Être heureux rend durablement plus performant …

Oui la recherche scientifique l’a montré, être heureux rend plus performant.

Il ne s’agit pas d’une performance à court terme, celle que l’on obtient à coups de bâton ou carotte, dont là aussi la recherche a montré que ses effets sur la motivation et les résultats sont quasi inexistants. Il s’agit d’une performance durable, authentique, celle qui vous met en énergie et optimise vos efforts, même s’ils sont nécessaires.

Qu’entend-on par être heureux ?

Chacun a certes sa propre vision du bonheur. Mais vous connaissez tous des personnes de votre entourage qui ont une aptitude naturelle à être heureux plus élevée que la moyenne, même lorsque les événements semblent contre eux. Et d’autres qui à l’inverse, sont toujours malheureux malgré une vie “normale”.

Bien sûr, l’école ou l’entreprise n’ont pas pour mission première de rendre les êtres humains heureux. Mais quand on sait que le bien-être est un facteur important, non seulement de la motivation, mais aussi des résultats, alors on comprend pourquoi c’est devenu une préoccupation pour un nombre croissant d’entre elles.

A l’école tout d’abord : le Ministère de l’Éducation Nationale et les directions diocésaines ont fait des compétences psycho-sociales une de leurs priorités, et les établissements sont de plus en plus nombreux à mettre en œuvre des programmes de formation de leurs enseignants et encadrants dans ce but.

Les entreprises ensuite, après s’être penchées sur l’ergonomie des postes de travail il y a quelques décennies, élargissent aujourd’hui cette question au travers d’un plan QVT, ou Qualité de Vie au Travail. Il ne s’agit pas juste de changer la décoration, installer un baby-foot, ou encore organiser des petites fêtes entre collaborateurs, comme certains tendent à résumer ce sujet, même si ce type d’action peut y contribuer. D’autres vont plus loin en s’interrogeant et en expérimentant sur leur modèle managérial pour favoriser ce bien-être durable. Manager coach, leader serviteur, holacratie, ou encore management libéré, se développent à grande vitesse, avec presque toujours des résultats impressionnants (cf ouvrage de Jacques Lecomte – “Les entreprises humanistes, comment elles vont changer le monde”).

Il s’agit surtout de s’intéresser aux facteurs profonds qui ont un impact sur le fonctionnement optimal des êtres humains : quels sont les mécanismes de la motivation durable, de la confiance en soi et la confiance entre les personnes, quels sont les ingrédients pour des relations fructueuses entre les salariés, comment favoriser l’intelligence collective, la coopération, la responsabilisation ?

Expert praticien en psychologie positive au travail, et formateur certifié en éducation positive, ce sont mes sujets quotidiens avec mes clients, écoles et entreprises.

Cyril Barbé

En savoir plus sur le bonheur et la performance en entreprise

 

Les secrets du bonheur (1/3)

Le bonheur est une question très personnelle me direz-vous, et vous aurez parfaitement raison.

Alors comment puis-je me permettre de vous parler de secrets du bonheur dans cette lettre d’information ? Parce que depuis une vingtaine d’année, des chercheurs se sont penchés sur cette question et ont démontré qu’il existe des personnes plus aptes au bonheur que d’autres, et ce quel que soit les événements qui leur arrivent. Plus encore, ils ont identifié les critères objectifs qui facilitent cet accès au bonheur, ce que je me permets d’appeler les “secrets”.

Vous tous en effet, vous connaissez autour de vous des personnes qui ont cette capacité à sourire à la vie, même dans les moments les plus difficiles, même quand ils sont frappés par le deuil, la maladie, ou la pauvreté. A l’inverse vous en connaissez tous aussi qui sont toujours malheureux, malgré une vie bien remplie et l’absence d’ennuis sérieux.

L’argent ne fait pas le bonheur dit l’adage. Les chercheurs ont démontré que, plus précisément, cela est vrai au delà d’un seuil de revenu minimal, qui permet de vivre décemment. Donc, au delà de ce seuil, vouloir toujours plus d’argent nous envoie dans une fausse direction si l’on cherche un bonheur durable.

Bien sûr, être en mesure de s’acheter une belle voiture, de beaux bijoux, de fantastiques vacances sur une île paradisiaque permet un certain bonheur. Il s’agit là du bonheur hédonique. Celui qui permet de se sentir bien au quotidien, selon les chercheurs.

Mais les êtres humains que nous sommes avons toujours tendance à accorder plus d’importance à ce qui est dangereux pour nous que ce qui nous fait du bien, ce que l’on appelle le Biais Négatif. Sans doute des restes de notre cerveau reptilien pour assurer notre survie, mais c’est un réflexe qui est devenu moins pertinent aujourd’hui. En effet, c’est ce biais négatif qui nous fait revenir au niveau de bonheur initial quelques mois voire quelques jours après avoir vécu un heureux événement : cadeau de noël, mariage, gros lot du loto, etc … Et qui ainsi nous empêche de profiter pleinement de ce bonheur instantané.

Alors comment certains arrivent-ils à être heureux, malgré ce biais négatif ? Par un épanouissement sur le plus long terme, ce que les chercheurs appellent le bonheur eudémonique. Par exemple, en s’investissant dans nos relations, qu’elles soient familiales ou amicales. Ou encore en passant son temps à apprendre de nouvelles choses. Ou encore en s’investissant dans des causes qui nous tiennent à cœur. Ou bien en s’investissant dans son travail, car oui, le travail est une source de bonheur importante pour tous.

Mais me direz-vous, on ne devient pas heureux juste parce que l’on s’investit dans des objectifs personnels ou professionnels à long terme ? Vous avez raison, il n’est pas question d’opposer ces deux formes du bonheur. Tout au contraire, toujours selon ces chercheurs (*), le secret d’un bonheur durable serait de réunir ces deux composantes complémentaires. C’est la raison pour laquelle, par exemple, les personnes qui sont très tournées vers les autres ne peuvent être durablement heureuses : elles doivent en parallèle aussi savoir se ménager des petits moments pour elles.

Alors résumons-nous pour ce premier “secret” du bonheur :

  • Au delà d’un seuil minimal pour vivre décemment, l’argent seul ne fait pas le bonheur.
  • Nous sommes tous soumis au Biais Négatif, qui tend à nous faire revenir au même niveau de bonheur quelques temps après les événements heureux.
  • Il existe deux sortes de bonheurs : hédonique (être bien, vision du présent), et eudémonique (s’épanouir, se fixer des objectifs dans le temps, permettant la croissance sur le long terme).
  • Un bonheur durable s’appuie sur les deux dimensions : hédonique et eudémonique.

Rendez-vous ici pour découvrir le secret n°2 du bonheur.

(*) Parmi les chercheurs du bonheur, on trouve Sonja Lyubomirsky, Martin Seligman, ou encore Jacques Lecomte en France.