Conférence 50ème anniversaire Apollo – Vannes

Date et heures de la conférence

Mercredi 12 juin de 19h00 à 21h00
Accueil à partir de 18h45
Suivi d’un pot convivial de 21h00 à 22h00 pour poursuivre les échanges avec le conférencier.

Lieu de la conférence

ICAM Bretagne
9 rue du Commandant Charcot
VANNES

Ouverte à tous publics

Inscriptions

Tarif normal = 15 euros
Tarif réduit = 5 euros (étudiants, jeunes de moins de 18 ans, demandeurs d’emploi, bénéficiaires des minima sociaux – sur présentation d’un justificatif).

Lien d’inscription

Cadeau surprise sur tirage au sort

Lors de la soirée, un cadeau surprise sera offert à 3 participants présents …

Conférence 50ème anniversaire Apollo – Redon

Date et heures de la conférence

Mercredi 5 juin de 19h00 à 21h00
Accueil à partir de 18h45
Suivi d’un pot convivial de 21h00 à 22h00 pour poursuivre les échanges avec le conférencier.

Lieu de la conférence

ESLI – Campus ESPRIT Industries
26 Quai Surcouf
REDON

Ouverte à tous publics

Inscriptions

Tarif normal = 15 euros
Tarif réduit = 5 euros (étudiants, jeunes de moins de 18 ans, demandeurs d’emploi, bénéficiaires des minima sociaux – sur présentation d’un justificatif).

Lien d’inscription

Cadeau surprise sur tirage au sort

Lors de la soirée, un cadeau surprise sera offert à 3 participants présents …

Être heureux rend durablement plus performant …

Oui la recherche scientifique l’a montré, être heureux rend plus performant.

Il ne s’agit pas d’une performance à court terme, celle que l’on obtient à coups de bâton ou carotte, dont là aussi la recherche a montré que ses effets sur la motivation et les résultats sont quasi inexistants. Il s’agit d’une performance durable, authentique, celle qui vous met en énergie et optimise vos efforts, même s’ils sont nécessaires.

Qu’entend-on par être heureux ?

Chacun a certes sa propre vision du bonheur. Mais vous connaissez tous des personnes de votre entourage qui ont une aptitude naturelle à être heureux plus élevée que la moyenne, même lorsque les événements semblent contre eux. Et d’autres qui à l’inverse, sont toujours malheureux malgré une vie “normale”.

Bien sûr, l’école ou l’entreprise n’ont pas pour mission première de rendre les êtres humains heureux. Mais quand on sait que le bien-être est un facteur important, non seulement de la motivation, mais aussi des résultats, alors on comprend pourquoi c’est devenu une préoccupation pour un nombre croissant d’entre elles.

A l’école tout d’abord : le Ministère de l’Éducation Nationale et les directions diocésaines ont fait des compétences psycho-sociales une de leurs priorités, et les établissements sont de plus en plus nombreux à mettre en œuvre des programmes de formation de leurs enseignants et encadrants dans ce but.

Les entreprises ensuite, après s’être penchées sur l’ergonomie des postes de travail il y a quelques décennies, élargissent aujourd’hui cette question au travers d’un plan QVT, ou Qualité de Vie au Travail. Il ne s’agit pas juste de changer la décoration, installer un baby-foot, ou encore organiser des petites fêtes entre collaborateurs, comme certains tendent à résumer ce sujet, même si ce type d’action peut y contribuer. D’autres vont plus loin en s’interrogeant et en expérimentant sur leur modèle managérial pour favoriser ce bien-être durable. Manager coach, leader serviteur, holacratie, ou encore management libéré, se développent à grande vitesse, avec presque toujours des résultats impressionnants (cf ouvrage de Jacques Lecomte – “Les entreprises humanistes, comment elles vont changer le monde”).

Il s’agit surtout de s’intéresser aux facteurs profonds qui ont un impact sur le fonctionnement optimal des êtres humains : quels sont les mécanismes de la motivation durable, de la confiance en soi et la confiance entre les personnes, quels sont les ingrédients pour des relations fructueuses entre les salariés, comment favoriser l’intelligence collective, la coopération, la responsabilisation ?

Expert praticien en psychologie positive au travail, et formateur certifié en éducation positive, ce sont mes sujets quotidiens avec mes clients, écoles et entreprises.

