HPI / multi-potentiels : faut-il nécessairement souffrir pour réussir ?

Les HPI / multi-potentiels ont de vrais talents, de vrais potentiels à faire valoir, et on peut donc dire qu’ils bénéficient de facilités dans de nombreux domaines. Pourtant, beaucoup ont la croyance que c’est seulement dans la douleur qu’ils peuvent réussir. Au point que cela peut devenir pour eux un vrai frein pour avancer : « si c’est trop facile, c’est que ça n’a pas de valeur ».

Cette croyance est-elle juste ? Bien sûr il faut savoir apprendre à faire des efforts pour progresser dans la vie. Mais ce n’est pas vrai tout le temps, qui plus est pour des HPI qui ont des facilités. C’est le contexte dans lequel ils évoluent, plus que leur manque d’efforts, qui freine voire annihile leurs performances.

Pour quelles raisons sont-ils particulièrement touchés par cette croyance ? Quels impacts limitants pour eux ? Comment faire évoluer cette croyance pour retrouver une pleine performance, et surtout un plein épanouissement ? Découvrez-le dans cet article.

Souffrir pour réussir : réalité ou pas ?

Je ne compte plus les HPI que j’ai accompagnés qui me disent « je fais en 1 jour ce qu’on me demande de faire sur une semaine, ou même un mois. Je trouve que ce qu’on me demande est trop facile et je m’ennuie, je cherche donc des projets ou missions plus complexes … ». Ils ont donc de vraies facilités, dans un contexte plutôt calibré sur la performance moyenne, et d’une certaine façon, cela milite contre cette affirmation.

A l’inverse, comme le dit l’adage, « on n’a rien sans rien ». Jules Renard disait « la gloire est un effort constant ». Si l’on parle de sport de compétition, on sait que même les plus doués travaillent énormément pour réussir. Cela milite donc en faveur de cette affirmation.

En fait, la vérité comme souvent est entre les deux. mais dans le cas des HPI, plusieurs facteurs influent beaucoup plus d’un côté que de l’autre.

Du reste, des chercheurs en psychologie – dont Martin Seligman et Alex Linley – ont démontré que l’on peut être à la fois très performant, pleinement authentique, sans épuiser son énergie (et même prendre du plaisir !) : cela suppose de s’appuyer sur ce qu’ils appellent les Forces de Caractère, de véritables talents innés, à l’opposé des compétences, apprises. Or on a tendance à considérer que tout le monde dispose de ces forces, alors qu’elles sont spécifiques à chacun. Et souvent, on n’a donc pas conscience de ses forces.

J’anime régulièrement des séquences sur ce sujet, notamment lors de la Masterclass HPI, avec des résultats très puissants sur la connaissance de soi, la confiance en soi et l’estime de soi.

Pourquoi les HPI sont-ils particulièrement touchés par cette croyance ?

Quels sont ces facteurs influant ? Pourquoi penchent-ils nettement plus du côté de la nécessité des efforts ?

  • La sur-adaptation aux autres : c’est un sujet omniprésent chez les HPI dont je parle dans cet article.  Ils font des efforts permanents et parfois douloureux pour réussir à être acceptés, intégrés, compris par le reste du monde. Et ce faisant, cela alimente leur croyance que sans effort, ils n’arriveront à rien.
  • Ils vivent tout intensément, à 200%. Et leur choix en faveur des efforts n’échappe pas à cette règle, il est fait « à fond ».
  • Pour cette même raison de besoin d’intensité, ils peuvent ressentir le besoin de faire des efforts importants juste pour se sentir vivants, utiles, même s’ils voient bien que cela n’est pas si nécessaire.
  • Les HPI ont tendance à faire plus confiance aux avis des autres ; or les efforts sont indispensables aux neurotypiques (majoritaires), le regard des HPI sur ce sujet est donc biaisé.
  • Ils ont un grand sens de la responsabilité et des engagements. Et donc la réussite par la facilité leur semble « non méritée », et donc un leurre.
  • Ils sont dans un questionnement et une remise en cause permanente. Et faire dans la facilité est antagoniste avec cet état d’esprit.
  • Enfin, leur manque d’estime d’eux-mêmes, qui sape leur confiance naturelle, leur commande là encore de redoubler d’efforts.

