanitaire et les périodes de confinement n’ont pas seulement un impact sur la fatigue physique et mentale. Elles ont aussi un impact psychologique. Les études actuelles le montrent : selon l’enquête Coconel entre autres, menée sur un panel Ifop d’un millier de personnes en France du 31 mars au 2 avril 2020, trois adultes sur quatre souffriraient de problèmes de sommeil du fait du confinement, et plus d’un tiers d’entre eux présenteraient des signes de détresse psychologique

Vous le savez bien, vous qui depuis le début d’année devez en continu rassurer, soutenir, accompagner, ménager, former vos collaborateurs, pour qu’ils continuent d’assurer normalement leurs missions, qu’ils conservent leurs capacités intellectuelles et leur lucidité dans la « tempête ». Mais qui s’occupe de vous, de votre stress, de vos émotions, de vos problèmes ? Qui vous apporte les solutions, le soutien nécessaire dont vous avez besoin ?

En tant que dirigeant, vous êtes la personne la plus importante de votre entreprise ; en tant que manager, vous êtes la personne clé de votre équipe. Le capitaine qui garde son sang-froid et le cap en pleine tempête, quand tout va mal. Celle ou celui qui accompagne ses équipiers, fait en sorte qu’ils aient chacun le juste niveau d’autonomie, ni trop, ni trop peu, les soutient et les rassure en cas de besoin. Celle ou celui qui a la vision, sur qui repose les décisions importantes, in fine. Vous devez donc savoir prendre soin de vous, ne pas être dépendant de vos émotions, qui peuvent altérer votre perception de la réalité, et vous faire prendre de mauvaises décisions.

La solitude et la fatigue

Certes vous les dirigeants savez vous entourer de bons professionnels, de conseils, de réseaux de pairs, qui partagent avec vous vos difficultés et vos réussites. Mais il y a certains sujets que vous ne pouvez pas partager, même au sein de votre réseau bienveillant, surtout quand c’est pour faire le constat que vous n’y arrivez plus, que vous êtes fatigué, que vous avez peur, que vous n’y croyez plus assez, que votre avenir st incertain.

Pour vous les managers, vous vivez aussi une solitude forcée, d’abord du fait de la distanciation physique, et aussi parce que votre propre responsable hiérarchique à tellement à faire et de pression sur les épaules, qu’il s’est éloigné de vous. Et qu’il n’a plus ni le temps ni l’énergie de vous écouter, de vous aider, et de prendre soin de vous.

Se faire accompagner

Vous faire accompagner dans ces phases délicates est donc fondamental, vital. De la même façon que vous consultez votre expert comptable quand la situation financière de l’entreprise l’exige, votre médecin généraliste quand vous êtes malade, votre kiné ou ostéopathe quand vous êtes « coincé de partout ». Il en va de votre survie de dirigeant ou de manager de vous faire accompagner. Ignorer votre situation et ne rien faire ne ferait qu’aggraver la situation, et à plus long terme détériorerait votre santé, votre confiance en vous et votre estime de vous.

Nous vivons une période extrême, même si nous n’en avons vu que le début, où seuls s’en sortiront, celles et ceux qui adoptent une attitude de guerrier, qui ont une excellente santé physique et mentale, et qui pour cela se font aider des meilleurs spécialistes dans leur domaine. Les dirigeants et managers les plus performants se font tous accompagner par des experts. Vous me direz que le ROI (le fameux Retour sur Investissement) est toujours difficile à apprécier, à mesurer. Pourtant, plus de 32 000 études scientifiques ont été conduites à ce sujet, qui ont montré que globalement la rentabilité du coaching en entreprise est de l’ordre de 500%. De quoi donner à réfléchir.

Par qui se faire accompagner ?

Une personne de confiance, un professionnel de son métier, l’accompagnement humain. Un professionnel doté d’une certification, garante de sa formation et ses compétences. Une personne de confiance au sens où tout ce qui sera dit entre vous restera entre vous, garant de la confidentialité de vos échanges. Une personne qui vous fait pleinement confiance aussi : d’abord parce qu’il croit sincèrement dans vos capacités à atteindre vos objectifs, et ensuite parce que ses paroles, le ton de sa voix, son attitude, son regard, sont fondamentalement bienveillants.

Une personne qui sait vous écouter pleinement. Qui respecte votre mode de fonctionnement, votre humeur du moment, vos doutes, vos questionnements, vos émotions, sans vous juger. Une personne qui vous écoute en profondeur, pas seulement vos mots, mais aussi vos émotions sous-jacentes, ou encore vos croyances limitantes.

Une personne qui sait vous challenger au bon moment, et de la bonne façon. Car c’est bien cela que vous êtes venus chercher dans l’accompagnement : vous aider à trouver la solution que vous cherchez en vain depuis longtemps. Parce que votre solution ne se trouve pas là où vous cherchez. Comme l’histoire d’un mec de Coluche, qui cherche ses clés sous un lampadaire. Pourquoi sous un lampadaire ? Pas parce qu’il les a perdues là, mais parce que c’est le seul endroit éclairé de la rue.

Enfin, une personne adaptée à votre personnalité. Vous ne pourrez pas vous adapter à tous les coaches. De la même façon un coach ne peut s’adapter à tous les clients. Tous les dirigeants qui se font accompagner le confirment, il faut que le feeling passe, qu’il y ait une forme de « connexion », même si le coach se doit de garder une distanciation affective. Vous vous sentirez d’autant plus en confiance que votre coach vous ressemble, ou juste que vous sentez une forme de compréhension de sa part.

Un bon coach doit toujours être capable de vous renvoyer vers un confrère, si cette connexion ne se fait pas, que ce soit de votre fait ou de son fait. Un coach qui vous accompagnerait coûte que coûte, malgré ce sentiment de décalage serait un mauvais coach. L’alliance entre vous et votre coach doit être forte pour vous permettre de travailler vos objectifs en profondeur, elle est donc indispensable.

Me choisir comme coach ?

A chaque coach son style, sa patte, ses spécificités. Après 5 années d’expérience, j’ai pu constater que ceux qui me sollicitent et qui apprécient mon style de coaching ont souvent un esprit vif, et aiment que les choses avancent vite. Ils vivent dans et aiment la complexité. Dans le même temps, ce sont le plus souvent, comme moi, des personnes sensibles, soucieux de leur bien-être et du bien-être des autres. Ils (elles) ont donc besoin de beaucoup de bienveillance et de confiance mutuelle. Ils (elles) ont aussi besoin d’un coach qui comprend leur différence, leur singularité, parce qu’il la vit lui-même à sa façon.

Témoignage d’une de mes clientes

Si ce n’est par moi-même, je saurai vous orienter vers d’autres coaches, tous différents, tous expérimentés et certifiés, avec qui j’échange régulièrement au sein d’un club d’une vingtaine de pairs. Je saurai vous mettre en relation pour que vous puissiez choisir celle ou celui qui vous convient pleinement.

Une stratégie de guerrier

Vous aussi donc, prenez-soin de vous, de votre capital  performance, et adoptez une stratégie de guerrier ! Vous qui souhaitez survivre en 2021. Mieux encore : faire partie de ceux qui sortiront vainqueurs de ces « 50èmes hurlants », pour reprendre une métaphore de saison, décidez dès maintenant, avant les autres, de vous faire accompagner, de prendre soin de vous.

Je vous souhaite le meilleur pour cette fin d’année 2020, et pour la suite.

Cyril Barbé

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Relation

Entrer en relation, être en relations les uns avec les autres, ce sont des expressions courantes de la vie, et en particulier dans nos contextes professionnels. Les relations humaines ce n’est pas juste pour faire joli, on connait aujourd’hui grâce à la recherche scientifique les impacts positifs de relations de qualité sur notre performance cognitive, sur notre santé, et sur notre niveau de bonheur durable entre autres (cf étude longitudinale dite Grant, reprise par Robert Waldinger de Harvard). Nous avons tous pris conscience de l’importance de cette dimension relationnelle durant les 2 mois de confinement.

Mais sait-on encore entrer en relation avec l’autre, et l’entretenir durablement ?

Etant gamin, dire bonjour aux passants – mêmes inconnus – faisait partie des règles évidentes et partagées de politesse. De ce point de vue, on peut dire que les choses ont bien changé. Aujourd’hui je continue à saluer les gens que je croise, du moins ceux qui acceptent de croiser mon regard, ce qui est de plus en plus rare. Je le fais par conviction personnelle, par valeur : la relation est le propre de l’Homme, et constitue pour moi une énergie vitale, si cette relation est saine et équilibrée.

Mais regarder les gens que l’on ne connaît pas dans les yeux n’est pas si simple : beaucoup détournent le regard exprès pour éviter de croiser le nôtre. Loin de moi l’idée de juger ce comportement de fuite. En revanche, une chose est certaine, on n’a peu de chances d’entrer en relation avec l’autre, quel qu’il soit, en adoptant ce type de comportement.

Pourquoi certaines personnes rechignent-elles ainsi à des opportunités d’entrer en relation à l’autre ? Est-ce pour se réfugier dans des relations connues, et donc plus sûres ? Pourquoi les gens vous disent « bonjour, vous allez bien ? » de façon mécanique, sans vraiment attendre de réponse ? Pourquoi certains se réfugient-ils dans un réseau social (pas toujours très social au passage), bien protégés derrière leur écran, qui porte bien son nom pour le coup ? Pourquoi, alors que nous avons de plus en plus d’opportunités de rencontres en tant que citadins, de plus en plus de personnes vivent seules ?

