Relation

Entrer en relation, être en relations les uns avec les autres, ce sont des expressions courantes de la vie, et en particulier dans nos contextes professionnels. Les relations humaines ce n’est pas juste pour faire joli, on connait aujourd’hui grâce à la recherche scientifique les impacts positifs de relations de qualité sur notre performance cognitive, sur notre santé, et sur notre niveau de bonheur durable entre autres (cf étude longitudinale dite Grant, reprise par Robert Waldinger de Harvard). Nous avons tous pris conscience de l’importance de cette dimension relationnelle durant les 2 mois de confinement.

Mais sait-on encore entrer en relation avec l’autre, et l’entretenir durablement ?

Etant gamin, dire bonjour aux passants – mêmes inconnus – faisait partie des règles évidentes et partagées de politesse. De ce point de vue, on peut dire que les choses ont bien changé. Aujourd’hui je continue à saluer les gens que je croise, du moins ceux qui acceptent de croiser mon regard, ce qui est de plus en plus rare. Je le fais par conviction personnelle, par valeur : la relation est le propre de l’Homme, et constitue pour moi une énergie vitale, si cette relation est saine et équilibrée.

Mais regarder les gens que l’on ne connaît pas dans les yeux n’est pas si simple : beaucoup détournent le regard exprès pour éviter de croiser le nôtre. Loin de moi l’idée de juger ce comportement de fuite. En revanche, une chose est certaine, on n’a peu de chances d’entrer en relation avec l’autre, quel qu’il soit, en adoptant ce type de comportement.

Pourquoi certaines personnes rechignent-elles ainsi à des opportunités d’entrer en relation à l’autre ? Est-ce pour se réfugier dans des relations connues, et donc plus sûres ? Pourquoi les gens vous disent « bonjour, vous allez bien ? » de façon mécanique, sans vraiment attendre de réponse ? Pourquoi certains se réfugient-ils dans un réseau social (pas toujours très social au passage), bien protégés derrière leur écran, qui porte bien son nom pour le coup ? Pourquoi, alors que nous avons de plus en plus d’opportunités de rencontres en tant que citadins, de plus en plus de personnes vivent seules ?

Sans doute parce qu’entrer en relation avec les autres comporte des risques. Le risque de tomber sur une personne peu recommandable, mais ça, en général, on le sait assez vite. Le risque de de ne pas « plaire » à l’autre, car, même si le but n’est pas une relation affective ou amoureuse, qu’on le veuille ou non, nous recherchons plus ou moins inconsciemment un retour positif de l’autre dans la relation que nous engageons, ne serait-ce que pour entretenir un minimum notre propre estime. Le risque d’être déçu par la personne, parce qu’elle nous a donné à voir un jour positif d’elle-même, et qu’elle nous a caché ses faces plus sombres, que nous découvrirons tôt ou tard.

Pourtant, entrer en relation comporte aussi tellement d’opportunités nouvelles, que les risques peuvent sembler bien dérisoires en regard. Il y a une douzaine d’années, en tant que directeur de l’entrepreneuriat à la CCI, j’organisais des sorties à la journées sur des salons parisiens spécialisés, voyage en bus en mode « colonie de vacances » (lever le matin à 4h00, retour le soir vers 22h00), dans le but d’encourager les vocations entrepreneuriales chez les jeunes, en particulier ceux des quartiers défavorisés.

Lors d’une de ces sorties sur le salon du prêt à porter, j’ai demandé à une jeune camerounaise pourquoi elle avait décidé de s’inscrire à cette journée un peu particulière. Celle-ci m’a simplement répondu qu’elle n’avait aucun projet, aucune idée de création, mais qu’elle avait imaginé lors de cette journée faire des rencontres qui pourraient lui être utiles. Je lui ai proposé de s’asseoir dans le bus à côté d’une couturière expérimentée, qui justement cherchait des collaboratrices, et qui lui a proposé un essai chez elle. La jeune fille a fini la journée avec un CDI en poche chez cette couturière, là où toutes ses précédentes tentatives de recrutement avaient échoué jusque là. La promiscuité et le rythme lent du voyage en bus avaient permis cette entrée en relation plus forte, et permis de dépasser les préjugés habituels sur les jeunes, qui plus d’origine étrangère et d’un quartier défavorisé.

« Faire feu de tout bois » est une expression qui selon moi résume bien cet esprit d’ouverture qui qualifiait cette jeune africaine. Sans avoir aucun but, rester ouvert à toute opportunité, mais aussi créer les conditions de ces opportunités. Pourtant aujourd’hui, combien de personnes restreignent volontairement leurs champs d’investigation et d’entrée en relation, juste parce qu’ils estiment que ces champs ou ces personnes ne correspondent pas à leurs attentes, à priori ? Cela me fait penser aussi à tous ces écrits au sujet de la sérendipité, cette capacité à faire « par hasard » des découvertes fructueuses. En réalité, le hasard n’est qu’une façade : la capacité d’observation, et donc d’ouverture au monde qui nous entoure, et la sagacité, sont indispensables à la création de ces opportunités qui nous semblent liées au pur hasard.