Anecdote : j’ai accompagné une cadre supérieure dans les nouvelles technologies qui me disait « si je veux progresser, je dois choisir un poste où je suis confrontée à des personnes très différentes de moi ». Ce faisant, elle s’est retrouvée presque dans tous ses postes sous la responsabilité et en équipe avec des personnes toxiques. En prenant conscience de cela, elle a opéré différemment ses choix de postes, et a résolu une grande partie de ses difficultés professionnelles, et a été bien mieux reconnue pour ses compétences et talents.

Quels impacts de cette croyance pour eux ?

Les conséquences d’une vision biaisée par les efforts sont les suivantes :

  • Perte de performance : en effet, faire des efforts là où ils n’en ont pas vraiment besoin est contre-productif. D’une certaine façon, c’est comme d’utiliser un outil ou une méthode inadaptée à la situation.
  • Sentiment d’imposture : la performance insuffisante, ou la perception de cette insuffisance, renforce leur croyance qu’ils ne sont pas à la hauteur
  • Perte d’estime de soi : le sentiment d’imposture alimente à son tour la dégradation de l’estime de soi (qui renforce ce cercle vicieux).
  • Epuisement : certes ils ont beaucoup d’énergie, mais cette débauche d’énergie, qui plus est quand son rendement est moyen, est épuisant cognitivement, physiquement, et moralement.
  • Frustrations et émotions négatives : tous ces facteurs combinés créent de la frustration, car ils sentent bien au fond d’eux-mêmes, qu’ils en ont sous la pédale, mais qu’ils n’arrivent pas utiliser pleinement. Ces frustration génèrent l’agacement, la colère, et in fine alimentent la machine à négativer. De plus, ces émotions restent souvent non exprimées, enfouies, et s’engramment sur la durée, avec des conséquences sur la santé.

Comment faire évoluer cette croyance ? Comment concilier performance et réussite d’un côté, facilité et plaisir de l’autre ?

Tous les facteurs que je détaille plus haut chez les HPI s’expliquent principalement par 2 raisons :

  • Ils n’ont pas conscience de leur différence, car ils sont convaincus d’être « comme les autres », de « fonctionner comme eux » ; et quand ils en ont conscience, ils ont du mal à l’assumer.
  • Et le jour où ils souhaitent sortir de ces cercles improductifs, il leur est très difficile de trouver les clés, car toutes leurs précédentes tactiques ont été à l’inverse. Et ce serait remettre en cause tous les engagements et efforts réalisés jusqu’alors. Un véritable biais cognitif d’engagement.

Comment faire évoluer cette croyance ?

Un HPI qui souhaite sortir de ce biais relatif à la nécessité des efforts doit apprendre :

  • A mieux se connaître, à maîtriser ses modes de fonctionnement authentiques, savoir en faire des forces et non plus des handicaps
  • A s’assumer pleinement comme différent
  • A travailler son estime de soi, apprendre à ne pas « plaire à tout le monde ». Des outils tels que les Cartes des Forces ou les Cartes des Atypiques Inspirants sont de vrais leviers dans ce cadre.
  • A faire le deuil de certaines relations improductives, voire toxiques
  • A travailler sa gestion des émotions

Tout cela ne peut se faire seul, car une partie de nous-même tire dans le sens inverse de ces objectifs. C’est la raison pour laquelle j’ai créé la formation-action Masterclass HPI, durant laquelle nous travaillons tous ces facteurs et utilisons ces outils.

Pour aller plus loin

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Cyril Barbé

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