Sans doute parce qu’entrer en relation avec les autres comporte des risques. Le risque de tomber sur une personne peu recommandable, mais ça, en général, on le sait assez vite. Le risque de de ne pas « plaire » à l’autre, car, même si le but n’est pas une relation affective ou amoureuse, qu’on le veuille ou non, nous recherchons plus ou moins inconsciemment un retour positif de l’autre dans la relation que nous engageons, ne serait-ce que pour entretenir un minimum notre propre estime. Le risque d’être déçu par la personne, parce qu’elle nous a donné à voir un jour positif d’elle-même, et qu’elle nous a caché ses faces plus sombres, que nous découvrirons tôt ou tard.

Pourtant, entrer en relation comporte aussi tellement d’opportunités nouvelles, que les risques peuvent sembler bien dérisoires en regard. Il y a une douzaine d’années, en tant que directeur de l’entrepreneuriat à la CCI, j’organisais des sorties à la journées sur des salons parisiens spécialisés, voyage en bus en mode « colonie de vacances » (lever le matin à 4h00, retour le soir vers 22h00), dans le but d’encourager les vocations entrepreneuriales chez les jeunes, en particulier ceux des quartiers défavorisés.

Lors d’une de ces sorties sur le salon du prêt à porter, j’ai demandé à une jeune camerounaise pourquoi elle avait décidé de s’inscrire à cette journée un peu particulière. Celle-ci m’a simplement répondu qu’elle n’avait aucun projet, aucune idée de création, mais qu’elle avait imaginé lors de cette journée faire des rencontres qui pourraient lui être utiles. Je lui ai proposé de s’asseoir dans le bus à côté d’une couturière expérimentée, qui justement cherchait des collaboratrices, et qui lui a proposé un essai chez elle. La jeune fille a fini la journée avec un CDI en poche chez cette couturière, là où toutes ses précédentes tentatives de recrutement avaient échoué jusque là. La promiscuité et le rythme lent du voyage en bus avaient permis cette entrée en relation plus forte, et permis de dépasser les préjugés habituels sur les jeunes, qui plus d’origine étrangère et d’un quartier défavorisé.

« Faire feu de tout bois » est une expression qui selon moi résume bien cet esprit d’ouverture qui qualifiait cette jeune africaine. Sans avoir aucun but, rester ouvert à toute opportunité, mais aussi créer les conditions de ces opportunités. Pourtant aujourd’hui, combien de personnes restreignent volontairement leurs champs d’investigation et d’entrée en relation, juste parce qu’ils estiment que ces champs ou ces personnes ne correspondent pas à leurs attentes, à priori ? Cela me fait penser aussi à tous ces écrits au sujet de la sérendipité, cette capacité à faire « par hasard » des découvertes fructueuses. En réalité, le hasard n’est qu’une façade : la capacité d’observation, et donc d’ouverture au monde qui nous entoure, et la sagacité, sont indispensables à la création de ces opportunités qui nous semblent liées au pur hasard.

Je ne compte plus, personnellement, les rencontres fortuites, même chez le boulanger, qui m’ont conduit tantôt à y rencontrer un ami devenu très proche, tantôt une personne devenue un de mes clients les plus fidèles. Ma vie a ainsi été positivement bouleversée grâce à mon ouverture permanente aux gens que j’ai rencontrés, ou plus exactement les gens à qui j’ai volontairement ouvert la porte à une potentielle rencontre.

Je veux toutefois apporter ici un bémol. Depuis une vingtaine d’années, l’entrepreneuriat est redevenu très à la mode, et avec lui le networking, ou réseautage en français. Toutes les techniques de réseautage qu’on apprend dans les bouquins ou sites à ce propos sont très pertinentes et intéressantes. Mais celles-ci ne seront pas efficaces sans l’authenticité, elles pourraient même être contre-productives. Entrer en contact avec un grand nombre de personnes de façon, là encore, trop mécaniste et productiviste, aura certainement moins d’impact sur votre vie que si vous vous attachez à entrer en relation sincère avec un petit nombre de personnes, en restant vous-mêmes.

A ce sujet, je ne compte plus le nombre de personnes que j’ai rencontrées pendant des années en soirées et autres cocktails à l’époque de mon job à la CCI, qui m’ont un temps donné le sentiment que je disposais d’un carnet relationnel très important. En réalité, une bonne partie de toutes ces personnes ne s’intéressaient à moi que du fait de ma fonction, qui leur permettait de nourrir leurs intérêts. Là encore aucun jugement de valeur, mais cette observation doit bien nous garder de confondre une relation professionnelle de surface, et une relation humaine plus profonde, sur qui l’on peut compter en cas de problème.

Vous pouvez donc accumuler dans votre vie un grand nombre de rencontres, de contacts, que ce soit en réel ou via les réseaux sociaux. Mais ce qui compte est ce qu’il en restera au bout de quelques années. Certains de ces contacts qui vous avaient semblé très proches et amicaux auront tôt fait de vous oublier le jour où vous ne leur serez plus utiles, et d’autres, qui vous semblaient éloignés de vous, soit vous rappelleront régulièrement pour prendre de vos nouvelles, soit vous rappelleront un jour pour vous proposer des missions ou leur aide.

En résumé, cette question des relations s’appuie donc sur deux piliers essentiels :

  • la capacité à s’ouvrir à un grand nombre de personnes, en toutes situations, mêmes celles qui vous semblent anodines et impersonnelles, à faire confiance à priori pour créer les conditions d’une potentielle rencontre, une vraie, qui vous sera sans doute utile mais sans savoir quand ni où ;
  • la capacité à sélectionner, parmi toutes ces rencontres, celles qui sont authentiques et sincères, qui vous enrichissent humainement, qui n’ont pas d’attente particulière de votre relation si ce n’est le plaisir d’être en relation.

Cette seconde capacité repose justement sur l’expérience : plus on a de relations avec des personnes différentes, plus on est en mesure de sentir rapidement la nature de ces relations, sentir que l’on partage les mêmes valeurs, ou encore sentir que l’autre n’attend rien de nous si ce n’est une relation sincère.

Entretenir ces relations suppose aussi un esprit durablement positif, comme je l’ai écrit dans cet article. Cet esprit positif qui nous permet de contrer le biais cognitif de négativité, d’être durablement plus heureux soi-même et aussi de rendre les autres plus durablement heureux.

Je vous souhaite un très bel été, fait d’un grand nombre d’opportunités, et d’un petit nombre de relations de qualité !

Cyril Barbé

Retour à la normale … ou début de rupture ?

La fin du confinement sonne comme un retour à la normale, ou presque, enfin. En réalité, elle semble au contraire annoncer la confirmation de changements radicaux dans notre société, et donc dans nos habitudes professionnelles : généralisation du télétravail, nouveaux modèles écoomiques, relocalisations, mais aussi de nouveaux besoins ou inquiétudes pour nos collaborateurs. Les vacances d’été sont là pour amortir cette nouvelle rupture, mais nous devons tous nous y préparer et anticiper ses impacts à partir de septembre.

Changement radical de management

Il n’existe presque pas d’entreprise ou d’organisation en France qui n’ait pas, plus ou moins contrainte ou forcée, mis en oeuvre le télétravail pour une immense majorité de ses collaborateurs à l’occasion du confinement. La conséquence ? Nombreux sont ceux qui y ont trouvé avantages – gain de temps, de fatigue, d’autonomie, entre autres, là où ils trouvaient jusque là toutes les bonnes raisons pour ne pas y aller.

Au delà des avantages, le télétravail a remis profondément en cause nos actuels modes de management. La distance a en effet conduit à une forme d’autonomie, qui a deux conséquences importantes. La première est qu’un retour en arrière sur ce niveau d’autonomie est quasi -impossible (« essayer c’est approuver »), et que les managers doivent intégrer cette nouvelle autonomie dans leur mode de fonctionnement. La seconde conséquence est que, pour ceux qui sont mal à l’aise avec cette autonomie, ils se sentent déstabilisés, inquiets de ne pas bien faire, et parfois surchargés par des responsabilités qui les dépassent, ce qui conduit tantôt à l’inquiétude, tantôt à la colère.

Conséquence, en plus de savoir encadrer en donnant plus d’autonomie, les managers devront aussi développer leur intelligence émotionnelle, leur sensibilité, pour mieux adapter leur comportement vis à vis de ceux qui s’adaptent mal à la situation. Il faudra que les managers sachent aider, accompagner, rassurer, pour ne pas risquer qu’un fossé se produise entre ceux qui ont pris le virage du changement avec plaisir, et ceux qui freinent des quatre fers.

Relocalisations

Avec le quasi arrêt de tous les transports, qu’ils soient terrestres, maritimes, aériens, durant presque deux mois, et une reprise timide aujourd’hui, la question est désormais sur toutes les lèvres : ne devrais-je pas relocaliser ma production, et plus encore, toute ma chaîne d’approvisionnement ? Qui plus est avec des contraintes sanitaires renforcées.

Une relocalisation ne s’organise pas du jour au lendemain, c’est au contraire un projet de longue haleine, qui se construit pas à pas. Autant dire que l’anticipation et le mode projet sont donc deux qualités essentielles à vos collaborateurs pour s’y engager. De plus, ces relocalisations impliquent de nouveaux contacts, de nouveaux partenaires, et ce n’est pas parce que ceux-ci sont des locaux que la communication sera forcément facile. Toutes vos équipes devront adopter des comportements d’ouverture, de bienveillance, et même d’humanisme (si si), pour réussir à convaincre ces nouveaux contacts, car l’engagement vient avec la motivation, qui découle de la confiance mutuelle, qui elle-même dépend de la qualité des contacts engagés.