Cyril Barbé

En savoir plus sur le bonheur et la performance en entreprise

 

Les secrets du bonheur (3/3)

Dans mon précédent mail à ce sujet vendredi, je vous expliquais le modèle PERMA de Martin Seligman, comme acronyme des 5 facteurs favorisant le bonheur.

Aujourd’hui pour terminer ce triptyque, je vais vous parler de 3 choses en m’appuyant à chaque fois sur des éléments scientifiquement prouvés :

  • l’attention,
  • notre attitude
  • la plasticité cérébrale.

Attention d’abord. Comme je vous le disais dans mon premier post, le biais négatif est cette tendance naturelle à concentrer notre attention sur les choses et évènements négatifs. Les média en sont d’ailleurs une parfaite illustration. Or depuis quelques années, les neurosciences cognitives nous ont appris beaucoup de choses sur les mécanismes de l’attention, notamment ce que l’on appelle l’attention sélective : contrairement à un mythe célèbre, nous ne pouvons focaliser notre attention à la fois sur ce qui nous préoccupe, et à la fois sur les choses positives. Résultat, sans faire un effort cognitif volontaire, nous passons à côté d’un grand nombre d’opportunités de positiver.

Florence Servan Schreiber a très bien décrit dans son ouvrage « 3 kifs par jour » et ses conférences sur le même thème, comment cultiver le bonheur en portant une attention délibérée sur les choses positives de notre vie.

Notre attitude ensuite. Sonja Lyubomirsky, professeure en psychologie à l’Université de Riverside en Californie, auteure du livre « Qu’est-ce qui nous rend vraiment heureux ? », a démontré en effet que notre attitude peut considérablement augmenter le seuil de bonheur, et ce bien plus qu’un changement de conditions de vie. La preuve ? Ces célèbres personnages résilients, comme par exemple Philippe Croizon, amputé des 2 bras et des 2 jambes suite à un accident domestique, et qui déclare : « je suis presque plus heureux maintenant qu’avant ». Comment est-ce possible ? Au lieu de se concentrer sur les énormes difficultés auxquelles il a dû faire face, il s’est fixé des objectifs : traverser les plus grands détroits de la planète à la nage, établir des records de plongée en apnée, et même participer au Dakar. une de ses phrases résume bien cette question d’attitude : « J’ai décidé de vivre ».

Plasticité cérébrale enfin. Malgré les fantastiques découvertes réalisées depuis 30 ans grâce à l’imagerie médicale, nous ne sommes pas près de percer tous les mystères du cerveau. Une certitude cependant : notre cerveau est incroyablement plastique, c’est-à-dire qu’il possède une très forte capacité d’adaptation. La preuve ? Une étude scientifique conduite auprès de 79 chauffeurs stagiaires de taxi londoniens, devant mémoriser plus de 25000 rues sans GPS, a montré que l’hippocampe des 39 ayant réussi l’examen avait grossi de façon significative. Cette zone du cerveau est en effet celle dédiée à la mémoire à long terme et la navigation spatiale. Plus encore, des médecins ont constaté que cette plasticité cérébrale a permis à certaines victimes d’AVC le rétablissement de certaines fonctions perdues, comme la parole, ou certaines fonctions motrices.

Pourquoi parler de plasticité cérébrale ? Parce que c’est elle qui nous donne la capacité à tous de changer à la fois nos capacités d’attention et notre attitude, et donc d’acquérir cette fameuse aptitude naturelle au bonheur, quelles que soient les événements que nous vivons, positifs ou négatifs.

Résumons-nous :

  • Porter volontairement et régulièrement son attention sur les choses positives nous permet de renforcer durablement notre niveau de bonheur
  • Nous sommes tous maîtres de notre attitude face aux événements : ce choix conditionne largement notre niveau de bonheur
  • Grâce à la plasticité cérébrale, nous Nous tous d’une capacité à changer, et donc à acquérir les “compétences” d’un bonheur durable

Alors, après avoir découvert ces 3 « secrets », j’espère vous avoir convaincu que le fait que chacun d’entre nous avons une vision personnelle du bonheur n’est pas incompatible, loin s’en faut, avec le fait que l’on puisse tous délibérément agir pour renforcer durablement notre niveau de bonheur, comme une compétence que l’on acquiert.

