Pour une majorité des HPI que j’ai accompagnés, soit ils ont déjà entrepris, soit ils sont en cours, soit ils y réfléchissent sérieusement. Ce n’est pas que faire carrière dans le salariat soit impossible pour eux, non, mais ils sont très souvent attirés par une carrière entrepreneuriale.
Problème : leur difficulté à choisir un domaine d’activité, leur syndrome de l’imposteur, et leur haut niveau d’exigence font qu’ils ont souvent du mal à franchir le cap de la création, et y réussir.
Pourtant, cette voie présente de nombreux avantages pour eux, dont le fait d’éviter, ou tout du moins amortir, ce que j’appelle la « prise de conscience », dont je parle dans cet autre article, et qui génère un grand chambardement dans leur vie professionnelle et personnelle.
Découvrez dans cet article les atouts des HPI pour entreprendre, leurs freins, et surtout en quoi l’entrepreneuriat leur permet d’exprimer plus facilement et plus vite leurs pleins potentiels.
Les atouts des HPI dans l’entrepreneuriat
Leur esprit responsable
Avoir le sens des responsabilités est essentiel quand on se lance à son compte, puisqu’on ne peut compter sur personne d’autre que soi (au moins au départ) pour agir et atteindre ses objectifs. On ne peut rejeter la faute de l’erreur ou l’échec sur personne d’autre que soi. Or c’est une caractéristique des HPI que de savoir prendre leur part de responsabilité (parfois même trop).
Leur aptitude à la remise en cause
Si l’on poursuit dans cette idée, un entrepreneur qui réussit est aussi une personne qui sait ne pas s’obstiner, être à l’écoute, et se remettre en cause : là aussi, les HPI ont naturellement cette attitude.
Leur polyvalence et autonomie
On dit souvent du chef d’entreprise qu’il est un chef d’orchestre, ce qui est vrai. Mais avant de pouvoir orchestrer, il doit savoir faire un peu tout par lui-même : imaginer et concevoir son produit ou service, le mettre en œuvre, le vendre, savoir gérer au plan financier, être un bon planificateur, développer ses relations, mais aussi savoir faire appel quand il le faut à des experts. Et le cas échéant, il faut accepter d’apprendre tout cela si l’on n’est pas bon dans un de ces compartiments de jeu. Or les HPI apprennent vite et bien, à condition certes d’être motivés, et ils incarnent cette polyvalence depuis leur plus jeune âge.
Leur sens du marché
Quand j’accompagnais des créateurs d’entreprises entre 2005 et 2015, je disais que la première qualité pour réussir n’était pas de maîtriser la technique de « production » du produit ou service concerné (par exemple savoir coacher pour un coach), même si c’est important bien sûr, mais surtout de bien connaître son marché, et de savoir s’y adapter. Or les HPI ont cette sensibilité plus forte que la moyenne, qui leur permet de comprendre son marché, et cette aptitude à capter les signaux faibles pour s’y adapter en continu.
Leur aptitude à innover
Notre monde bouge, et de plus en plus vite, et une entreprise doit donc innover, quel que soit son domaine d’activité. Même les plus traditionnelles comme des artisans dans les métiers d’art ou de bouche doivent se réinventer en permanence. Or innover est une seconde nature chez les HPI, ils adorent ça et savent très bien le faire (là aussi parfois à l’excès).
Savoir prendre des risques calculés
Il y a 11 ans, Philippe Silberzahn a rendu public le travail de Saras Sarasvathy, une chercheuse américaine datant de 2001, sur les facteurs de réussite des entrepreneurs, au travers de son ouvrage « Effectuation : les 5 principes de l’entrepreneuriat pour tous », prenant à l’époque le contrepied de la démarche classique basée sur le business plan.
L’un de ces principes disait « savoir raisonner en perte acceptable ». Il s’agit de savoir investir une masse de temps et d’argent, tout en sachant qu’ils seront peut-être perdus in fine. C’est une façon plus rationnelle que de raisonner en « gain potentiel attendu », puisque la perte potentielle est contrôlable, contrairement au gain attendu dans le futur.
Et cette logique permet aussi de s’engager dans des voies plus audacieuses, que d’autres n’envisageront pas, et d’atteindre des résultats inatteignables dans des environnements très incertains, ce qui est depuis devenu la norme.
Or les HPI ont justement cet « amour du risque et du défi », pas celui du joueur compulsif, mais bien celui basé sur une « parfaite connaissance des dommages possibles, en vue d’un résultat qui en vaut la chandelle », comme l’exprime Monique de Kermadec dans son ouvrage « L’Adulte Surdoué ».
Savoir tirer parti des surprises
Un autre des 5 principes de l’effectuation dit « savoir tirer parti des surprises ». Dit-autrement de façon simpliste, il s’agit d’adapter les buts au contexte, et non pas d’essayer de changer son contexte en fonction d’objectifs prédéfinis et immuables. Or les HPI ont cette grande capacité d’adaptation, tels les chats qui savent se remettre sur leurs pattes quelle que soit leur position lors d’une chute libre. Ils sont même passés maîtres dans l’adaptation, à tel point qu’ils sont souvent dans la sur-adaptation.