De nouveaux modèles économiques

La restauration est sans doute le domaine économique qui aura payé et paiera le plus lourd tribut au confinement. Mais déjà on voit poindre les futurs grands gagnants de ce changement en rupture : ceux qui, très vite, ont pris le pas de la restauration à emporter entre autres. Dans la grande distribution, le mouvement vers plus de local et plus de bio a été catalysé et fortement accéléré par le confinement. Une des conséquences est que les hyper (très grandes surfaces) déjà mal en point risquent de péricliter très vite, au profit de surfaces plus petites, plus proches, plus spécialisées.

Dans l’industrie, certains ont pris des virages à 90° : un fabricant de pulls en laine qui s’est mis à la fabrication de masques en tissus. Bien sûr ce marché est éphémère, tout du moins on peut l’espérer. Mais ce genre de virage n’est certainement pas le dernier, tant nous vivons actuellement et vivrons encore des changements brutaux et imprévisibles. Cela implique une grande agilité des équipes, une grande souplesse d’esprit, et donc, un management qui favorise la motivation, la confiance en soi, et le bien-être au travail, tous ces facteurs qui génèrent plus d’émotions positives que négatives, et qui permettent un fonctionnement optimal de notre cerveau, comme l’ont montré les neurosciences cognitives.

Développer sa résilience

Pour faire face à tous ces enjeux, savoir anticiper et se battre contre les tsunamis économiques, sociologiques qui nous arrivent en septembre, il faut aussi développer une forme de résilience, cette capacité à contrôler ses réactions face à l’adversité, à surmonter les difficultés, et même à en tirer du positif pour l’avenir.

Oui, plus que jamais, il faut savoir anticiper cette 2nde vague, économique celle-là, qui se prépare pour la rentrée, qui sera probablement accompagnée comme souvent dans ces cas là d’une vague de mouvements sociaux.

Les gagnants de ce nouveau défi sont ceux qui auront compris et anticipé tout cela, et se seront préparé avant les autres.

Cyril Barbé

Une formation au bonheur ?

Il y a 18 mois, j’écrivais une série de 3 articles, sur le bonheur. C’est une question très personnelle me direz-vous, et vous aurez parfaitement raison.

Alors pourquoi parler de formation au bonheur ? Vous connaissez tous des personnes qui ont tout ce qu’il faut pour être heureux – argent, conjoint, beauté, enfants, santé … – mais qui sont de perpétuels malheureux. Et vous connaissez aussi certainement des personnes à qui il arrive les pires malheurs, mais qui réussissent malgré tout à être et rayonner le bonheur autour d’eux. Comment est-ce possible ?

Depuis une vingtaine d’année, des chercheurs (*) se sont penchés sur cette question et ont démontré qu’il existe des personnes plus aptes au bonheur que d’autres, et ce quel que soit les événements qui leur arrivent. Plus encore, ils ont identifié les clés qui facilitent cet accès au bonheur.

Bien sûr, être en mesure de s’acheter une belle voiture, de beaux bijoux, les plus beaux habits, les meilleurs restaurants, de fantastiques vacances sur une île paradisiaque, contribue à une certaine forme de bonheur. Il s’agit là du bonheur hédonique, celui qui permet de se sentir bien au quotidien, selon les chercheurs.

Mais les êtres humains que nous sommes avons toujours tendance à accorder plus d’importance à ce qui est dangereux pour nous que ce qui nous fait du bien, un biais cognitif connu sous le nom de Biais de Négativité. Il nous était très utile pour assurer notre survie il y a des dizaines de milliers d’années, mais il n’est pas ou peu pertinent aujourd’hui. En effet, c’est aussi ce biais négatif qui nous fait revenir au niveau de bonheur initial quelques mois, voire quelques jours, après avoir vécu un heureux événement : cadeau de noël, mariage, gros lot du loto, etc … Et qui ainsi nous empêche ainsi de profiter pleinement de ce bonheur instantané.

Alors comment certains arrivent-ils à être heureux, malgré ce biais négatif ? Par un épanouissement sur le plus long terme, ce que les chercheurs appellent le bonheur eudémonique. Par exemple, en s’investissant dans nos relations, qu’elles soient familiales ou amicales. Ou encore en passant son temps à apprendre de nouvelles choses, en s’investissant dans des causes qui nous tiennent à cœur. Ou en s’investissant dans un travail qui nous passionne : Confucius disait « Choisis un travail que tu aimes, et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie. »

Il n’est pas là question d’opposer bonheur hédonique et eudémonique : chacun d’entre nous avons besoin d’un juste équilibre entre les deux pour être bien. Cet équilibre est d’ailleurs indispensable quand l’un des deux piliers vient à faiblir.

Combien d’entre-vous sont réellement passionnés par leur travail, et les conditions dans lesquelles ils l’exercent ? Combien de temps encore estimez-vous légitime de devoir supporter un travail qui ne vous convient pas, dans lequel vous ne vous épanouissez pas, qui ne prend pas en compte votre personnalité, votre excellence ? Car oui, chacun d’entre nous disposons d’une forme d’excellence. Là aussi des chercheurs (Peterson, Myers, Seligman) ont identifié que les chaque être humain dispose en lui de Forces de Signature, qui le caractérisent de façon uniques, et qui lui permettent d’être authentique et performant, et de gagner en énergie, quand il les a identifiées et qu’il sait s’appuyer sur elles. Encore faut-il en avoir conscience ?

Alors combien de temps encore attendrez-vous pour connaître vos Forces, savoir comment en tirer des bénéfices pour vous, pour votre travail, vos relations aux autres, et ainsi vous épanouir pleinement ?

Au sujet du biais de négativité, les chercheurs ont aussi fait une découverte : c’est l’entrainement régulier, tout comme pour les langues vivantes ou le sport, qui font que l’on va plus facilement porter son attention sur les choses positives qui nous arrivent, et ainsi être durablement plus heureux. Comment s’entraîner ? Par exemple en utilisant les 3 kifs par jour de Florence Servan-Schreiber, une méthode que j’ai moi-même testée avec succès lorsque tout allait « au plus mal » …

Les chercheurs ont aussi constaté que le bonheur était une conjonction de fonctionnements optimaux sur divers aspects : la confiance en soi et l’estime de soi, la motivation, la gestion des émotions, la résilience (dont les mécanismes sont très liés à nos primes déformants de perception de la réalité), ou encore à nos relations aux autres. Pour tous ces aspects, une abondante recherche scientifique existe, désormais traduite en concepts facilement assimilables au travers d’activités concrètes et ludiques, qui permet de se former de façon très accessible, et ainsi apprendre à devenir plus heureux …

Cette formation, je l’anime depuis 3 ans avec près d’une centaine de personnes formées, issues de tous horizons, dirigeants, managers, collaborateurs, personnes en transition professionnelle, des consultants et coaches qui cherchent à élargir leurs domaines de compétences, professionnels de l’éducation, de la santé, … Le point commun entre toutes ces personnes ? Elles sont ressorties avec un niveau de bonheur bien supérieur, des idées claires sur leur projet professionnel ou sur la façon de manager ou d’accompagner de façon plus performante.

C’est une formation de 4 jours (2 + 2), basée sur la recherche scientifique en psychologie positive, dont elle reprend les principaux concepts-clés, axée autour d’une pédagogie active, qui vous place en permanence en situation, condition pour réellement progresser. Je m’appuie également beaucoup sur la diversité des profils au sein du groupe et les enrichissements croisés, en favorisant largement les échanges.

Prochaines sessions :

  • Rennes : les 28-29 septembre, 14-15 octobre
  • Lyon : les 16-17 novembre, 9-10 décembre
  • Paris : les 18-19 janvier, 10-11 février 2021

Alors c’est quand le bonheur pour vous ?

En savoir plus

(*) Parmi les chercheurs du bonheur, on trouve Sonja Lyubomirsky, Martin Seligman aux USA, ou encore Jacques Lecomte en France.

La Puissance du Collectif

Pourquoi écrire encore sur ce thème dont tout le monde s’est emparé depuis quelques années ? Qu’y a-t-il de nouveau que vous auriez manqué jusque là ?

En réalité, beaucoup d’écrits sur la puissance du collectif se concentrent sur l’organisation technique du collectif, supposant au passage que les conditions nécessaires à cette organisation technique sont réunies :

  • que toutes les personnes constituant ce collectif ont de facto envie de travailler ensemble durablement,
  • que ces personnes soient toutes en confiance mutuelle,
  • que chacune soit dans un esprit de solidarité malgré les disparités au sein du collectif, et malgré la pression pour atteindre les objectifs.

Or ces conditions préalables sont loin d’être réunies en général.

Pourquoi ces sujets ont-ils été plus ou moins éludés jusque là ?

Nous touchons là au fonctionnement même des êtres humains, qui est plutôt du ressort habituel de la psychologie. Or cette science n’est que très peu entrée dans le monde du travail jusqu’à présent, ou alors essentiellement pour résoudre les dysfonctionnements ou les pathologies. Mais comprendre les dysfonctionnements afin de les régler n’est pas la seule voie pour faire progresser les êtres humains.

En effet, la recherche scientifique en psychologie positive, une branche récente de la psychologie, s’intéresse depuis une vingtaine d’années à comment s’appuyer sur les atouts et les forces des individus pour les aider à se développer de façon optimale. Les entreprises les plus performantes se sont approprié les résultats de cette recherche, car elle constitue une clé essentielle du management des ressources humaines pour demain.

Pourquoi le collectif ?