Je ne compte plus, personnellement, les rencontres fortuites, même chez le boulanger, qui m’ont conduit tantôt à y rencontrer un ami devenu très proche, tantôt une personne devenue un de mes clients les plus fidèles. Ma vie a ainsi été positivement bouleversée grâce à mon ouverture permanente aux gens que j’ai rencontrés, ou plus exactement les gens à qui j’ai volontairement ouvert la porte à une potentielle rencontre.

Je veux toutefois apporter ici un bémol. Depuis une vingtaine d’années, l’entrepreneuriat est redevenu très à la mode, et avec lui le networking, ou réseautage en français. Toutes les techniques de réseautage qu’on apprend dans les bouquins ou sites à ce propos sont très pertinentes et intéressantes. Mais celles-ci ne seront pas efficaces sans l’authenticité, elles pourraient même être contre-productives. Entrer en contact avec un grand nombre de personnes de façon, là encore, trop mécaniste et productiviste, aura certainement moins d’impact sur votre vie que si vous vous attachez à entrer en relation sincère avec un petit nombre de personnes, en restant vous-mêmes.

A ce sujet, je ne compte plus le nombre de personnes que j’ai rencontrées pendant des années en soirées et autres cocktails à l’époque de mon job à la CCI, qui m’ont un temps donné le sentiment que je disposais d’un carnet relationnel très important. En réalité, une bonne partie de toutes ces personnes ne s’intéressaient à moi que du fait de ma fonction, qui leur permettait de nourrir leurs intérêts. Là encore aucun jugement de valeur, mais cette observation doit bien nous garder de confondre une relation professionnelle de surface, et une relation humaine plus profonde, sur qui l’on peut compter en cas de problème.

Vous pouvez donc accumuler dans votre vie un grand nombre de rencontres, de contacts, que ce soit en réel ou via les réseaux sociaux. Mais ce qui compte est ce qu’il en restera au bout de quelques années. Certains de ces contacts qui vous avaient semblé très proches et amicaux auront tôt fait de vous oublier le jour où vous ne leur serez plus utiles, et d’autres, qui vous semblaient éloignés de vous, soit vous rappelleront régulièrement pour prendre de vos nouvelles, soit vous rappelleront un jour pour vous proposer des missions ou leur aide.

En résumé, cette question des relations s’appuie donc sur deux piliers essentiels :

  • la capacité à s’ouvrir à un grand nombre de personnes, en toutes situations, mêmes celles qui vous semblent anodines et impersonnelles, à faire confiance à priori pour créer les conditions d’une potentielle rencontre, une vraie, qui vous sera sans doute utile mais sans savoir quand ni où ;
  • la capacité à sélectionner, parmi toutes ces rencontres, celles qui sont authentiques et sincères, qui vous enrichissent humainement, qui n’ont pas d’attente particulière de votre relation si ce n’est le plaisir d’être en relation.

Cette seconde capacité repose justement sur l’expérience : plus on a de relations avec des personnes différentes, plus on est en mesure de sentir rapidement la nature de ces relations, sentir que l’on partage les mêmes valeurs, ou encore sentir que l’autre n’attend rien de nous si ce n’est une relation sincère.

Entretenir ces relations suppose aussi un esprit durablement positif, comme je l’ai écrit dans cet article. Cet esprit positif qui nous permet de contrer le biais cognitif de négativité, d’être durablement plus heureux soi-même et aussi de rendre les autres plus durablement heureux.

Je vous souhaite un très bel été, fait d’un grand nombre d’opportunités, et d’un petit nombre de relations de qualité !

Cyril Barbé

Manager la reprise d’activité

La crise sanitaire mondiale que nous vivons est une grande première pour l’immense majorité d’entre nous. Elle nous a projetés dans une période étrange, hors de nos repères habituels. Loin d’être terminée, il nous faut déjà apprendre à vivre avec, reprendre nos activités, préserver l’essentiel et anticiper les prochaines crises, car c’est désormais certain, il y en aura d’autres.

Tout cela, alors que la disparité des situations est plus criante que jamais :

  • Certains ont été ou sont encore occupés à 200%, d’autres en arrêt d’activité.
  • Le pro et le perso n’auront jamais été autant mêlés.
  • Les émotions sont diverses et parfois incontrôlables.
  • Le doute et l’incertitude sont omniprésents : qui croire ? comment se projeter ?
  • La question du sens n’aura jamais été aussi centrale : quel monde voulons-nous pour demain et nos enfants ?