Les secrets du bonheur (2/3)

Dans mon précédent mail à ce sujet mercredi, je vous expliquais que la recherche scientifique a identifié pour quelles raisons certains ont une aptitude naturelle plus importante au bonheur que d’autres, et surtout que cette aptitude n’est pas figée pour toujours, mais peut se développer comme toute compétence.

Aujourd’hui je veux vous parler de ces facteurs clés pour développer durablement son niveau de bonheur, quelle que soit votre vision personnelle de ce bonheur. Il s’agit du modèle scientifique PERMA, développé par Martin Seligman, chercheur en psychologie à l’Université de Pennsylvanie aux USA. Détaillons ensemble ce modèle.

Le P pour Positive Emotion : je vous parlais du biais négatif dans mon précédent post, ce réflexe humain naturel qui nous conduit à vivre plus d’émotions négatives que positives. La recherche a montré qu’il faut pour être heureux un équilibre constant entre émotions négatives et positives. Donc non, il ne faut pas que du positif contrairement à ce que l’on peut penser. Mais un ratio largement favorable aux émotions positives. Et chaque personne a la liberté et le pouvoir de créer les conditions, qui sont propres à chacun, pour vivre des émotions positives.

Le E pour Engagement. Une vie faite d’engagements dans la famille, la vie sociale, le travail, ou encore une cause quelle qu’elle soit, favorise les conditions d’un bonheur durable, en l’occurrence un bonheur plus eudémonique qu’hédonique.

Le R pour Relations positives. Ce n’est pas tant le nombre des relations et la nature des personnes avec lesquelles vous êtes en relation. Mais bien de la qualité des relations entretenues. La sincérité, l’authenticité, l’empathie, la bienveillance, la gratitude, sont autant d’ingrédients favorables à la qualité de ces relations. Une célèbre étude longitudinale de plus de 75 ans – l’étude Grant du nom de son initiateur – a montré que ces relations positives « nous gardent plus heureux et en meilleure santé ».

Le M pour Meaning (Sens). Il s’agit là d’avoir identifié ses valeurs personnelles, et de vivre en accord avec elles, quelles qu’elles soient. Il s’agit aussi de définir ses projets, de consacrer son temps, de façon cohérente avec vos valeurs et vos croyances. A ce sujet, il est aussi démontré scientifiquement que la foi, quelle que soit la religion pratiquée, favorise chez les croyants ont cette aptitude à trouver plus de sens à leur vie. Sans nécessairement être croyant, on peut y parvenir aussi en développant la dimension spirituelle de sa vie.

Et enfin le A pour Accomplissement. Il est au moins aussi important de s’engager dans des projets, des causes ou des relations, que d’atteindre les résultats que l’on s’est fixés. L’accomplissement de nos objectifs est en effet un facteur important de plénitude. D’où l’importance de savoir se fixer des objectifs, suffisamment ambitieux, mais pas trop (c’est un sujet sur lequel je reviendrai dans mon 3ème secret).

Alors résumons-nous :

  • Savoir favoriser au quotidien ses émotions positives
  • S’engager dans des causes, des projets, notre travail
  • Cultiver des relations de qualité, quelles que soient les personnes
  • Savoir quel sens on donne à son action et son temps, en cohérence avec soi
  • Et savoir se définir des objectifs et les atteindre

Rendez-vous ici pour découvrir le secret n°3 du bonheur.

Les secrets du bonheur (1/3)

Le bonheur est une question très personnelle me direz-vous, et vous aurez parfaitement raison.

Alors comment puis-je me permettre de vous parler de secrets du bonheur dans cette lettre d’information ? Parce que depuis une vingtaine d’année, des chercheurs se sont penchés sur cette question et ont démontré qu’il existe des personnes plus aptes au bonheur que d’autres, et ce quel que soit les événements qui leur arrivent. Plus encore, ils ont identifié les critères objectifs qui facilitent cet accès au bonheur, ce que je me permets d’appeler les “secrets”.

Vous tous en effet, vous connaissez autour de vous des personnes qui ont cette capacité à sourire à la vie, même dans les moments les plus difficiles, même quand ils sont frappés par le deuil, la maladie, ou la pauvreté. A l’inverse vous en connaissez tous aussi qui sont toujours malheureux, malgré une vie bien remplie et l’absence d’ennuis sérieux.