Même si c’est une évidence, rappelons tout de même en quelques mots les buts poursuivis par cette quête d’un collectif plus performant.

Tout d’abord avec le progrès technologique constant, le travail des Hommes devient toujours plus complexe. Viennent ensuite s’y ajouter d’autres contraintes : économiques, environnementales, sociétales. Les crises morales ou encore de santé publique sont également autant d’enjeux auxquels les organisations doivent faire face. Or la complexité de notre société se traduit par plus de complexité pour tous les problèmes qui nous sont posés au quotidien dans nos organisations.

Comme le dit très bien Edgar Morin, considéré comme le père de la pensée complexe, le simple fait d’utiliser de plus en plus souvent ce mot traduit à quel point nous sommes face à des sujets et des difficultés qui nous dépassent et que nous savons pas toujours comment les exprimer, et donc encore moins les résoudre.

Or seule la puissance du collectif peut nous aider à résoudre les problèmes et enjeux complexes. Le collectif de 10 personnes qui travaillent ensemble est bien plus puissant que la somme de leurs intelligences individuelles, travaillant séparément, le fameux 1 + 1 = 3, ou plus exactement 1 + 1 > 3.

Il ne s’agit donc pas seulement de faire gagner des matches à des équipes de sportifs, à l’image de l’équipe de France, victorieuse surprise face aux Blacks lors de la Coupe du Monde 2007après les avoir défié

Avoir envie de travailler ensemble

Alors comment faire pour créer les conditions d’un collectif performant ? La première chose est de s’intéresser à leurs motivations. Le fait que chaque personne soit motivée individuellement ne suffit pas à créer un collectif durablement motivé.

D’abord parce que ceux-ci doivent partager un minimum de valeurs en commun, de la même manière qu’une cordée de montagne qui veut réussir un sommet. En 1950, Herzog et Lachenal ont certes atteint ensemble le sommet de l’Annapurna, le 1er 8000 jamais réalisé par l’Homme. Mais autant le premier avait comme objectif la grandeur de la France retrouvée après les humiliations de la guerre, autant le second, guide de haute montagne, était porté avant tout par la beauté du geste et la grandeur d’âme des alpinistes. Prenant conscience des risques insensés pris par Herzog pour « réussir à tout prix », au risque de sa vie, Lachenal a été contraint de l’accompagner jusqu’au bout pour éviter de le laisser mourir seul, au prix de ses pieds et mains gelés, et au prix d’une descente en plaine qui fut un enfer de plusieurs semaines.

Prendre le temps d’échanger sur nos valeurs humaines communes, et d’en faire un socle de l’action du groupe, est donc un préalable essentiel à toute réussite collective durable.

Cette envie de travailler ensemble sur la durée viendra aussi de la qualité des relations instaurées. Il ne s’agit pas de savoir faire la fête ensemble, même si c’est important parfois, ni de se tutoyer au prétexte que ça fait cool, mais de véritables relations sincères et authentiques, sujet que je développe plus loin.

Créer la confiance mutuelle

Mêmes si les choses évoluent, nos modes managériaux actuels sont plus en général inspirés par les principes du contrôle que ceux de l’autonomie : fixation d’objectifs, rendez-vous réguliers d’avancement, entretiens individuels, et système de récompense / sanction directement relié à cette question d’atteinte ou non des objectifs. Nos systèmes hiérarchiques sont là pour mettre en oeuvre ce système de contrôle : le DG qui contrôle les n-1, eux-même contrôlant les n-2, et ainsi de suite. Dans une forme de continuité du contrôle scolaire, dont l’objectif est de vérifier que l’apprentissage et la maîtrise d’une discipline sont effectivement atteints.

En réalité, la confiance mutuelle s’appuie sur l’autonomie, le soutien et l’encouragement. Le juste niveau d’autonomie pour chacun, en fonction de ses compétences et de ses responsabilités. Le soutien proposé et non imposé, pour créer la confiance en soi et mettre ses collaborateurs en sécurité, surtout face à la nouveauté. Et enfin l’encouragement positif, preuve de notre croyance authentique dans la valeur de nos collaborateurs, et de notre permission de leurs erreurs, éléments constitutifs de l’apprentissage.

Dernier point important pour créer la confiance mutuelle : la fixation d’un cadre de fonctionnement rassurant, garant des valeurs communes, et que le manager se charge de faire respecter par tous.

Avancer ensemble sans « laissé pour compte »

Autant le collectif peut fonctionner facilement sur une réunion, ou sur un projet court, autant il est beaucoup plus compliqué à maintenir sur la durée. Plusieurs raisons à cela :

  • La pression du temps et de la performance, qui nous rend toujours plus exigeant et nous conduit plus à pointer du doigt le négatif – ce qui n’est pas encore atteint – que le positif – tout ce qui a déjà été fait, et induit ainsi une défiance entre chaque membre.
  • Le manque de temps et de méthode pour identifier et reconnaître les forces de chaque personne, pour qu’il puisse en faire bénéficier le collectif.
  • La difficulté à adapter les missions et objectifs de chacun à ses  possibilités, car cette logique de sur-mesure va à l’encontre d’une logique d’organisation planifiée et structurée.

Pour avancer ensemble sur la longue route, il est donc essentiel de travailler au préalable les Forces individuelles en présence, pour à la fois en faire bénéficier le collectif, adapter les missions de chacun en fonction de ces forces, et renforcer l’esprit de solidarité au sein du groupe. Ainsi il n’y aura pas d’équipier laissé sur le bord de la route parce qu’il ne suit pas le rythme ou qu’il n’est pas compétent.

Entretenir des relations constructives durables avec les autres

Entrer et maintenir dans le temps des relations constructives avec tous les autres suppose à la base d’avoir une sincère croyance dans le fait que l’Homme est fondamentalement bon. Mais cela suppose aussi d’apprendre et de mettre en oeuvre des compétences relationnelles, et notamment :

  • L’assertivité : cette capacité à s’exprimer avec l’autre de façon bienveillante et empathique, en étant à l’écoute à la fois de ses propres besoins et des besoins de l’autre.
  • L’empathie : cela passe notamment par l’écoute, cette qualité indispensable du monde moderne, la plus demandée mais aussi la moins enseignée.
  • La gratitude : cette capacité à remercier les personnes et les choses pour ce qu’elles sont, ce qu’elles font, ce qu’elles nous apportent au quotidien.
  • Le pardon : cette capacité à abandonner son droit au jugement négatif quand on a été offensé ou lésé (ce qui ne signifie en rien l’oubli ou l’excuse de l’acte). On pardonne non pour l’autre mais avant tout pour soi : c’est ce qui vous permet de surmonter l’événement et vous reconstruire positivement, et ainsi continuer d’entretenir des relations positives avec autrui.

Organiser le collectif

C’est seulement si toutes ces conditions sont réunies que vous pourrez organiser votre collectif : travailler en mode projet, développer la polyvalence et l’échange de poste, mettre en place des brainstormings, des séances de Forum Ouvert, de World Café, de Co-Développement, ou encore de facilitation graphique …

Cyril Barbé

Rester positif dans l’adversité

Je ne prétends jamais, que ce soit lors de mes formations, mes conférences,  ou dans mes articles, être un champion du positif, au contraire, je crois qu’il existe autour de moi de nombreuses personnes plus durablement positives que moi.

Mais une chose est sûre, je suis convaincu du pouvoir du positif sur notre réussite, qu’elle soit individuelle ou collective. C’est ce qui nous permet de garder toujours un espoir de nous en sortir, même dans les plus grandes difficultés. C’est ce qui nous permet ensuite de garder le cerveau pleinement performant, car non pollué par des émotions ou projections négatives : cela implique plus de créativité et d’idées d’alternatives, plus de capacité à identifier des opportunités dans un océan de mauvaises nouvelles, et enfin plus de capacité à saisir et mettre en oeuvre ces opportunités.

Espoir, optimisme, résilience, toutes ces qualités se complètent et interfèrent entre elles, et contribuent à la fois à notre mieux-être et à notre performance, c’est ce que nous a confirmé la récente recherche en la matière.

D’ailleurs, lorsque nous voyageons dans des pays en développement, nous sommes tous frappés par l’esprit positif de ces habitants qui, pourtant, manquent de tout confort décent tel que nous le concevons : comme si leur esprit positif (spontané) était la clé pour leur permettre de supporter la dureté de leur vie, et toujours croire en un avenir meilleur.

Mais pourquoi aurait-on spécialement besoin de « cure de positif » à notre époque, alors que les êtres humains ont surmonté tant d’obstacles durant des centaines de milliers d’années ? Et n’y aurait-il pas une utilité d’un regard plus négatif ? Pourquoi la nature nous aurait-elle doté de cette capacité à critiquer négativement s’il n’y avait pas d’intérêt ?

Le biais de négativité

Cette tendance à nous faire voir le verre à moitié vide, plus souvent que l’inverse, est un biais cognitif, une sorte de tromperie du cerveau, qui nous fait porter une attention prioritaire sur tous les dangers. Et par extension il nous fait porter une attention sur tout ce qui est négatif, avec une tendance à l’exagération du phénomène, au point parfois de nous faire totalement occulter le reste, les points positifs ou les réussites.

Comme pour tous les biais cognitifs, celui-ci provient en partie du rythme d’évolution du cerveau, qui n’est pas du tout celui de notre société. Le biais de négativité avait une utilité et un sens à l’époque où notre intégrité physique était régulièrement en jeu, du fait des animaux sauvages ou simplement du fait du manque de nourriture.

