HPI, multi-potentiels : réussir à exprimer vos pleins potentiels quand on est différent, l’exemple inspirant de Katherine Johnson.

S’inspirer de modèles de personnages qui nous ressemblent et qui ont réussi est, selon moi, un puissant moyen de déployer ses propres ailes. Après Lucien Servanty et Madonna, Katherine Johnson est un autre exemple inspirant de réussite pour des HPI (*), qui a su surmonter les a priori, y compris sur sa couleur de peau dans une société qui vivait encore les scories de la ségrégation.

Katherine Johnson était une mathématicienne américaine, devenue ingénieure spatiale entrée à la NACA (devenue la NASA) en 1953, et grande pionnière dans les premiers calculs de trajectoires orbitales. Elle est notamment connue pour avoir calculé les trajectoires et procédures de secours pour le premier vol orbital américain, et pour les rendez-vous en orbite lunaire du programme Apollo, une phase considérée comme cruciale pour sa réussite.

Elle est aussi une des héroïnes du livre et du film Les Figures de l’Ombre sorti en 2016.

Katherine a dû se battre pour être reconnue dans son expertise, qui plus est en tant que femme, et de couleur noire. Et cette double différence a sans doute contribué à son envie de bousculer les ordres établis. Comment les HPI d’aujourd’hui peuvent, eux aussi, y trouver la force et l’obstination pour faire valoir l’utilité de leur différence dans un monde aussi complexe ? Découvrez-le dans cet article.

(*) Un autre terme pour HPI est surdoué, qui se traduit en anglais par « gifted », qui veut dire « doué ». J’aime ce mot, qui ne les place pas au-dessus des autres (chacun ayant sa propre forme d’intelligence), et dont la racine est le mot « gift » qui veut dire cadeau.

Différence cérébrale, différence raciale

Katherine a certes un don en matière de mathématiques, mais elle a aussi et surtout la peau noire, un véritable handicap dans l’Amérique des années 30, période où elle fait ses études.

Très jeune, elle saute plusieurs classes, mais son établissement, dédié aux seuls enfants noirs, ne va pas au-delà des classes de primaire. Ses parents déménagent donc à l’autre bout de l’état de Virginie Occidentale, pour qu’elle puisse y poursuivre ses études. Elle obtient le bac à l’âge de 14 ans, et une bourse pour entrer à l’Université, fait rarissime pour les jeunes noirs.

Mais les débouchés professionnels en mathématiques pour une femme noire sont très limités : elle n’a guère d’autre choix que d’embrasser une carrière d’enseignement, qui à l’époque est très mal rémunérée.

La personnalité de Katherine Johnson

Son intelligence exceptionnelle

Les compétences et aptitudes exceptionnelles en mathématiques de Katherine Johnson lui ont permis de rapidement se rendre indispensable au sein de l’unité de la NACA spécialisée dans la recherche aéronautique, puis d’être pleinement affectée à la division de recherches en vol.

Des astronautes célèbres tels que John Glenn ont exigé que les calculs de trajectoire orbitale effectués par les ordinateurs soient vérifiés spécifiquement par elle, car ils avaient toute confiance en ses capacités hors normes et son perfectionnisme, et on les comprend car leur vie était en jeu !

Son éclectisme et sa curiosité

Elle était passionnée par les mathématiques dès son plus jeune âge, mais elle a aussi excellé à l’école en orthographe et grammaire, mais aussi dans l’apprentissage des langues, qui la passionnait (elle a notamment appris le français, qu’elle a même enseigné). A l’université, son professeur mentor lui a créé un cursus spécialement dédié en maths, pour qu’elle puisse apprendre davantage que le programme proposé à tous les étudiants de son niveau.

Sa force de caractère et sa persévérance

Malgré les barrières raciales et de genre qu’elle a dû surmonter, Katherine n’a jamais laissé ces obstacles entraver sa détermination à réussir. Elle a toujours su défendre ses idées avec obstination et persévérance, que ce soit pour être admise à l’université, pour poursuivre après sa licence, ou encore pour obtenir le même type de travail que les hommes à la NASA.

Son humilité et sa simplicité, son appétence pour apprendre

Malgré ses réalisations remarquables, dignes des plus grands pionniers dans son domaine, Katherine attribuait souvent ses succès à son amour du travail, et à sa volonté de toujours apprendre et résoudre des problèmes. Elle a su aussi patienter que les opportunités se présentent à elle, acceptant pendant des années d’effectuer des tâches fastidieuses, comme le fait de récolter les données issues des boites noires d’avions lors de catastrophes aériennes.

Son engagement dans le travail, son souci des détails

Elle était profondément engagée dans son travail, prête à consacrer des heures pour s’assurer que ses calculs étaient exacts. Son souci du détail en géométrie analytique et en calcul de trajectoire des engins spatiaux la conduit à être reconnue comme ayant les résultats les plus précis du groupe Space Task Force dont elle faisait partie, et a joué un rôle crucial dans la réussite de plusieurs vols spatiaux des USA.