L’argent ne fait pas le bonheur dit l’adage. Les chercheurs ont démontré que, plus précisément, cela est vrai au delà d’un seuil de revenu minimal, qui permet de vivre décemment. Donc, au delà de ce seuil, vouloir toujours plus d’argent nous envoie dans une fausse direction si l’on cherche un bonheur durable.

Bien sûr, être en mesure de s’acheter une belle voiture, de beaux bijoux, de fantastiques vacances sur une île paradisiaque permet un certain bonheur. Il s’agit là du bonheur hédonique. Celui qui permet de se sentir bien au quotidien, selon les chercheurs.

Mais les êtres humains que nous sommes avons toujours tendance à accorder plus d’importance à ce qui est dangereux pour nous que ce qui nous fait du bien, ce que l’on appelle le Biais Négatif. Sans doute des restes de notre cerveau reptilien pour assurer notre survie, mais c’est un réflexe qui est devenu moins pertinent aujourd’hui. En effet, c’est ce biais négatif qui nous fait revenir au niveau de bonheur initial quelques mois voire quelques jours après avoir vécu un heureux événement : cadeau de noël, mariage, gros lot du loto, etc … Et qui ainsi nous empêche de profiter pleinement de ce bonheur instantané.

Alors comment certains arrivent-ils à être heureux, malgré ce biais négatif ? Par un épanouissement sur le plus long terme, ce que les chercheurs appellent le bonheur eudémonique. Par exemple, en s’investissant dans nos relations, qu’elles soient familiales ou amicales. Ou encore en passant son temps à apprendre de nouvelles choses. Ou encore en s’investissant dans des causes qui nous tiennent à cœur. Ou bien en s’investissant dans son travail, car oui, le travail est une source de bonheur importante pour tous.

Mais me direz-vous, on ne devient pas heureux juste parce que l’on s’investit dans des objectifs personnels ou professionnels à long terme ? Vous avez raison, il n’est pas question d’opposer ces deux formes du bonheur. Tout au contraire, toujours selon ces chercheurs (*), le secret d’un bonheur durable serait de réunir ces deux composantes complémentaires. C’est la raison pour laquelle, par exemple, les personnes qui sont très tournées vers les autres ne peuvent être durablement heureuses : elles doivent en parallèle aussi savoir se ménager des petits moments pour elles.

Alors résumons-nous pour ce premier “secret” du bonheur :

  • Au delà d’un seuil minimal pour vivre décemment, l’argent seul ne fait pas le bonheur.
  • Nous sommes tous soumis au Biais Négatif, qui tend à nous faire revenir au même niveau de bonheur quelques temps après les événements heureux.
  • Il existe deux sortes de bonheurs : hédonique (être bien, vision du présent), et eudémonique (s’épanouir, se fixer des objectifs dans le temps, permettant la croissance sur le long terme).
  • Un bonheur durable s’appuie sur les deux dimensions : hédonique et eudémonique.

Rendez-vous ici pour découvrir le secret n°2 du bonheur.

(*) Parmi les chercheurs du bonheur, on trouve Sonja Lyubomirsky, Martin Seligman, ou encore Jacques Lecomte en France.

Des formations pour concilier bien-être et performance au travail

Nous sommes de plus en plus envahis d’articles, de vidéos, de termes nouveaux sur cette question : le bien-être au travail. Pourquoi ce sujet émerge-t-il tant aujourd’hui ?

Sans doute parce que les besoins physiologiques fondamentaux (selon Maslow) sont généralement assurés pour tous nos collaborateurs, et que ceux-ci aspirent désormais à des besoins plus élevés comme celui d’appartenance ou d’accomplissement.

Une autre raison est que les missions demandées sont de plus en plus complexes, et qu’elles nécessitent une performance mentale plus importante, proche du contexte de compétition d’un sportif de haut niveau.

Enfin parce que les jeunes générations sont plus exigeants que leurs aînés, notamment pour vivre dans un environnement professionnel en phase avec leurs valeurs personnelles.

En tant qu’employeur, vous vous devez de prendre en compte ces nouvelles exigences. Vous êtes de plus en plus concernés par des métiers en tensions en matière de recrutement et de fidélisation. Mêmes les métiers dits attractifs ne sont plus protégés.

Comme pour les sportifs de haut niveau donc, vous devez comprendre comment favoriser le fonctionnement optimal de vos collaborateurs, et ce de façon durable. Vous devez donner du sens à leur action et développer en interne une posture managériale plus horizontale, plus ouverte et à l’écoute, plus authentique, inspirée notamment des pratiques de coaching.