Savoir combiner les opposés
Un entrepreneur doit naviguer en permanence dans les opposés :
- Entre action immédiate et prévision à long terme
- Entre audace (savoir passer par des innovations de rupture) et prudence (savoir gérer en bon père de famille)
- Entre vision de détail (pour ne pas manquer les signaux faibles) et vision globale (pour savoir prendre les bons caps)
- Entre rationalité et intuition
- Entre persévérance (pour ne pas abandonner trop vite quand c’est difficile), et agilité (pour ne pas s’obstiner de façon stérile).
C’est là aussi une caractéristique très marquante des HPI : ils incarnent cette combinaison de polarités opposées (cf mon autre article). D’ailleurs dans leur esprit il ne s’agit pas de contraires, mais bien de dimensions complémentaires qui ne s’opposent pas, ce qui constitue un état d’esprit différent.
Les freins et difficultés des entrepreneurs HPI
Ils ont du mal à [se] vendre, et à vendre au bon prix
Comme je l’explique dans cet autre article, les HPI ont du mal à se mettre en avant, car ils ont le syndrome de l’imposteur, pensant ne jamais être à la hauteur des attentes des autres. Ils veulent aussi éviter à tout prix de paraître comme prétentieux, arrogants, ou individualistes, des attitudes qui les horripilent. Et ils ont aussi un rapport complexe à l’argent. Tout ceci fait qu’ils ont du mal à se vendre, et donc à vendre leurs produits. Sauf dans un cas : lorsqu’ils ne sont pas entrepreneurs, car en vantant leurs produits, ils mettent en avant leur entreprise, et non pas leur personne.
Et quand ils sont entrepreneurs, ils ont aussi du mal à se vendre au bon prix, car ils ont un excès d’empathie, voire de compassion, pour leurs clients – sont-ils assez riches pour se payer mes services, n’ont-ils pas (eux-aussi) leurs difficultés à exister ? – et ils pensent que leurs produits ou services (et donc eux-mêmes) ne méritent pas tout cet argent.
Ils ont du mal à choisir et se focaliser sur un seul projet
La multiplicité est ce qui décrit les HPI d’une façon générale. Ils s’intéressent à tout, ont mille idées à la minute, passent facilement du coq à l’âne, et en oublient vite leur idée de départ, et ont une fâcheuse tendance à se disperser. Plus encore, ils ont tendance à abandonner facilement un projet, au prétexte qu’ils trouvent cent raisons pour lesquelles il ne fonctionnera pas, avant même d’avoir pu le tester.
Or pour réussir à vendre, un entrepreneur doit savoir se focaliser, et exprimer son projet, son idée, en une phrase, simple et concise, facilement compréhensible – son fameux pitch. La dispersion est donc l’ennemi numéro 1 du HPI créateur d’entreprise.
Ils peuvent quand même réussir à conduire 2 projets à la fois, comme je l’explique dans cet autre article, mais ce n’est pas simple.
L’entrepreneuriat est une voie plus simple pour les HPI pour s’épanouir pleinement
En quoi l’entrepreneuriat leur permet de s’épanouir pleinement plus facilement et plus rapidement ?
- Ils peuvent choisir leur domaine, y compris un domaine complexe, qui n’existait pas encore, ce qui leur convient très bien
- Ils peuvent y trouver l’autonomie et la liberté qu’ils trouveront plus difficilement dans le salariat, et qui sont essentielles à l’expression de leur personnalité si spécifique, de leurs atouts et leurs forces
- Plus généralement, ils ne sont pas bridés par un management trop contrôlant, qui les éteint à petit feu, voire les conduit au burn-out ou au bore-out.
- Ils seront moins dans la sur-adaptation aux autres, et risquent moins de vivre ce que j’appelle la prise de conscience brutale dont je parle en introduction, et donc leur éviter de perdre plusieurs mois ou années de leur vie à se reconstruire
- Ils vont donc apprendre plus vite à mieux se connaître, et mieux s’interfacer au monde, et ainsi être mieux en mesure de déployer leurs pleins potentiels.
A ce titre, j’ai l’exemple de nombreux amis entrepreneurs, qui se sont découverts HPI sur le [très] tard, mais sans que cela ne soit en aucun cas un problème pour eux : en effet, leur vie d’entrepreneur leur a servi d’une certaine façon à travailler sur eux-mêmes, et à se créer un environnement qui leur soit pleinement favorable. Et donc ils ont pu exprimer leurs potentiels plus librement et facilement.
Pour aller plus loin
Vous aspirez à tous ces objectifs ?
- Mieux comprendre les modes de fonctionnement des HPI / multi-potentiels,
- Savoir comment exploiter vos pleins potentiels, et les valoriser,
- Surmonter la procrastination, vous permettre un engagement durablement dans l’action,
- Echanger entre pairs avec des personnes qui vous ressemblent et vous comprennent,
- Et in fine, vous permettre d’atteindre vos objectifs et vos ambitions
Participez à ma formation Masterclass HPI :
Et pour ne rien perdre de mon actualité c’est ici.
Cyril Barbé