Avec la reprise progressive de l’activité, les entreprises ont à faire face à ce questionnement profond, tout en luttant pour leur survie. En première ligne, les managers se retrouvent au cœur de ce tourbillon d’émotions, de questions, et d’attentes contradictoires. Ils doivent tout à la fois :

  • poser et faire respecter un nouveau cadre de fonctionnement ;
  • faire avec les sensibilités différentes de chacun à la question du risque ;
  • concilier le temps de l’écoute et celui de la performance, le temps de la prudence et celui de la vitesse ;
  • définir un projet de reprise, qui ait du sens et donne envie de se remobiliser ;
  • gérer les priorités, garder le cap sur l’essentiel, enclencher des premières réussites pour recréer la confiance et entretenir la motivation.

Durant le confinement, le groupement de formateurs-coaches NRGy Training, dont je fais partie, a conçu et proposé des ateliers gratuits pour accompagner les managers dans ces différents enjeux. Plus de 150 ateliers ont été organisés, et plus de 1000 personnes y ont participé, au sein d’une vingtaine d’entreprises nationales ou internationales. De cette expérience à grande échelle, ont émergé des besoins plus précis, desquels NRGy Training a mis au point un cycle de 12 ateliers à distance réparties en 4 thématiques – Terre / Eau / Air / Feu, tous accessibles indépendamment.

J’ai donc le plaisir de vous relayer cette offre éprouvée, et le cas échéant vous proposer les formateurs coaches les plus adaptés à votre situation, parmi l’équipe de 20 du groupement NRGy Training apte à animer ces ateliers, et dont je fais partie.

Tarif en intra-entreprise (groupe de 4 à 10 participants) :

  • 800 € HT par atelier pour les 5 premiers ateliers
  • 750 € HT par atelier pour les 5 ateliers suivants
  • Au delà de 10 ateliers : nous consulter

NRGy Training est Datadocké, et inscrit au répertoire spécifique des compétences.
Les ateliers sont aussi éligibles au financement FNE.

Cyril Barbé

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Retour à la normale … ou début de rupture ?

La fin du confinement sonne comme un retour à la normale, ou presque, enfin. En réalité, elle semble au contraire annoncer la confirmation de changements radicaux dans notre société, et donc dans nos habitudes professionnelles : généralisation du télétravail, nouveaux modèles écoomiques, relocalisations, mais aussi de nouveaux besoins ou inquiétudes pour nos collaborateurs. Les vacances d’été sont là pour amortir cette nouvelle rupture, mais nous devons tous nous y préparer et anticiper ses impacts à partir de septembre.

Changement radical de management

Il n’existe presque pas d’entreprise ou d’organisation en France qui n’ait pas, plus ou moins contrainte ou forcée, mis en oeuvre le télétravail pour une immense majorité de ses collaborateurs à l’occasion du confinement. La conséquence ? Nombreux sont ceux qui y ont trouvé avantages – gain de temps, de fatigue, d’autonomie, entre autres, là où ils trouvaient jusque là toutes les bonnes raisons pour ne pas y aller.

Au delà des avantages, le télétravail a remis profondément en cause nos actuels modes de management. La distance a en effet conduit à une forme d’autonomie, qui a deux conséquences importantes. La première est qu’un retour en arrière sur ce niveau d’autonomie est quasi -impossible (« essayer c’est approuver »), et que les managers doivent intégrer cette nouvelle autonomie dans leur mode de fonctionnement. La seconde conséquence est que, pour ceux qui sont mal à l’aise avec cette autonomie, ils se sentent déstabilisés, inquiets de ne pas bien faire, et parfois surchargés par des responsabilités qui les dépassent, ce qui conduit tantôt à l’inquiétude, tantôt à la colère.

Conséquence, en plus de savoir encadrer en donnant plus d’autonomie, les managers devront aussi développer leur intelligence émotionnelle, leur sensibilité, pour mieux adapter leur comportement vis à vis de ceux qui s’adaptent mal à la situation. Il faudra que les managers sachent aider, accompagner, rassurer, pour ne pas risquer qu’un fossé se produise entre ceux qui ont pris le virage du changement avec plaisir, et ceux qui freinent des quatre fers.

Relocalisations

Avec le quasi arrêt de tous les transports, qu’ils soient terrestres, maritimes, aériens, durant presque deux mois, et une reprise timide aujourd’hui, la question est désormais sur toutes les lèvres : ne devrais-je pas relocaliser ma production, et plus encore, toute ma chaîne d’approvisionnement ? Qui plus est avec des contraintes sanitaires renforcées.

Une relocalisation ne s’organise pas du jour au lendemain, c’est au contraire un projet de longue haleine, qui se construit pas à pas. Autant dire que l’anticipation et le mode projet sont donc deux qualités essentielles à vos collaborateurs pour s’y engager. De plus, ces relocalisations impliquent de nouveaux contacts, de nouveaux partenaires, et ce n’est pas parce que ceux-ci sont des locaux que la communication sera forcément facile. Toutes vos équipes devront adopter des comportements d’ouverture, de bienveillance, et même d’humanisme (si si), pour réussir à convaincre ces nouveaux contacts, car l’engagement vient avec la motivation, qui découle de la confiance mutuelle, qui elle-même dépend de la qualité des contacts engagés.