Bonne nouvelle : depuis 20 ans des chercheurs se sont penchés sur cette question du fonctionnement optimal de l’être humain. Des experts ont formalisé ce savoir et d’autres, comme nous, ont traduit ce savoir en connaissance facilement compréhensible et applicable.

Cet article vous propose 3 nouvelles formations concrètes modulaires d’une journée répondant à ces attentes.

Motivation et engagement au travail

Intelligence émotionnelle

Développer son potentiel et celui de ses équipes par les forces

De l’utilité équivalente du pessimisme et de l’optimisme en entreprise

Le pessimisme a-t-il forcément que des effets délétères ? Peut-il être, tout comme l’optimisme, associé à des effets positifs, en particulier dans le champ professionnel ?

Il n’y a jamais eu autant d’actualité sur ces questions d’optimisme et de pessimisme. En particulier dans les pays développés, nous n’aurions parait-il jamais été aussi pessimistes. Nous, les français, serions d’ailleurs les champions dans ce domaine. Comment expliquer ce paradoxe ?

Il est vrai que depuis la fin des 30 glorieuses, ces 3 décennies situées entre la fin de la guerre et les premiers chocs pétroliers, nous vivons un monde où plusieurs facteurs externes évoluent plutôt négativement : un tassement de l’économie avec en plus une finance qui semble devenue folle, l’environnement avec le réchauffement climatique, la raréfaction des ressources, et leurs conséquences, le terrorisme, le nationalisme et le protectionnisme qui gagnent du terrain.

A toutes ces raisons plus ou moins objectives, s’ajoute un facteur humain bien connu : le biais négatif. C’est cette tendance naturelle de l’être humain à repérer en premier lieu ce qui peut constituer un risque pour nous, et donc les choses négatives. Cette tendance qui avait un rôle fondamental de survie il y a des dizaines de milliers d’années a moins de sens aujourd’hui, et se traduit par une omniprésence des catastrophes et événements négatifs dans les médias.

Le contexte spécifique du monde professionnel

Le contexte en entreprise est à nuancer. Les progrès en management ont conduit les dirigeants et encadrants à se concentrer de plus en plus sur le positif, et à apprendre à plus le valoriser, par exemple lors des entretiens individuels annuels.

De plus, l’entrepreneuriat est une valeur montante, aussi bien au sein des organisations que dans les médias. Or une des valeurs qu’il véhicule est l’optimisme, ou plus exactement la capacité à trouver toujours du positif et des enrichissements dans tous les événements, toutes les surprises, qu’elles soient bonnes ou mauvaises.

Ceci a conduit progressivement à une forme d’éloge de l’optimisme, qui tend ainsi à devenir une qualité objective qu’on ne pourrait discuter.

Une vision tronquée

Pour autant, l’optimisme ne doit pas être vu comme une pensée unique, seule vraiment porteur d’espoir et de progrès. L’excès d’optimisme constitue aussi un biais cognitif, qui peut conduire au mieux à sous-estimer les obstacles, au pire à l’inconscience voire aux comportements à risque.

Bien sûr à l’inverse, l’excès de pessimisme à ses effets : il conduit à l’immobilisme, au défaitisme, à l’abandon, à la diminution des attentes et des objectifs, et donc à une régression dans les résultats.

A cette analyse, Charles Martin-Krumm, professeur et expert international en Psychologie Positive, apporte un nouvel axe lié à la façon dont nous estimons que la chance comme facteur influant sur les événements : soit nous estimons que nous n’avons pas de contrôle sur ce qui nous arrive et nous considérons que seule la chance peut influer positivement sur ce qui nous arrive ; soit au contraire nous estimons que nous avons un contrôle sur les bonnes choses qui nous arrivent, et qu’attribuer ces bonnes choses à la chance est une perception erronée.

En croisant d’un côté cette notion optimisme versus pessimisme, et de l’autre cette perception chance versus contrôle, Charles Martin-Krumm distingue ainsi 4 typologies :

  • Facteur chance / optimisme : optimiste stratégique
  • Facteur chance / pessimisme : pessimiste normal
  • Facteur contrôle / optimisme : optimiste dispositionnel
  • Facteur contrôle / pessimisme : pessimiste défensif

L’optimiste stratégique comporte un biais : il ne veut pas entendre parler des obstacles potentiels sur sa route, et d’ailleurs ne s’y prépare jamais. En ce sens c’est une personne à risque.

