Une formation au bonheur ?

Il y a 18 mois, j’écrivais une série de 3 articles, sur le bonheur. C’est une question très personnelle me direz-vous, et vous aurez parfaitement raison.

Alors pourquoi parler de formation au bonheur ? Vous connaissez tous des personnes qui ont tout ce qu’il faut pour être heureux – argent, conjoint, beauté, enfants, santé … – mais qui sont de perpétuels malheureux. Et vous connaissez aussi certainement des personnes à qui il arrive les pires malheurs, mais qui réussissent malgré tout à être et rayonner le bonheur autour d’eux. Comment est-ce possible ?

Depuis une vingtaine d’année, des chercheurs (*) se sont penchés sur cette question et ont démontré qu’il existe des personnes plus aptes au bonheur que d’autres, et ce quel que soit les événements qui leur arrivent. Plus encore, ils ont identifié les clés qui facilitent cet accès au bonheur.

Bien sûr, être en mesure de s’acheter une belle voiture, de beaux bijoux, les plus beaux habits, les meilleurs restaurants, de fantastiques vacances sur une île paradisiaque, contribue à une certaine forme de bonheur. Il s’agit là du bonheur hédonique, celui qui permet de se sentir bien au quotidien, selon les chercheurs.

Mais les êtres humains que nous sommes avons toujours tendance à accorder plus d’importance à ce qui est dangereux pour nous que ce qui nous fait du bien, un biais cognitif connu sous le nom de Biais de Négativité. Il nous était très utile pour assurer notre survie il y a des dizaines de milliers d’années, mais il n’est pas ou peu pertinent aujourd’hui. En effet, c’est aussi ce biais négatif qui nous fait revenir au niveau de bonheur initial quelques mois, voire quelques jours, après avoir vécu un heureux événement : cadeau de noël, mariage, gros lot du loto, etc … Et qui ainsi nous empêche ainsi de profiter pleinement de ce bonheur instantané.

Alors comment certains arrivent-ils à être heureux, malgré ce biais négatif ? Par un épanouissement sur le plus long terme, ce que les chercheurs appellent le bonheur eudémonique. Par exemple, en s’investissant dans nos relations, qu’elles soient familiales ou amicales. Ou encore en passant son temps à apprendre de nouvelles choses, en s’investissant dans des causes qui nous tiennent à cœur. Ou en s’investissant dans un travail qui nous passionne : Confucius disait « Choisis un travail que tu aimes, et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie. »

Il n’est pas là question d’opposer bonheur hédonique et eudémonique : chacun d’entre nous avons besoin d’un juste équilibre entre les deux pour être bien. Cet équilibre est d’ailleurs indispensable quand l’un des deux piliers vient à faiblir.

Combien d’entre-vous sont réellement passionnés par leur travail, et les conditions dans lesquelles ils l’exercent ? Combien de temps encore estimez-vous légitime de devoir supporter un travail qui ne vous convient pas, dans lequel vous ne vous épanouissez pas, qui ne prend pas en compte votre personnalité, votre excellence ? Car oui, chacun d’entre nous disposons d’une forme d’excellence. Là aussi des chercheurs (Peterson, Myers, Seligman) ont identifié que les chaque être humain dispose en lui de Forces de Signature, qui le caractérisent de façon uniques, et qui lui permettent d’être authentique et performant, et de gagner en énergie, quand il les a identifiées et qu’il sait s’appuyer sur elles. Encore faut-il en avoir conscience ?

Alors combien de temps encore attendrez-vous pour connaître vos Forces, savoir comment en tirer des bénéfices pour vous, pour votre travail, vos relations aux autres, et ainsi vous épanouir pleinement ?