De nouveaux modèles économiques

La restauration est sans doute le domaine économique qui aura payé et paiera le plus lourd tribut au confinement. Mais déjà on voit poindre les futurs grands gagnants de ce changement en rupture : ceux qui, très vite, ont pris le pas de la restauration à emporter entre autres. Dans la grande distribution, le mouvement vers plus de local et plus de bio a été catalysé et fortement accéléré par le confinement. Une des conséquences est que les hyper (très grandes surfaces) déjà mal en point risquent de péricliter très vite, au profit de surfaces plus petites, plus proches, plus spécialisées.

Dans l’industrie, certains ont pris des virages à 90° : un fabricant de pulls en laine qui s’est mis à la fabrication de masques en tissus. Bien sûr ce marché est éphémère, tout du moins on peut l’espérer. Mais ce genre de virage n’est certainement pas le dernier, tant nous vivons actuellement et vivrons encore des changements brutaux et imprévisibles. Cela implique une grande agilité des équipes, une grande souplesse d’esprit, et donc, un management qui favorise la motivation, la confiance en soi, et le bien-être au travail, tous ces facteurs qui génèrent plus d’émotions positives que négatives, et qui permettent un fonctionnement optimal de notre cerveau, comme l’ont montré les neurosciences cognitives.

Développer sa résilience

Pour faire face à tous ces enjeux, savoir anticiper et se battre contre les tsunamis économiques, sociologiques qui nous arrivent en septembre, il faut aussi développer une forme de résilience, cette capacité à contrôler ses réactions face à l’adversité, à surmonter les difficultés, et même à en tirer du positif pour l’avenir.

Oui, plus que jamais, il faut savoir anticiper cette 2nde vague, économique celle-là, qui se prépare pour la rentrée, qui sera probablement accompagnée comme souvent dans ces cas là d’une vague de mouvements sociaux.

Les gagnants de ce nouveau défi sont ceux qui auront compris et anticipé tout cela, et se seront préparé avant les autres.

Cyril Barbé

Une formation au bonheur ?

Il y a 18 mois, j’écrivais une série de 3 articles, sur le bonheur. C’est une question très personnelle me direz-vous, et vous aurez parfaitement raison.

Alors pourquoi parler de formation au bonheur ? Vous connaissez tous des personnes qui ont tout ce qu’il faut pour être heureux – argent, conjoint, beauté, enfants, santé … – mais qui sont de perpétuels malheureux. Et vous connaissez aussi certainement des personnes à qui il arrive les pires malheurs, mais qui réussissent malgré tout à être et rayonner le bonheur autour d’eux. Comment est-ce possible ?

Depuis une vingtaine d’année, des chercheurs (*) se sont penchés sur cette question et ont démontré qu’il existe des personnes plus aptes au bonheur que d’autres, et ce quel que soit les événements qui leur arrivent. Plus encore, ils ont identifié les clés qui facilitent cet accès au bonheur.

Bien sûr, être en mesure de s’acheter une belle voiture, de beaux bijoux, les plus beaux habits, les meilleurs restaurants, de fantastiques vacances sur une île paradisiaque, contribue à une certaine forme de bonheur. Il s’agit là du bonheur hédonique, celui qui permet de se sentir bien au quotidien, selon les chercheurs.

Mais les êtres humains que nous sommes avons toujours tendance à accorder plus d’importance à ce qui est dangereux pour nous que ce qui nous fait du bien, un biais cognitif connu sous le nom de Biais de Négativité. Il nous était très utile pour assurer notre survie il y a des dizaines de milliers d’années, mais il n’est pas ou peu pertinent aujourd’hui. En effet, c’est aussi ce biais négatif qui nous fait revenir au niveau de bonheur initial quelques mois, voire quelques jours, après avoir vécu un heureux événement : cadeau de noël, mariage, gros lot du loto, etc … Et qui ainsi nous empêche ainsi de profiter pleinement de ce bonheur instantané.

Alors comment certains arrivent-ils à être heureux, malgré ce biais négatif ? Par un épanouissement sur le plus long terme, ce que les chercheurs appellent le bonheur eudémonique. Par exemple, en s’investissant dans nos relations, qu’elles soient familiales ou amicales. Ou encore en passant son temps à apprendre de nouvelles choses, en s’investissant dans des causes qui nous tiennent à cœur. Ou en s’investissant dans un travail qui nous passionne : Confucius disait « Choisis un travail que tu aimes, et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie. »

Il n’est pas là question d’opposer bonheur hédonique et eudémonique : chacun d’entre nous avons besoin d’un juste équilibre entre les deux pour être bien. Cet équilibre est d’ailleurs indispensable quand l’un des deux piliers vient à faiblir.