L’optimiste dispositionnel aborde aussi les choses positivement, mais sans être dans un optimisme béat pensant que tout va s’arranger sans rien faire. Sans avoir la capacité naturelle du pessimiste défensif à imaginer les pires scénarios, il va surtout être capable de s’y adapter positivement.

A l’extrême opposé, le pessimiste normal imagine les pires scénarios, mais en plus, ne peut tirer parti de cet avantage d’une forme de lucidité, et se dire qu’il existe des façons de trouver du positif dans ces scénarios catastrophes.

Redonner sa valeur au pessimiste défensif en entreprise.

Enfin, dernier profil de ce schéma, le pessimiste défensif va certes avoir une attitude défaitiste comme tout pessimiste, mais essentiellement dans le but de se préparer à des obstacles potentiels, aussi bien au plan technique que psychologique. De ce point de vue, il présente à l’évidence des intérêts majeurs pour l’entreprise, qui est en permanence soumise à des environnements incertains et imprévisibles (cf concept VUCA développé par l’armée US).

Gaston Berger, l’inventeur de la prospective dans les années 50 disait : « l’avenir est moins à prédire qu’à inventer ». En ce sens, les pessimistes défensifs font souvent d’excellents prospectivistes, tant ils sont capables d’imagination quand il faut dresser la liste des obstacles potentiels, et les dirigeants devraient s’en servir comme tels.

On le voit donc en synthèse, tous les optimistes, comme tous les pessimistes, ne se valent pas. Il y a du bon et du mauvais dans chaque famille, et il faut se garder d’une vision manichéenne sur ce sujet.

Comment faire « vivre ensemble » optimistes et pessimistes ?

On oppose souvent les profils pessimistes et optimistes, comme s’ils ne pouvaient pas s’entendre ou travailler entre eux. C’est en partie vrai. En effet, lorsque les 2 types sont rassemblés pour travailler ensembles, les optimistes ont tendance à chercher à rassurer les pessimistes, mais sont vite énervés et indisposés par leur défaitisme et leur vision négative. A l’inverse, les pessimistes défensifs ont tendance à justifier de toutes les raisons qui pourraient conduire à l’échec, et sont vite agacés par les optimistes qu’ils perçoivent comme trop désinvoltes.

Mais on peut aussi et surtout tirer parti de ces complémentarités. Les optimistes dispositionnels sont en effet garants d’un état d’esprit orienté solution, d’une certaine persévérance face à l’adversité, et d’une capacité d’imagination face aux problèmes. Et les pessimistes défensifs quant à eux sont utiles pour imaginer les obstacles potentiels, pour les lister de façon exhaustive et en avoir une vision la plus complète qui soit.

Comme souvent dans ces cas-là, une des solutions pour faire vivre des opposés ensembles, consiste simplement à leur faire découvrir l’existence d’un autre mode de fonctionnement que le leur, de leur faire prendre conscience des oppositions entre ces modes de fonctionnement, et ainsi de leur faire accepter que tout le monde n’est pas comme eux.

Cette acceptation constitue le premier pas vers la compréhension, puis vers la collaboration.

Mais plus encore, au lieu de stigmatiser chacun dans ses caractéristiques propres, il est essentiel que chacun soit conforté dans son style – plutôt optimiste ou pessimiste – et dans ses comportements, tout en sachant comment le tempérer en situation collective et collaborative. Les dirigeants et managers ont un rôle clé à jouer, dans leur capacité à gérer cette diversité et complexité, de savoir en tirer profit sans qu’elle ne nuise au bon équilibre de chacun et du collectif. Ils peuvent par exemple les encourager à rester eux-mêmes et l’être pleinement, qu’ils soient optimistes, ou pessimistes.

Finalement, ce qui devrait être plus à juger, c’est cette perception du rôle de la chance – ou pas – dans les bonnes choses qui nous arrivent, qu’évoque Charles Martin-Krumm. Il s’agit véritablement d’un apprentissage de la résilience, dont on connaît les vertus face aux traumatismes, mais qui est tout autant utile dans les difficultés et obstacles au quotidien. La bonne nouvelle, c’est que la résilience est une compétence qui s’apprend.

Cyril Barbé