Lors de la célèbre mission Apollo 13, où 3 astronautes ont failli mourir, Katherine Johnson et son équipe ont travaillé d’arrache-pied pour calculer la meilleure trajectoire possible pour rapatrier en vie les astronautes sur Terre, faisant dire au directeur de vol Gene Kranz, que cette mission était « un échec réussi ».

Son esprit collaboratif

Bien qu’elle ait été une pionnière et bien plus performante que ses collègues – y compris masculins, elle a toujours été une fervente défenseur du travail collaboratif, expliquant régulièrement le rôle clé de l’intelligence collective dans la réussite de projets complexes. Son attitude respectueuse et ouverte a toujours favorisé un climat favorable à l’apprentissage mutuel et à la coopération, malgré la discrimination dont elle faisait régulièrement l’objet.

Le parallèle avec les modes de fonctionnement HPI

Quels modes de fonctionnement spécifiques aux HPI retrouve-t-on chez Katherine Johnson ?

  • Une intelligence exceptionnelle, des aptitudes mentales hors du commun
  • Un intérêt pour un grand nombre de domaines, une grande curiosité
  • Un caractère très affirmé, capable de s’afficher à contrecourant de la majorité
  • Une grande humilité et simplicité
  • Une aptitude et appétence à apprendre dans beaucoup de domaines, une capacité de travail considérable
  • Un engagement à 200% dans les sujets qui les passionnent
  • Un grand sens du détail, qui leur fait capter des signaux que ne captent pas la plupart
  • L’aptitude à bousculer les ordres établis, et faire régner la justice
  • Une appétence et une aptitude à l’intelligence collective

En quoi l’exemple de Katherine Johnson peut être inspirant pour les HPI aujourd’hui ?

Certes le monde anglo-saxon – et les USA en particulier – sont sans doute moins conservatistes que « l’ancien monde » (dont la France) sur la différence et les profils atypiques, quand il s’agit de recruter les profils les plus performants. Mais parallèlement, Katherine a dû faire face à une triple ségrégation : en tant que surdouée, en tant que noire, et en tant que femme.

Et si cette multiplication des difficultés avait été une des clés de sa force et sa résilience ? Et si les HPI pouvaient, eux-aussi, trouver une obstination fructueuse dans leurs difficultés, et ainsi contribuer à changer notre société ? Et s’ils avaient un rôle majeur à y jouer grâce à leurs talents si particuliers ?

Comment les faire valoir ?

  • En en prenant conscience : Katherine Johnson a su écouter ses professeurs, certes encourageants, et mettre à profit son don en mathématiques, et faire fi d’un contexte stigmatisant les noirs et les femmes dans son métier.
  • En apprenant à assumer pleinement vos différences, vos talents, comme Katherine a su faire remarquer sur « si le travail était fait correctement, son genre et sa couleur de peau importait peu » : le même raisonnement est valable pour des personnalités atypiques, qui peuvent déranger.
  • En apprenant à identifier les emplois et environnements professionnels qui vous conviennent : des projets / mission suffisamment ambitieux et complexes, un management (ou des associés) bienveillant, ouvert à la différence, et qui favorise l’autonomie et la responsabilisation.
  • En sachant aussi, comme Katherine, saisir les opportunités de carrière quand elles se présentent, et oser postuler à des fonctions qui vous conviennent mieux.
  • En osant exprimer vos intuitions originales, comme le fit Katherine en affirmant, que les ordinateurs ne remplaceraient pas l’humain, mais que ce dernier aurait un rôle clé dans leur bonne programmation, une idée visionnaire. Mais convaincre de la pertinence de ses intuitions est très difficile, et nécessite d’avoir une bonne estime de soi.
  • En travaillant sur vos émotions souvent débordantes, qui peuvent vous faire prendre des décisions ou réagir de façon inappropriée, et vous décrédibiliser aux yeux d’une hiérarchie ou de clients : Katherine fut un exemple de contrôle d’elle-même en toute situation, malgré l’adversité et la mauvaise foi auxquelles elle a fait face.

Pour aller plus loin

Vous aspirez à tous ces objectifs ?

  • Mieux comprendre les modes de fonctionnement des HPI / multi-potentiels,
  • Savoir comment exploiter vos pleins potentiels, et les valoriser,
  • Surmonter la procrastination, réussir à vous engager durablement dans l’action,
  • Echanger entre pairs avec des personnes qui vous ressemblent et vous comprennent,
  • Et in fine, atteindre vos objectifs et vos ambitions

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Cyril Barbé

NB : Katherine Johnson s’est éteinte le 24 février 2020 à l’âge de 101 ans.

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