Combien d’entre-vous sont réellement passionnés par leur travail, et les conditions dans lesquelles ils l’exercent ? Combien de temps encore estimez-vous légitime de devoir supporter un travail qui ne vous convient pas, dans lequel vous ne vous épanouissez pas, qui ne prend pas en compte votre personnalité, votre excellence ? Car oui, chacun d’entre nous disposons d’une forme d’excellence. Là aussi des chercheurs (Peterson, Myers, Seligman) ont identifié que les chaque être humain dispose en lui de Forces de Signature, qui le caractérisent de façon uniques, et qui lui permettent d’être authentique et performant, et de gagner en énergie, quand il les a identifiées et qu’il sait s’appuyer sur elles. Encore faut-il en avoir conscience ?

Alors combien de temps encore attendrez-vous pour connaître vos Forces, savoir comment en tirer des bénéfices pour vous, pour votre travail, vos relations aux autres, et ainsi vous épanouir pleinement ?

Au sujet du biais de négativité, les chercheurs ont aussi fait une découverte : c’est l’entrainement régulier, tout comme pour les langues vivantes ou le sport, qui font que l’on va plus facilement porter son attention sur les choses positives qui nous arrivent, et ainsi être durablement plus heureux. Comment s’entraîner ? Par exemple en utilisant les 3 kifs par jour de Florence Servan-Schreiber, une méthode que j’ai moi-même testée avec succès lorsque tout allait « au plus mal » …

Les chercheurs ont aussi constaté que le bonheur était une conjonction de fonctionnements optimaux sur divers aspects : la confiance en soi et l’estime de soi, la motivation, la gestion des émotions, la résilience (dont les mécanismes sont très liés à nos primes déformants de perception de la réalité), ou encore à nos relations aux autres. Pour tous ces aspects, une abondante recherche scientifique existe, désormais traduite en concepts facilement assimilables au travers d’activités concrètes et ludiques, qui permet de se former de façon très accessible, et ainsi apprendre à devenir plus heureux …

Cette formation, je l’anime depuis 3 ans avec près d’une centaine de personnes formées, issues de tous horizons, dirigeants, managers, collaborateurs, personnes en transition professionnelle, des consultants et coaches qui cherchent à élargir leurs domaines de compétences, professionnels de l’éducation, de la santé, … Le point commun entre toutes ces personnes ? Elles sont ressorties avec un niveau de bonheur bien supérieur, des idées claires sur leur projet professionnel ou sur la façon de manager ou d’accompagner de façon plus performante.

C’est une formation de 4 jours (2 + 2), basée sur la recherche scientifique en psychologie positive, dont elle reprend les principaux concepts-clés, axée autour d’une pédagogie active, qui vous place en permanence en situation, condition pour réellement progresser. Je m’appuie également beaucoup sur la diversité des profils au sein du groupe et les enrichissements croisés, en favorisant largement les échanges.

Prochaines sessions :

  • Rennes : les 28-29 septembre, 14-15 octobre
  • Lyon : les 16-17 novembre, 9-10 décembre
  • Paris : les 18-19 janvier, 10-11 février 2021

Alors c’est quand le bonheur pour vous ?

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(*) Parmi les chercheurs du bonheur, on trouve Sonja Lyubomirsky, Martin Seligman aux USA, ou encore Jacques Lecomte en France.

A distance …

A distance, c’est le nouveau terme à la mode ces dernières semaines. Travailler à distance, gestion de projet à distance, formation à distance (ou distancielle), manager à distance, prendre le contrôle de l’écran ou partager son propre écran à distance, garder le lien avec ses collègues à distance, garder le lien avec ses proches à distance, et bien sûr … rester à distance réglementaire pour notre santé à tous.

C’est une contrainte nouvelle qui nous bouscule et peut avoir des conséquences délétères à terme, mais j’y vois néanmoins plein d’aspects positifs :

  • D’abord cette profusion soudaine d’offres de formations à distance est une opportunité pour chacun d’entre nous, et la contrainte nous conduit à surmonter nos craintes et nos freins naturels dans ce type de mode d’apprentissage.
  • Nous progressons de façon fulgurante dans tous ces outils de visio-conférence : Teams, Zoom, Hangouts, et autre Discord …, et découvrons finalement que beaucoup de tâches collectives peuvent être menées sans être physiquement dans la même salle.
  • Ceci a pour conséquence une soudaine appétence pour le télétravail, avec des impacts significatifs à terme sur le temps et la fatigue gagnés dans les transports, et sur la baisse de la pollution.
  • Nous prenons – enfin ? – le temps d’appeler régulièrement nos contacts, nos proches, pour prendre des nouvelles et les écouter pleinement.
  • Plus encore, cette distance physique nous aide à prendre une distance morale et psychique avec les événements, les personnes, et la vie en général. Cette prise de recul forcée est assez salutaire en ce qui me concerne, pour réfléchir plus sereinement, plus objectivement, une fois le pic des émotions passé.

A l’inverse bien sûr il s’agit d’être vigilant aux inconvénients de cette situation.