Au sujet du biais de négativité, les chercheurs ont aussi fait une découverte : c’est l’entrainement régulier, tout comme pour les langues vivantes ou le sport, qui font que l’on va plus facilement porter son attention sur les choses positives qui nous arrivent, et ainsi être durablement plus heureux. Comment s’entraîner ? Par exemple en utilisant les 3 kifs par jour de Florence Servan-Schreiber, une méthode que j’ai moi-même testée avec succès lorsque tout allait « au plus mal » …

Les chercheurs ont aussi constaté que le bonheur était une conjonction de fonctionnements optimaux sur divers aspects : la confiance en soi et l’estime de soi, la motivation, la gestion des émotions, la résilience (dont les mécanismes sont très liés à nos primes déformants de perception de la réalité), ou encore à nos relations aux autres. Pour tous ces aspects, une abondante recherche scientifique existe, désormais traduite en concepts facilement assimilables au travers d’activités concrètes et ludiques, qui permet de se former de façon très accessible, et ainsi apprendre à devenir plus heureux …

Cette formation, je l’anime depuis 3 ans avec près d’une centaine de personnes formées, issues de tous horizons, dirigeants, managers, collaborateurs, personnes en transition professionnelle, des consultants et coaches qui cherchent à élargir leurs domaines de compétences, professionnels de l’éducation, de la santé, … Le point commun entre toutes ces personnes ? Elles sont ressorties avec un niveau de bonheur bien supérieur, des idées claires sur leur projet professionnel ou sur la façon de manager ou d’accompagner de façon plus performante.

C’est une formation de 4 jours (2 + 2), basée sur la recherche scientifique en psychologie positive, dont elle reprend les principaux concepts-clés, axée autour d’une pédagogie active, qui vous place en permanence en situation, condition pour réellement progresser. Je m’appuie également beaucoup sur la diversité des profils au sein du groupe et les enrichissements croisés, en favorisant largement les échanges.

Prochaines sessions :

  • Rennes : les 28-29 septembre, 14-15 octobre
  • Lyon : les 16-17 novembre, 9-10 décembre
  • Paris : les 18-19 janvier, 10-11 février 2021

Alors c’est quand le bonheur pour vous ?

En savoir plus

(*) Parmi les chercheurs du bonheur, on trouve Sonja Lyubomirsky, Martin Seligman aux USA, ou encore Jacques Lecomte en France.

A distance …

A distance, c’est le nouveau terme à la mode ces dernières semaines. Travailler à distance, gestion de projet à distance, formation à distance (ou distancielle), manager à distance, prendre le contrôle de l’écran ou partager son propre écran à distance, garder le lien avec ses collègues à distance, garder le lien avec ses proches à distance, et bien sûr … rester à distance réglementaire pour notre santé à tous.

C’est une contrainte nouvelle qui nous bouscule et peut avoir des conséquences délétères à terme, mais j’y vois néanmoins plein d’aspects positifs :

  • D’abord cette profusion soudaine d’offres de formations à distance est une opportunité pour chacun d’entre nous, et la contrainte nous conduit à surmonter nos craintes et nos freins naturels dans ce type de mode d’apprentissage.
  • Nous progressons de façon fulgurante dans tous ces outils de visio-conférence : Teams, Zoom, Hangouts, et autre Discord …, et découvrons finalement que beaucoup de tâches collectives peuvent être menées sans être physiquement dans la même salle.
  • Ceci a pour conséquence une soudaine appétence pour le télétravail, avec des impacts significatifs à terme sur le temps et la fatigue gagnés dans les transports, et sur la baisse de la pollution.
  • Nous prenons – enfin ? – le temps d’appeler régulièrement nos contacts, nos proches, pour prendre des nouvelles et les écouter pleinement.
  • Plus encore, cette distance physique nous aide à prendre une distance morale et psychique avec les événements, les personnes, et la vie en général. Cette prise de recul forcée est assez salutaire en ce qui me concerne, pour réfléchir plus sereinement, plus objectivement, une fois le pic des émotions passé.

A l’inverse bien sûr il s’agit d’être vigilant aux inconvénients de cette situation.

Je pense en priorité aux managers dont l’éloignement physique les coupe d’une part importante d’informations relatives à leurs collaborateurs, que les échanges vocaux ou mêmes vidéos ne peuvent apporter. Or manager est déjà un art difficile en temps normal, qui plus est dans notre monde changeant, incertain et complexe. Leur rôle est donc plus difficile, et l’accompagnement par leur propres managers se fait lui aussi … à distance.