Aujourd’hui ces 2 dangers n’existent quasiment plus dans notre société moderne, mais notre cerveau a conservé ce mode de fonctionnement ancestral. Certaines personnes ont évolué plus vite que d’autres et ont cette capacité naturelle à porter leur attention sur le positif, mais ce n’est pas la majorité, il n’y a qu’à voir le taux de mauvaises nouvelles dans les média. Ces derniers, qui prennent de plus en plus de place dans notre vie, ont d’ailleurs un rôle d’amplificateur de notre biais négatif.

La bonne nouvelle est que, même si notre cerveau évolue très lentement, nous pouvons apprendre de nouveaux comportements qui vont compenser ce biais de négativité, et ce dans des délais relativement courts.

Des impacts sur de nombreux aspects à long terme

Les impacts de ce biais négatif dans le contexte professionnel sont à prendre très au sérieux : ils touchent durablement la performance individuelle et collective.

Plusieurs chefs d’entreprise me témoignaient récemment que, un simple retournement de conjoncture, même passager, avait entraîné des changements radicaux dans les comportements de leurs collaborateurs : ils devenaient plus négatifs dans leur attitude, plus pessimistes sur leurs capacité à réaliser les missions et atteindre leurs objectifs, mais aussi et surtout plus négatifs entre eux. Ce qui, en plus de l’effet contaminant de cet esprit négatif au sein des équipes, a pour conséquence de dégrader les relations interpersonnelles, et donc de saper l’intelligence collective.

Cet effet doit être surveillé de près, car il faut beaucoup plus de temps pour contaminer – le terme est à la mode en ce moment ! – le positif que le négatif, toujours du fait de notre biais cognitif.

Quid de l’effet positif d’un esprit négatif ?

D’aucuns me diront que le pessimisme peut aussi avoir son utilité, ils auront tout à fait raison ! Il ne s’agit en aucun cas de tomber dans un optimisme béat et inconscient des dangers. Se protéger contre le Covid-19 par quelques mesures simples d’hygiène ne veut pas dire pour autant que l’on pense être soi-même contaminé, et tomber malade. Les pessimistes ont toute leur pertinence pour identifier les risques et les anticiper.

Mais toujours du fait de notre biais de négativité, les événements négatifs sont mieux enregistrés dans notre mémoire que les positifs. De ce fait, le ratio idéal entre événements positifs et événements négatifs, pour rester en parfaite possession de ses moyens, physiques, psychologiques, et donc cérébraux, est de l’ordre de 3 pour 1 : 3 positifs pour 1 négatif. Plus généralement il nous faut environ 3 émotions positives pour compenser 1 émotion négative. Dans la réalité ce ratio vécu est bien plus souvent inversé.

Il ne s’agit donc en aucun cas de juger notre esprit critique négatif, ou de mettre aux oubliettes les événements négatifs, juste de les remettre à leur juste place.

Comment développer son esprit positif ?

  • La première chose à faire est de repérer cette tendance au négativisme, démasquer en quelque sorte notre biais négatif : prendre conscience du problème constitue déjà 80% du chemin vers la solution.
  • Deuxième moyen, savoir détourner son attention par quelque chose de positif : raconter une histoire drôle, faire une grimace, se remémorer un moment heureux récent, tout est bon pour éviter d’entretenir le cercle vicieux du biais négatif.
  • Du reste ces moments positifs, il faut savoir les savourer en pleine conscience, de façon à en capter toute la force, et les faire durer plus longtemps.
  • Ensuite il s’agit de croire que vous pouvez changer les choses : je vous ai dit que devenir plus positif ça s’apprend, à condition d’en avoir envie et de croire que l’on peut encore apprendre à tout âge.
  • S’entraîner, encore et encore : comme tout apprentissage, c’est la répétition qui est efficace et permet de l’ancrer comme un nouveau comportement.
  • Vous pouvez aussi écrire un journal de gratitude, qui recense toutes les bonnes choses qui vous sont arrivées au cours de la journée, de la semaine, du mois … Un peu à l’instar des 3 kifs par jour de Florence Servan-Schreiber.
  • Quand vous êtes envahis de pensées négatives : pour chacune d’entre-elles, posez-vous la question si cette pensée n’exagère pas les faits ? Quels éléments factuels peuvent constituer des preuves que tout n’est pas si négatif dans cet événement ? Par exemple, certes ma collègue ne m’a pas salué avant de me demandé un service aujourd’hui, mais elle l’a fait tous les autres jours.
  • Pratiquer la pleine conscience : cette activité issue de la méditation qui consiste à porter son attention volontaire sur le ici et maintenant, a des effets scientifiques reconnus sur l’esprit positif.
  • Etre patient : il semble que le biais de négativité s’atténue avec l’âge, effets de la sagesse ou de la dégradation cognitive ? A vous de juger selon votre état d’esprit !

Cyril Barbé

Esprit de Noël

Qu’est devenu aujourd’hui l’esprit de Noël ? Attribué à Charles Dickens et à son célèbre « Conte de Noël » (« Christmas Carol ») publié en décembre 1843, il était à cette époque un mélange de charité, de bonheur familial, d’harmonie sociale, de solidarité.

Mais la famille est une valeur qui se perd, les souvenirs d’enfance ne sont pas tous heureux, et Noël est depuis devenu une grande fête commerciale.

Il ne tient qu’à chacun d’entre nous de réhabiliter les valeurs humaines qui constituent l’esprit de Noël : charité, bonheur partagé, solidarité, esprit positif, entre autres.

Charité

Nous avons plus facilement une pensée pour ceux qui ne sont pas à la fête en cette période spéciale, qu’ils soient sans domicile fixe, sans revenu fixe, ou juste isolés. Que ce soit une pièce, un ticket resto, ou juste un bonjour ou un sourire, ce peut être beaucoup pour ces personnes qui se sentent abandonnées. Bien sûr notre geste ne va pas faire disparaître la pauvreté dans le monde, mais il en inspirera d’autres, peut-être plus importants, comme dans la fable du colibri.

Bonheur partagé

Le bonheur est une notion très personnelle me dit-on très souvent. Serait-ce donc une valeur individualiste, ce qui serait très étonnant. Plusieurs chercheurs ont montré au contraire qu’entretenir des relations positives – la qualité important plus que la quantité – est un des principaux contributeurs à un bonheur durable, quelles que soient les personnes concernées (cf mon récent article à ce sujet).

Partager sa joie avec d’autres personnes est aussi un besoin fondamental. Le bonheur partagé serait donc à la fois donner, et recevoir. Plus encore, de nombreuses études scientifiques ont montré que la générosité avait un effet durable sur le bonheur du « donneur » (cf à ce sujet cette étude de 2017).

La folie des cadeaux

Oui Noël est devenue une grande fête du capitalisme, il faut acheter, toujours plus, des objets toujours plus innovants, qui vont forcément vous apporter plus de bonheur. Mais de plus en plus de cadeau font l’objet d’un échange, il y a des sites spécialisés dans le troc de cadeaux de Noël. De plus en plus de cadeau sont des boxes, laissant à la personne qui le reçoit la liberté de choisir son cadeau parmi une liste toujours plus large. Il y a aussi les cartes cadeaux, qui sont une autre façon de donner de l’argent.

Pourtant certaines personnes ont ce don pour vous offrir quelque chose de simple, auquel vous n’auriez jamais pensé, mais qui vous fait profondément plaisir. Récemment un ami m’a offert pour mon anniversaire de son temps pour repeindre ma porte, c’était une preuve d’attention sincère de sa part envers moi : il sait que j’ai besoin de la repeindre, que cela me soucie de m’en occuper, et encore plus de le faire moi-même. Dans le même esprit, un dessin d’enfant ne coûte rien en argent, mais exprime tout le cœur que l’enfant y a mis, tout son amour pour vous, et aucun cadeau aussi cher soit-il ne peut remplacer cela.

Un esprit positif

L’an dernier je souhaitais acheter pour Noël des chocolats chez un grand chocolatier – Meilleur Ouvrier de France, et oh malheur, suite à un problème exceptionnel en fabrication, les chocolats convoités étaient momentanément indisponibles. Pas de quoi fouetter un chat me direz-vous. Les serveuses étaient mortifiées d’avoir subi toute la journée les vertes remontrances d’autres clients. Quand je les ai rassurées en disant « rien de grave, je pourrai repasser dans une semaine », je les ai senties vraiment soulagées.

Réalise-t-on vraiment à quel point nous pouvons influer sur le monde par notre attitude ? Nos réactions en toutes situations ne sont que le résultat de notre décision. Il ne tient qu’à nous de réagir positivement aux situations que nous vivons, mêmes désagréables, et ainsi d’apporter bienveillance et positif à notre monde.

Un monde de Bisounours me direz-vous ? Je répondrai juste : dans quel monde préférez-vous vivre, un monde où l’on s’invective parce que nous n’obtenons pas tout et tout de suite, où l’on ne sait plus prendre le temps de dire bonjour et échanger quelques mots sympathiques avec des inconnus, ou un monde où les gens que vous rencontrez vous apportent empathie et bienveillance ?

Quel que soit votre choix, je souhaite vous apporter par cet article, une montagne d’esprit positif, de sourire, de solidarité, d’écoute, et de bonheur partagé avec vos proches. L’état d’esprit de Noël, quoi !

Cyril Barbé

Apprendre à apprendre

Pourquoi autant parler d’apprendre à apprendre aujourd’hui ?

« L’être humain est câblé pour apprendre avec d’autres humains plus jeunes et plus âgés que lui », comme le dit très bien Céline Alvarez. Ils sont même faits pour en retirer du plaisir. Alors pourquoi s’intéresse-t-on tant au processus d’apprentissage maintenant ?