Je pense en priorité aux managers dont l’éloignement physique les coupe d’une part importante d’informations relatives à leurs collaborateurs, que les échanges vocaux ou mêmes vidéos ne peuvent apporter. Or manager est déjà un art difficile en temps normal, qui plus est dans notre monde changeant, incertain et complexe. Leur rôle est donc plus difficile, et l’accompagnement par leur propres managers se fait lui aussi … à distance.

Je pense ensuite à tous les salariés qui travaillent à domicile, qui en général ne disposent pas d’un environnement propice au travail : pas de bureau dédié, les enfants présents à la maison, et surtout le manque de repère face au « blurring », cette disparition des barrières entre vie professionnelle et vie personnelle. Là aussi tous ces salariés ont besoin d’être aidés, accompagnés, conseillés, pour faire face à cet enjeu.

A ce sujet les étudiants font face à des difficultés comparables, de réussir à se motiver durablement quand il n’y a plus de rencontre physique, presque plus d’obligation à se lever le matin, qu’il est beaucoup plus difficile de s’entraider, techniquement ou moralement, et que le cerveau s’embrume vite face à la complexité de leurs sujets et juste une petite heure quotidienne maximum d’exercice physique.

Que dire des dirigeants ? Leur vie qui était jusque là faite de mouvement perpétuel, tant mental que physique, de relations avec les autres (en particulier les clients), d’échange, de réseautage, se sont vus soudain couper la plupart de leurs possibilités. L’incertitude quant à la pérennisation de leur chiffre d’affaires ajoute au stress, déjà élevé en temps normal. Ceux-ci sont aussi habitués à faire face, quoi qu’il advienne, mais dans ce contexte particulier, le coup de collier supplémentaire risque de leur faire dépasser leurs limites physiques et psychiques.

Comment faire face à ces enjeux ?

Plus que jamais nous avons tous, quelle que soit notre situation, besoin d’aide et de soutien. Ce qui est déjà utile en temps normal – l’esprit d’équipe et de solidarité – est aujourd’hui vital.

Échanger avec ses pairs, pour découvrir et comprendre comment chacun se débrouille, fait face aux difficultés, arrive à se ressourcer malgré un rythme inhabituel. Il s’agit donc d’identifier ses réseaux les plus pertinents, et pas seulement celui de ses collègues. Il s’agit aussi d’adapter les canaux de communication : remplacer les rendez-vous physiques qui ne sont plus possibles par des échanges téléphoniques ou visio, ce d’autant que le rythme de réunions étant moins élevé, vos interlocuteurs ont peut-être plus de disponibilités, même dans cette période tourmentée.

Cultivez un esprit et une attitude positive. Comme j’ai eu souvent l’occasion d’en parler, notamment dans cet article, cet état d’esprit permet d’entretenir l’espoir, et donc de conserver intactes toutes ses capacités cérébrales, particulièrement utiles pour trouver des solutions face à cette situation inédite. Il permet également de conserver des relations constructives avec les autres, ce qui est essentiel en ce climat anxiogène.

Oser demander de l’aide, ce qui en temps normal est considéré comme un aveu de faiblesse ou pire, d’incompétence, est désormais indispensable. Nous les hommes avons dans ce domaine un frein supplémentaire par rapport au femmes, du fait de l’image que nous nous faisons de ce rapport à l’aide de la part des autres.

Etre à l’écoute de son corps : qui d’entre-nous n’a pas ressenti ce syndrome paradoxal d’une fatigue plus importante, alors que nous ne bougeons quasiment plus, que nous n’avons plus depuis 2 mois de fatigue ou stress lié au transport ? Après des heures passées devant un clavier et un écran, nous imposant une posture fixe durant des heures, et un niveau élevé de concentration, notre corps ressent à la fois la lassitude, des tensions dans la nuque ou les poignets, et souvent le dos. C’est aussi notre corps qui sait si l’on a vraiment faim, ou seulement une furieuse envie de grignoter face au stress.

Donner aux autres ! Curieusement et paradoxalement, la recherche récente en neurosciences a montré que nous prenons plus de plaisir à donner qu’à recevoir (cf à ce sujet cet intéressant article d’Arthur Gauthier). Le plaisir à donner, combiné à la relation créée ou renforcée grâce à ce don, sont autant d’opportunités positives pour notre futur. Cerise sur le gâteau, lors de ce type de contact, nous apprenons au moins autant que nous donnons. C’est dans cet esprit que j’ai décidé de proposer une séance de coaching gratuit à tout nouveau client à titre d’essai, qu’il soit professionnel ou particulier.

Cyril Barbé

Faites-vous coacher gratuitement !

Se faire accompagner pour mieux définir ses objectifs, et surtout pour savoir comment les atteindre, tel est le but du coaching. Mais combien d’entre nous, moi le premier, avons encore du mal à nous engager dans cette démarche ? Un des freins est celui du choix du coach, qui est un sujet très personnel et délicat. Saura-t-il être à la hauteur de mes ambitions ? Saura-t-il vraiment m’écouter, prendre en considération toutes les facettes de ma personnalité ? Saura-t-il répondre à ma situation ?