Je pense ensuite à tous les salariés qui travaillent à domicile, qui en général ne disposent pas d’un environnement propice au travail : pas de bureau dédié, les enfants présents à la maison, et surtout le manque de repère face au « blurring », cette disparition des barrières entre vie professionnelle et vie personnelle. Là aussi tous ces salariés ont besoin d’être aidés, accompagnés, conseillés, pour faire face à cet enjeu.

A ce sujet les étudiants font face à des difficultés comparables, de réussir à se motiver durablement quand il n’y a plus de rencontre physique, presque plus d’obligation à se lever le matin, qu’il est beaucoup plus difficile de s’entraider, techniquement ou moralement, et que le cerveau s’embrume vite face à la complexité de leurs sujets et juste une petite heure quotidienne maximum d’exercice physique.

Que dire des dirigeants ? Leur vie qui était jusque là faite de mouvement perpétuel, tant mental que physique, de relations avec les autres (en particulier les clients), d’échange, de réseautage, se sont vus soudain couper la plupart de leurs possibilités. L’incertitude quant à la pérennisation de leur chiffre d’affaires ajoute au stress, déjà élevé en temps normal. Ceux-ci sont aussi habitués à faire face, quoi qu’il advienne, mais dans ce contexte particulier, le coup de collier supplémentaire risque de leur faire dépasser leurs limites physiques et psychiques.

Comment faire face à ces enjeux ?

Plus que jamais nous avons tous, quelle que soit notre situation, besoin d’aide et de soutien. Ce qui est déjà utile en temps normal – l’esprit d’équipe et de solidarité – est aujourd’hui vital.

Échanger avec ses pairs, pour découvrir et comprendre comment chacun se débrouille, fait face aux difficultés, arrive à se ressourcer malgré un rythme inhabituel. Il s’agit donc d’identifier ses réseaux les plus pertinents, et pas seulement celui de ses collègues. Il s’agit aussi d’adapter les canaux de communication : remplacer les rendez-vous physiques qui ne sont plus possibles par des échanges téléphoniques ou visio, ce d’autant que le rythme de réunions étant moins élevé, vos interlocuteurs ont peut-être plus de disponibilités, même dans cette période tourmentée.

Cultivez un esprit et une attitude positive. Comme j’ai eu souvent l’occasion d’en parler, notamment dans cet article, cet état d’esprit permet d’entretenir l’espoir, et donc de conserver intactes toutes ses capacités cérébrales, particulièrement utiles pour trouver des solutions face à cette situation inédite. Il permet également de conserver des relations constructives avec les autres, ce qui est essentiel en ce climat anxiogène.

Oser demander de l’aide, ce qui en temps normal est considéré comme un aveu de faiblesse ou pire, d’incompétence, est désormais indispensable. Nous les hommes avons dans ce domaine un frein supplémentaire par rapport au femmes, du fait de l’image que nous nous faisons de ce rapport à l’aide de la part des autres.

Etre à l’écoute de son corps : qui d’entre-nous n’a pas ressenti ce syndrome paradoxal d’une fatigue plus importante, alors que nous ne bougeons quasiment plus, que nous n’avons plus depuis 2 mois de fatigue ou stress lié au transport ? Après des heures passées devant un clavier et un écran, nous imposant une posture fixe durant des heures, et un niveau élevé de concentration, notre corps ressent à la fois la lassitude, des tensions dans la nuque ou les poignets, et souvent le dos. C’est aussi notre corps qui sait si l’on a vraiment faim, ou seulement une furieuse envie de grignoter face au stress.

Donner aux autres ! Curieusement et paradoxalement, la recherche récente en neurosciences a montré que nous prenons plus de plaisir à donner qu’à recevoir (cf à ce sujet cet intéressant article d’Arthur Gauthier). Le plaisir à donner, combiné à la relation créée ou renforcée grâce à ce don, sont autant d’opportunités positives pour notre futur. Cerise sur le gâteau, lors de ce type de contact, nous apprenons au moins autant que nous donnons. C’est dans cet esprit que j’ai décidé de proposer une séance de coaching gratuit à tout nouveau client à titre d’essai, qu’il soit professionnel ou particulier.

Cyril Barbé