Selon une étude de Carl Benedikt Frey et Michael A. Osborne en 2013, 60% des emplois d’aujourd’hui sont susceptibles de disparaître d’ici à 2035, du fait de la robotisation, l’automatisation, la numérisation, et de l’Intelligence Artificielle. Même si cette étude est controversée, une certitude est que le monde professionnel évolue vite, et de plus en plus.

Les métiers ne sont pas les seuls à évoluer à une vitesse en croissance exponentielle : le rythme d’apparition de nouvelles connaissances et la vitesse à laquelle nos connaissances acquises deviennent obsolètes suivent les mêmes courbes.

Dans le même temps, le rythme d’évolution du cerveau est beaucoup plus lent que le rythme d’évolution de notre société. Le temps où nous pourrions être rattrapés par la capacité cognitive des Intelligences Artificielles semble moins loin, et surtout désormais envisageable.

Un autre problème se pose à nous : nous devons emmagasiner un bagage de connaissances de plus en plus conséquent avant de commencer à travailler. Or la connaissance a besoin d’être réactivée fréquemment pour être utilisable, donc chaque connaissance devient plus éphémère. A cela s’ajoute que ces nouvelles connaissances sont plus complexes qu’avant, et nécessitent un processus long qui demande des efforts, et que ce long terme accommode mal aux exigences d’immédiateté de l’entreprise.

Par ailleurs, nous avons grandi et avons été formés dans un système scolaire très formaté, presque industriel (cf conférence TED de Ken Robinson à ce sujet), qui exclut rapidement ceux qui ne s’y adaptent pas, et pointe du doigt l’erreur, ce qui plus ou moins inconsciemment a impacté notre perception du processus d’apprentissage, comme quelque chose de difficile et rébarbatif.

A tout cela s’ajoute le stress, qui occupe une partie croissante de notre quotidien : il est un facteur de dégradation du fonctionnement cérébral (déconnexion du cortex préfrontal), et à hautes doses, de dégradation de plusieurs fonctions physiologiques et donc de la santé.

Face à tous ces enjeux, la plupart des formations classiques sont devenues obsolètes dans leur format, et 80% des informations qui y sont délivrées sont oubliées après 7 jours.

Que faire pour réapprendre à apprendre ?

Il est beaucoup question de personnalisation des enseignements, des méthodes pédagogiques. Certes nous avons tous des spécificités, et des tactiques bien personnelles pour apprendre. Mais d’une part il serait impossible d’analyser ces différences et d’en tenir compte au cas par cas (tout au plus pouvons-nous donner plus d’autonomie pour que chacun puisse adapter son processus à sa personnalité), et d’autre part il y a bien un grand nombre de fondamentaux à connaître pour progresser dans ce domaine.

Un processus d’apprentissage nécessairement actif

On sait grâce aux neurosciences qu’un cerveau passif n’apprend pas. Certes grâce aux neurones miroir, nous pouvons apprendre à faire en voyant quelqu’un d’autre faire devant nous, mais ceci ne s’applique qu’à des apprentissages concrets, donc pas dans la plupart des apprentissages qui nous sont proposés aujourd’hui, essentiellement intellectuels et conceptuels.

Nos processus d’enseignement et de formation doivent donc intégrer une majorité de séquences actives, ce que les anglo-saxons appellent le « learning by doing ». Ils doivent aussi privilégier la mise en pratique AVANT la théorie, qui vient dans ce cas confirmer la découverte faite en faisant.

Lever les mythes sur performance cognitive

On entend et on lit beaucoup sur comment entraîner son cerveau à devenir plus fort, notamment au travers d’exercices mentaux supposés nous rendre plus intelligents. D’abord ces exercices mentaux sont souvent centrés, là encore sur 2 types d’intelligences – linguistique et logico-mathématique, et d’autre part ils ne sont qu’une façon de constater ce que l’on est déjà capable de faire, ou pas.

La réalité sur le fonctionnement optimal du cerveau est beaucoup plus simple : l’activité physique et une bonne qualité de sommeil en sont deux principaux facteurs. Le troisième est moins connu : la pleine conscience. Les chercheurs ont constaté en effet que cette pratique régulière augmente durablement les capacités attentionnelles, et facilite le maintien de la connexion au cortex préfrontal.

Comprendre les mécanismes d’attention et de mémorisation

Notre attention est de plus en plus sollicitée par des distracteurs : un bruit dehors, une personne qui passe, et surtout les vibrations de notre smartphone. L’émergence des réseaux sociaux a aussi fait croître de façon exponentielle notre nombre de relations, et donc de sollicitations externes. Enfin notre société de l’immédiateté (cf mon récent article) a réduit notre durée d’attention. Une des solutions : pratiquer la pleine conscience ou la pleine attention.

La mémorisation est un mécanisme complexe, et beaucoup d’entre nous ont des à priori sur son fonctionnement : certains pensent qu’ils n’ont pas de mémoire, d’autres lui font exagérément confiance. Prendre conscience que la mémorisation passe notamment, par la répétition, les reprises expansées dans le temps, et que la mémoire qui nous sert à emmagasiner ce que l’on nous dit (sans prise de note), dite « mémoire de travail » est à la fois limitée et très éphémère, sont des fondamentaux qui permettent de développer sa mémoire. Les mnémonistes savent aussi qu’il existe des techniques pour augmenter sa capacité de mémoire immédiate.

Favoriser l’envie d’apprendre

Comme je l’écrivais plus haut, l’apprentissage est un processus naturel et spontané chez l’homme, et il est fait pour y prendre du plaisir. Mais cela suppose qu’il soit motivé pour cet apprentissage. Lorsque nous passons à l’âge adulte, nous faisons des choix personnels, et dès lors tout ne nous intéresse pas au même niveau. S’intéresser aux facteurs qui favorisent la motivation d’apprendre est donc essentiel en formation professionnelle. 4 facteurs principaux de motivation ont été identifiés par les chercheurs Deci & Ryan : l’autonomie, le sentiment de contrôle (qui suppose de nombreux feed-backs), la qualité de la connexion aux autres (avec le formateur mais aussi avec les autres apprenants), et enfin le sens que l’on trouve dans cet apprentissage.

Se débarrasser des mythes sur l’inné et l’acquis

La capacité de progrès cognitif n’est pas liée à un niveau d’intelligence de départ, mais à la conception qu’on se fait de cette intelligence. Carol Dweck, une professeur de psychologie sociale à l’Université Stanford aux USA a mis en évidence qu’il existe – pour simplifier – deux conceptions de cette intelligences, qu’elle nomme état d’esprit (mindset).

Un état d’esprit fixe (« fixed mindset ») considère que la capacité de progrès cognitif est essentiellement liée au niveau d’intelligence, qui est principalement inné ou génétique. Il considère que les efforts ne jouent en rien dans cette capacité.

Un état d’esprit flexible ou de croissance (« growth mindset ») considère au contraire que ce sont les efforts et le travail qui permettent de progresser, et que cette capacité n’est pas liée au niveau d’intelligence de départ. Carol Dweck a mis en évidence qu’avoir un état d’esprit flexible est la clé de la réussite, aussi bien scolaire que professionnelle. La bonne nouvelle est que cela se travaille.

Que faut-il faire ?

La première étape est de savoir expliquer tous ces aspects scientifiques de façon simple aux apprenants : les enfants, mais aussi les adultes, sont friands de comprendre comment ils fonctionnent, et cette compréhension constitue un pas essentiel pour progresser sur tous ces aspects.

J’anime régulièrement des conférences ou ateliers sur ce thème « apprendre à apprendre », comme lundi 9 décembre chez un client rennais.

Cyril Barbé

Révéler vos pleins potentiels

Révéler les potentiels de chacun, semble être une évidente priorité, non ? C’est peut-être même un objectif dépassé, tant il y a de coaches et de consultants à vous proposer de vous accompagner dans cet objectif. Des dirigeants d’entreprise me disaient même récemment qu’ils ne comprenaient pas pour quelle raison il y a eu cette émergence de conseils dans ce domaine ces dernières années.

Une réalité moins rose

Le capital humain est notre priorité, annoncent fièrement les entreprises. Pourtant, la plupart des études le montrent, il y a une démotivation croissante des salariés (cf par exemple cette étude de Malakoff Médéric en 2017 reprise dans un article du Monde). Dans cet article, Philippe Rodet, médecin urgentiste, dirigeant de Bien-Etre & Entreprise, spécialiste du stress au travail, préconise pour endiguer ce désengagement, de « donner du sens au travail, fixer des objectifs au bon niveau, exprimer de la gratitude, savoir encourager, laisser place à la créativité, à l’autonomie, à l’optimisme », entre autres.

Par ailleurs, le stress, qui a considérablement augmenté en 10 ans en contexte professionnel (61% des salariés se déclaraient stressés en 2015 contre 38% en 2005 – Baromètre CEGOS) est aussi un facteur identifié comme empêchant le fonctionnement optimal des êtres humains. En particulier il provoque ce que les neuro-scientifiques appellent le passage du mode « adaptatif » – celui qui utilise le cortex préfrontal, le seul capable de résoudre les problèmes complexes – au mode « automatique » – celui géré par le cerveau limbique qui est le siège des émotions, nous empêchant ainsi d’avoir une vue rationnelle des situations que nous vivons.