J’ai eu la chance il y a 5 ans de bénéficier d’un temps gratuit de coaching, qui même s’il était très court (30 minutes), m’a déjà permis d’aboutir à deux conclusions : d’abord que j’avais effectivement besoin d’aller plus loin, et ensuite que j’avais besoin d’un coach qui soit très bienveillant à mon égard, sans aucun jugement.

En cette période particulière, je voudrais redonner aux autres la chance que j’ai eue à cette époque, et surtout vous donner l’opportunité de tester le coaching sans engagement, qu’il soit moral ou financier. C’est pourquoi je propose, aux 10 premières personnes qui me contacteront dans ce cadre, 1 heure de coaching gratuit. Cela veut dire d’abord un temps d’échange préalable (30 minutes environ), pour se mettre d’accord sur l’objectif du coaching, et ensuite, un premier rendez-vous d’1 heure, tout cela gratuitement.

Coaching en présentiel ou à distance ? Personnellement j’accompagne des personnes tantôt en présentiel, tantôt à distance. Bien sûr le présentiel est toujours la solution préférée des clients, on se dit que le coach sera plus à même de nous comprendre en se voyant qu’à distance. Mon expérience a montré que la distance n’influait que très peu, non seulement sur les résultats atteints par mes clients, mais aussi sur leur ressenti global du processus de coaching. Pour ma part je sais que la distance – que ce soit par téléphone ou en visio – me permet également une meilleure distanciation affective avec le client, et donc renforce mes capacités d’écoute, comme si le fait de n’avoir qu’un seul canal de communication (auditif) m’obligeait à décupler mes aptitudes d’écoute (comme le fait par exemple un aveugle).

Combien dure un coaching ? Cela dépend bien sûr de la personne et de ses objectifs, mais très souvent, au bout de 5 séances de 1 heure, le client obtient de premiers résultats tangibles significatifs, qui lui permettent, le cas échéant, de suspendre l’accompagnement au moins provisoirement.

Et le prix des séances suivantes ? Pour les entreprises, l’heure de coaching est à 250 euros HT, pour les particuliers, l’heure de coaching est à 90 euros nets.

Jusqu’à quand est valable l’offre ? Jusqu’à ce que 10 personnes aient bénéficié de cette offre, ou au plus tard au 31 juillet 2020. Ne tardez-pas pour me contacter !

Me contacter pour en savoir plus

Je me forme chez moi

10 millions de salarié.es sont actuellement au chômage partiel, et la fin du confinement ne signifie pas toujours la reprise du travail, ou alors partielle. Vous êtes déjà nombreux à avoir profité de ce temps libre pour augmenter vos compétences, que ce soit dans un but professionnel ou personnel. Conscient aussi de cette opportunité, le Gouvernement encourager les entreprises et les salariés à se former pendant cette période, et a pris différentes mesures pour susciter l’envie et favoriser la démarche. Grâce au Fonds National de l’Emploi (FNE), le coût pédagogique des actions de formation certifiantes ou non certifiantes, réalisées à distance, est pris en charge à 100% par l’Etat.

Face à cette situation inédite, et pour répondre à vos principales préoccupations du moment, Apollo Conseil a conçu 3 nouvelles formations à distance. En partenariat avec Essentia35, ces 3 formations font partie d’une offre plus large encore, fruit de la mutualisation des expertises de plusieurs consultants formateurs de la région.

Savoir appréhender le travail à distance et faire face à ses impacts, renforcer sa confiance en soi pour être plus serein dans les situations difficiles et avoir de meilleures relations interpersonnelles, ou encore apprendre et faire apprendre, 3 thèmes centraux pour mieux préparer et accompagner vos collaborateurs dans une reprise plus sereine du travail.

Si vous êtes en situation de reprise de travail, nos actions de formation peuvent être aussi finançables soit au titre du Compte Personnel de Formation (CPF) et/ou au titre du plan de développement des compétences de votre entreprise.

Renseignements et inscriptions

Formation Leadership Positif – Nouvelles villes, nouvelles dates

Une formation au Leadership Positif sur 4 jours (2 + 2)

Cette formation déjà éprouvée – 6 sessions depuis 3 ans, plus de 50 personnes formées – évolue sans cesse dans ses contenus et ses modes d’animation pour répondre toujours au plus près de vos préoccupations :

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  • Le retour d’expérience de 6 sessions réalisées, permettant d’actualiser les contenus en continu
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  • Une formule en 2 fois 2 jours pour permettre la mise en application inter-session, et des échanges suite à ces mises en pratiques.

Un parcours très complet

Le parcours aborde l’essentiel des concepts clés de la psychologie positive :

  • le bonheur ça s’apprend,
  • la motivation
  • la confiance en soi, la confiance mutuelle
  • les forces,
  • les émotions,
  • la résilience,
  • le corps et la pleine conscience,
  • les relations positives : empathie, gentillesse, gratitude, pardon.