De plus, le stress provoque la sécrétion de cortisol, qui à doses répétées et importantes, a de nombreux effets délétères : cela favorise l’hyperglycémie, qui a des effets néfastes sur la santé cellulaire, inhibe le système immunitaire, favorise la formation de caillots dans les veines, et donc augmente le risque de crises cardiaques ou AVC, élève les taux de cholestérol, et favorise l’hypertension artérielle, rien que cela.

Des exigences de plus en plus fortes

Les entreprises font face à une concurrence toujours plus forte, qui les contraint à une performance toujours plus importante. Elles doivent sans cesse innover, et de plus en plus vite, concevoir plus vite, produire plus vite, livrer le produit ou la prestation plus vite, et tout cela avec une qualité toujours meilleure et un coût plus bas. Cette surenchère continue n’est pas prête de s’arrêter, ou même de ralentir.

Cette débauche d’énergie et d’intelligence ne permet aux entreprises que de se maintenir vivantes, mais pas de progresser, à moins d’être sur un marché captif ou protégé par des barrières à l’entrée.

Dans le monde des institutions,  les choses ne sont pas plus faciles : l’état doit faire des économies pour faire face à sa dette croissante, et a adopté les méthodes d’optimisation du privé depuis déjà pas mal d’années.

La complexification des objectifs, des projets, des enjeux, auxquels nous sommes tous confrontés aujourd’hui, nous conduit également à être plus collectifs. Or nous avons été principalement formés à être compétitifs de façon individuelle : réussir dans la vie passe par la réussite à l’école, qui elle-même suppose en effet d’être meilleur que ses camarades de classe, pas d’apprendre à travailler avec eux, même si les choses changent lentement.

Une émergence des compétences comportementales

Dans un monde toujours plus volatile, complexe, en accélération, avec une majorité de métiers intellectuels, qui plus est concurrencé par l’Intelligence Artificielle, les compétences techniques des humains ne sont plus  celles que les employeurs mettent en avant lors d’un recrutement. L’évolution technique et technologique est si rapide que désormais il est presque impossible de se maintenir expert dans son domaine plus de 10 ans. Les savoir-être sont donc devenus plus importants que les savoir et savoir-faire.

Il s’agit donc de bien se connaître, de développer son empathie pour comprendre les autres et apprendre à bien fonctionner avec eux, de façon durable. Il faut développer ses capacités d’écoute active pour capter toutes les informations, tous les signaux faibles, être en mesure de répondre de façon pertinente aux attentes. Il faut avoir « la tête bien faite » pour savoir apprendre vite et bien de nouvelles techniques, de nouvelles façons de faire. Il faut avoir confiance en soi et être positif, être persévérant et résilient pour savoir surmonter des obstacles de plus en plus nombreux et difficiles.

Mieux prendre en compte les spécificités de chacun

A toutes ces raisons expliquant pourquoi la révélation de notre plein potentiel devient une impérieuse nécessité, s’en ajoute une autre. De nombreux collaborateurs estiment qu’ils ne se sentent pas totalement épanouis dans leurs missions. Pour quelle raison ? Parce que dans un but de performance nous avons défini leur fiche de poste, mis en place des entretiens annuels pour bien nous assurer que ces collaborateurs disposent des compétences requises, et qu’ils atteignent les objectifs qu’on leur a fixés. Mais s’assure-t-on au passage que les missions et les objectifs qu’on leur a assignés sont cohérents avec leur personnalité, leurs spécificités, ce qui fait leurs forces ?

Nous avons tous des capacités particulières : certains auront l’empathie, d’autres l’écoute active, l’ouverture d’esprit, le courage, l’humour, la créativité, l’intelligence sociale, la gratitude, ou encore la capacité d’adaptation. Ces capacités préexistantes de l’Homme, les chercheurs les nomment des Forces. Nous n’avons pas besoin de regarder voire envier celles du voisin, nous sommes tous différents.

Connaître nos Forces, c’est permettre notre épanouissement, l’expression de notre plein potentiel, sans risque de se sentir en concurrence avec les autres. Identifier et connaître les Forces des autres, c’est permettre de les voir sous un jour plus positif, et ainsi développer au sein de son équipe un esprit de solidarité et favoriser l’intelligence collective.

Une offre métier toujours plus large, mais plus difficile à « comprendre »

J’ajoute que les métiers qui nous sont proposés aujourd’hui sont tellement variés, évolutifs, et de plus difficile à comprendre pour un jeune qui débute dans la vie active, qu’il est de plus en plus difficile de trouver sa voie, y compris quand on a déjà de l’expérience professionnelle. Nos grands-parents en effet voyaient concrètement ce que faisaient leurs aînés : faire les foins, fabriquer du pain, monter des murs, vendre ses légumes au marché … Ceci contribue sans doute au fait qu’autant de personnes sont en questionnement sur leur travail à mi-carrière.

Les jeunes générations se posent même cette question dès le départ : pourquoi devrais-je travailler ? De plus en plus alternent travail classique et année sabbatique, pour voyager, s’engager dans une action humanitaire ou écologique, ou encore partir à la découverte de soi. Encore une façon de découvrir ses Forces au passage.

De fausses croyances sur l’intelligence et le potentiel des êtres humains

Le système scolaire, encore lui, nous a conduit à évaluer les personnes sur la base des seuls modèles logico-mathématique et linguistique. On le sait il existe de nombreuses autres formes d’intelligences.

Mais plus encore, Carol Dweck, une psychologue américaine, a montré depuis 2006 que la capacité au progrès cognitif n’est pas liée à l’intelligence en elle-même, mais plus à la conception personnelle qu’on se fait de cette intelligence. Elle a montré qu’il faut savoir développer ce qu’elle appelle un état d’esprit flexible, ou de croissance (« growth mindset »), qui consiste à croire que l’intelligence et les talents peuvent toujours être développés, quel que soit son niveau de départ, que cela passe par les efforts. A l’inverse, un état d’esprit fixe pense que l’intelligence est donnée au départ et qu’elle ne peut évoluer quels que soient les efforts fournis.

Là encore, sans stigmatiser personne, l’école tend à ignorer cette recherche. Pourtant les neurosciences, une fois de plus, ont montré à quel point la plasticité cérébrale est incroyable (voir par exemple cet article), et comment presque tout le monde peut apprendre à progresser dans tout domaine, et à tout âge.

Révéler nos pleins potentiels n’est donc pas une lubie de certains consultants « new-age », c’est devenu une priorité pour nos organisations si elles veulent à la fois recruter et fidéliser les personnes les plus adaptées à leur contexte, mais aussi si elles veulent bénéficier de ces pleins potentiels.

Comment révéler nos pleins potentiels ?

Tout simplement en apprenant et en découvrant comment fonctionne, vraiment, les êtres humains ! En apprenant les mécanismes de la motivation, de la confiance en soi, de la gestion des émotions, de la résilience. En apprenant ce qu’est la plasticité cérébrale et ce qu’elle permet, en découvrant comment on peut développer un état d’esprit plus flexible. En apprenant à être plus optimiste et plus positif, car on sait là aussi que c’est meilleur pour la performance globale et pour la santé.

Car en effet, toutes ces compétences s’apprennent, comme toute compétence académique ou technique.

Expliquer les choses à nos collaborateurs peut nous sembler trop compliqué, ou trop long, surtout si on s’est fait des idées sur leurs capacités à comprendre, ou sur les nôtres. Pourtant force est de constater que même les plus jeunes enfants sont non seulement capables, mais aussi avides de comprendre et d’apprendre. Il n’y a qu’à voir le succès rencontré par les émissions « C’est pas sorcier ». Ce n’est que quand on perçoit les choses comme compliquées qu’elles sont difficiles à expliquer. Il ne tient qu’à nous-mêmes de rendre simples les concepts complexes, et non le contraire …

Développer son plein potentiel, et celui des autres

Sortir de notre société de l’immédiateté

Une société de l’immédiateté : quels impacts ? Comment en sortir ?

En juin 2019 je partageais avec vous ce thème de notre rapport au temps, dans une société en accélération, comme l’a très bien écrit Hartmut Rosa dans son excellent ouvrage éponyme. Il y décrit notamment le rôle de la monétisation de notre temps, depuis le début de l’ère industrielle. Ceci est très bien expliqué dans un documentaire d’Arte, tout aussi excellent, réalisé par Cosima Dannoritzer et diffusé en octobre dernier, nommé « le temps c’est de l’argent ».

Le rôle de la technologie

Il y décrit également le rôle de la technologie. Nous lui vouons en effet depuis quelques décennies une passion immodérée, considérant au passage de façon plus ou moins implicite que la technologie est nécessairement synonyme de progrès, ce qui se discute largement. C’est, il est vrai, ce progrès technologique qui nous a permis de gagner énormément de temps.

Le temps des transports tout d’abord, avec l’avènement du chemin de fer, des véhicules à moteur, puis de l’aviation. Le temps des communications avec le télégraphe, le téléphone, et plus récemment internet couplé aux communications satellites grâce à l’exploration spatiale.

Nous avons gagné du temps dans nos vies personnelles : les équipements électroménagers nous ayant économisé de longues heures de lavage du linge ou des sols, ou de préparation des aliments, entre autres.

Les ordinateurs et les logiciels quant à eux nous ont permis d’écrire et modifier très facilement des documents, de réaliser des tableaux de calcul complexes et dynamiques, de créer et traiter des bases de données, que ce soit au travail ou à la maison, et ce à des vitesses toujours plus vertigineuses.

Le paradoxe du temps

Malgré tout ce temps gagné, nous avons encore plus le sentiment de manquer de temps qu’avant l’avènement de tous ces progrès, c’est un des paradoxes actuels du temps. Ce qui est sûr en revanche, c’est que cette accélération nous a entraîné vers une société de l’immédiateté.

Plus encore, plus nous cherchons à aller vite, plus cette vitesse nous rattrape : l’Homme a créé l’ordinateur pour le suppléer, mais l’IA – Intelligence Artificielle est sur le point de le dépasser, il doit donc aller encore plus vite pour éviter de se faire dépasser par sa « créature », c’est un véritable cercle vicieux.

Les télécommunications ont rendu quasi simultanées l’émission et la réception de l’information : l’éloignement spatial (têlé signifie « au loin » en grec ancien) est annulé par la simultanéité temporelle. Le délai n’existe plus, et c’est cet état d’immédiateté du monde des télécommunications qui a ensuite fait référence pour juger de tous les autres délais de la vie, qui nous apparaissent désormais insupportables.

Nous ne pouvons plus accepter un ordinateur qui mets plus d’une minute à démarrer, à s’éteindre, ou encore à ouvrir une page internet, quelles qu’en soient les raisons. Pourtant qu’est-ce qu’une minute à l’échelle de notre vie ?

Nous ne supportons plus les personnes qui ne nous répondent pas dans l’instant. Une seconde de silence et de réflexion, et notre cerveau vagabonde déjà de mille pensées imaginaires : mais pourquoi met-il autant de temps à me répondre ? C’est louche, ça cache quelque chose ! Il est sourd ? Si par cas ce silence se prolonge au-delà de 3 secondes, nous occupons immédiatement ce vide sonore pour reprendre le fil de notre pensée, répondre à la place de notre interlocuteur, ou le bombarder de nouvelles questions.

Les débats télévisés sont en cela une caricature, tant les différents interlocuteurs sont obligés de se battre pour en placer une. Même de façon ultra policée, chacun cherche le moindre interstice au sein d’une phrase de celui qui s’exprime, pour pouvoir prendre la parole à son tour. D’ailleurs les personnes parlent de plus en plus vite, pour réussir à placer ce qu’ils ont à dire en moins de temps, comme si leur vie en dépendait. Des études récentes ont montré que ce débit de parole est en constante augmentation chez la population, en particulier chez les jeunes.

Nous voulons tout et tout de suite, et avons ainsi progressivement perdu notre capacité de patience au fil des années, que ce soit dans la sphère professionnelle ou privée. Nous cherchons en quelque sorte à annihiler le temps, à en supprimer les contraintes, et tuer tous les temps d’attentes, dans l’esprit de cette image.

Le numérique comme facteur additionnel

Le smartphone est l’icône suprême de cette immédiateté : dans la même minute, je peux découvrir un objet qui me plait dans la rue (vêtement, article high-tech, …), le photographier, le faire identifier par un outil de reconnaissance visuelle, le trouver dans une boutique en ligne, l’acheter, et presque, me l’être fait livrer ! Quand on voit ce que sont prêtes à payer certaines personnes pour se faire livrer en moins de 2 heures plutôt que le lendemain ou encore dans 4 jours, on se dit vraiment que le temps c’est de l’argent. Pourtant la vie de ces personnes ne va pas changer durant ces 4 jours sans l’objet convoité.

Bien sûr, ne vous y méprenez pas, cette vitesse apporte des tas d’avantages : voir le chemin le plus rapide d’un point à un autre, que ce soit à pied, en transports en commun, en voiture, trouver un covoiturage qui va économiser tout à la fois mon argent et la planète, trouver de quoi voyager et m’héberger pour pas cher, que ce soit pour mes études ou mes loisirs, reconnaître cette sublime chanson qui me fait vibrer, …

Quelles sont les conséquences de cette accoutumance à l’immédiateté ?

D’abord comme je le soulignais plus haut, nous avons perdu en capacité de patience. Or c’est une qualité essentielle dans bien des domaines : d’abord parce que nous ne pouvons toujours maîtriser nos temps d’attente, et qu’elle nous permettra de mieux les vivre, sans stress. Elle permet aussi de développer la persévérance, une qualité de plus en plus demandée en environnement complexe. Elle permet d’être plus tolérant face aux défauts, aux défaillances, voire aux différences des autres.

Encore plus intéressant, la patience nous aide dans le processus d’apprentissage, qui nécessite des efforts de longue haleine. Enfin elle nous ouvre des portes en nous incitant à mieux observer ce qui se passe autour de nous.

Ensuite, cette tendance à vouloir dans l’immédiateté contrecarre notre capacité naturelle d’écoute, qui elle aussi, est une compétence clé de ce siècle. La capacité d’écoute est en effet la compétence professionnelle la plus demandée actuellement, tous métiers confondus. Dans le monde du commerce, elle est sans doute la plus importante ; dans un contexte où seule l’intelligence collective peut répondre à nos défis de plus en plus complexes, l’écoute est là aussi clé.

Dans certains cas, cette immédiateté conduit même à une sur-simplification : à vouloir aller trop vite, on oublie une grande partie des aspects du sujet traité, et la solution que l’on imagine est inadaptée.

Il y aussi cet effet zapping, constaté depuis une décennie : le remplacement aussi rapide que possible des objets d’attention et de désir, avec un effet de surenchère qui relève quasiment de la surexcitation maniaque. Nous nous lassons toujours plus vite de notre dernier smartphone, de nos dernières chaussures, dans une logique de fétichisation de la nouveauté. Nous nous lassons très vite d’une vidéo (qui doit toujours être plus courte, au risque d’être complètement vidée de son sens), d’un enseignant en cours, mêmes des conseils d’un parent, et encore plus d’un chef ou d’un employeur qui ne nous convient plus, et pour finir, d’un compagnon de vie qui n’est plus assez à notre goût.

Un autre impact plus insidieux encore : cette contrainte du temps nécessaire pour arriver à nos fins est aussi celle qui nous incite à l’imaginaire et à la créativité. Supprimer cette contrainte revient donc à détruire à petit feu notre capacité d’imagination et de créativité, dont on sait à quels points elles sont essentielles à la réussite future, tant scolaire que professionnelle.

A ce sujet, une étude récente menée dans les prisons françaises a montré que ce n’était pas la prolifération fantasmatique qui entraînait les crimes les plus violents, mais au contraire la pauvreté de ce cette capacité d’élaboration fantasmatique qui débouchait sur le passage à l’acte. La culture moderne de l’immédiateté n’est certes pas à l’origine des actes de violence, mais elle ne pourra donc, à l’avenir, que les exacerber.

On l’a vu donc, cette immédiateté ne peut faire notre bonheur. Elle a plutôt un effet « gueule de bois », bien connu des joueurs ayant gagné de grosses sommes au loto, dont le niveau de bonheur est revenu au même niveau qu’avant leur gain, au maximum au boit de 6 mois. Il y va donc d’un enjeu encore plus important pour nos vies.

Que faire pour éviter les effets délétères de cette tendance à l’immédiateté ?

Même si ces effets ne se font pas sentir chez tout le monde, c’est une tendance lourde qui augmente au sein de la population chaque jour. Et si vous vous sentez aujourd’hui juste un petit peu concerné, par exemple uniquement devant votre ordinateur, il y a des risques de contamination, en perdant progressivement patience dans d’autres contextes.

Quelques idées pour contrecarrer cette tendance :

  • Développez votre patience en sachant mieux observer autour de vous et en vous-même : la pratique de la pleine conscience ou mindfulness est un excellent exercice pour cela, et permet de plus de doper votre santé et renforcer durablement vos capacités cognitives.
  • Développez votre capacité d’écoute active, en vous entraînant à la fois au silence, à la reformulation (pour bien comprendre ce qui vous a été dit), et le questionnement ouvert (CQQCOQPP).
  • Développez votre capacité à résister à la gratification différée : une étude célèbre menée entre 1972 et 1982 par le psychologue américain Walter Mischel grâce au fameux « test du chamallow » a montré que cette capacité chez les jeunes présentait une forte corrélation avec la réussite future de ces jeunes dans la vie.
  • Planifiez vous des périodes de déconnexion : vacances, weekend, ou même une demi-journée de travail, sans PC, smartphone, sans télévision ni connexion internet. Vous redécouvrirez une incroyable quantité de choses possibles à faire tout aussi passionnantes et enrichissantes.
  • Développez un esprit plus positif : la psychologie positive, science dite du fonctionnement optimal de l’être humain, montre depuis 20 ans que les personnes plus positives ont aussi un rapport au temps plus serin et épanoui, sont plus résilientes et plus heureuses dans la vie. La bonne nouvelle est que ces capacités s’apprennent, tout comme les langues ou la musique.
  • Considérez que le temps que vous accordez aux autres est aussi celui qui vous semblera le plus rempli, le plus durablement épanouissant : la connexion aux autres est en effet une des activités les plus motivantes et les plus ressourçantes des êtres humains.
  • Ne prenez plus votre temps comme un réservoir à remplir avec plein de choses pour votre vie, ou comme une quête permanente d’un bonheur insaisissable ; considérez au contraire pour chaque instant de votre vie, que vous avez toujours le choix dans la façon de l’occuper, et qu’il y aura peut-être une bonne surprise à découvrir que vous n’attendez pas. Ce sont les cadeaux que l’on n’a pas commandés qui font souvent le plus plaisir, notamment parce qu’ils véhiculent une connexion avec celui qui vous l’a offert.

Si ces sujets vous intéressent, je vous recommande d’aller faire un tour sur la page de la formation FEPS que j’anime en 4 jours, et qui sera, entre autres, une réponse à certains de ces conseils.

Cyril Barbé