Nouvelles villes : Paris & Lyon

Des sessions sont planifiées à Paris et Lyon pour les prochains mois : réservez-vite votre place !

  • Paris : lundi 18 & mardi 19 janvier 2021, puis mercredi 10 & jeudi 11 février 2021

  • Lyon : lundi 16 & mardi 17 novembre 2020, puis mercredi 9 & jeudi 10 décembre 2020

Nouvelles dates sur Rennes

  • Lundi 28 & mardi 29 septembre, puis mercredi 14 & jeudi 15 octobre 2020
  • Lundi 15 & mardi 16 février 2021, puis mercredi 10 & jeudi 11 mars 2021

Un public très varié qui en fait la richesse

  • Dirigeants d’entreprise, managers, chefs de projet : pour faire évoluer votre management et celui de vos équipes, renforcer votre leadership, trouver des solutions pour améliorer à la fois le bien-être et la performance au sein de votre entreprise / direction / service
  • DRH, RRH : pour vous approprier les modes managériaux du XXIème siècle, vous permettre de les déployer en toute autonomie au sein de votre organisation
  • CHO (Chief Happiness Officer), responsable QVT (Qualité de Vie au Travail) : vous apprendre les concepts clés de la psychologie positive au travail, appelée aussi science du bonheur ou science du fonctionnement optimal des êtres humains
  • Coaches, psychologues, thérapeutes, consultants : vous conforter dans vos pratiques professionnelles, les compléter par une approche scientifique récente (moins de 20 ans)
  • Éducateurs, enseignants, formateurs : vous conforter et faire évoluer vos pratiques pour à la fois plus de bien-être et de performance pour vos apprenants.
  • Collaborateurs : vous sentir mieux dans votre poste, vos missions, dans vos relations aux autres, mieux vous connaître, renforcer votre confiance en vous, découvrir vos pleins potentiels et être en mesure de mieux les exploiter.
  • Particuliers en réflexion / transition professionnelle : mieux vous connaître, renforcer votre confiance en vous, construire un projet professionnel en adéquation avec vos aspirations profondes et votre excellence.
  • Parents : trouver des clés pour mieux accompagner vos enfants, que ce soit en contexte familial ou scolaire, leur permettre de mieux apprendre et progresser.

Il s’agit en synthèse de comprendre les facteurs de fonctionnement optimal de l’être humain, et leur application pour les adultes et les enfants, en milieu professionnel, personnel, ou scolaire.

Rejoindre une communauté d’apprenants grandissante

Participer à cette formation, c’est aussi rejoindre la communauté grandissante de celles et ceux qui ont déjà suivi ce parcours, et ainsi être connectés avec des profils très complémentaires, qui partagent les mêmes préoccupations que vous, et bénéficier d’échanges enrichissants au delà du temps de formation.

Les tarifs

Particuliers :

  • 650 euros le pack complet
  • 90 euros chaque module d’1/2 journée

Entreprises :

  • 1400 euros le pack complet
  • 200 euros chaque module d’1/2 journée

Pour les demandeurs d’emploi et bénéficiaires de minima sociaux : nous proposons des formules adaptées, nous contacter.

Plus de détails sur le programme

Contactez-nous pour plus d’information ou pour vous inscrire

La Puissance du Collectif

Pourquoi écrire encore sur ce thème dont tout le monde s’est emparé depuis quelques années ? Qu’y a-t-il de nouveau que vous auriez manqué jusque là ?

En réalité, beaucoup d’écrits sur la puissance du collectif se concentrent sur l’organisation technique du collectif, supposant au passage que les conditions nécessaires à cette organisation technique sont réunies :

  • que toutes les personnes constituant ce collectif ont de facto envie de travailler ensemble durablement,
  • que ces personnes soient toutes en confiance mutuelle,
  • que chacune soit dans un esprit de solidarité malgré les disparités au sein du collectif, et malgré la pression pour atteindre les objectifs.

Or ces conditions préalables sont loin d’être réunies en général.

Pourquoi ces sujets ont-ils été plus ou moins éludés jusque là ?

Nous touchons là au fonctionnement même des êtres humains, qui est plutôt du ressort habituel de la psychologie. Or cette science n’est que très peu entrée dans le monde du travail jusqu’à présent, ou alors essentiellement pour résoudre les dysfonctionnements ou les pathologies. Mais comprendre les dysfonctionnements afin de les régler n’est pas la seule voie pour faire progresser les êtres humains.

En effet, la recherche scientifique en psychologie positive, une branche récente de la psychologie, s’intéresse depuis une vingtaine d’années à comment s’appuyer sur les atouts et les forces des individus pour les aider à se développer de façon optimale. Les entreprises les plus performantes se sont approprié les résultats de cette recherche, car elle constitue une clé essentielle du management des ressources humaines pour demain.

Pourquoi le collectif ?

Même si c’est une évidence, rappelons tout de même en quelques mots les buts poursuivis par cette quête d’un collectif plus performant.

Tout d’abord avec le progrès technologique constant, le travail des Hommes devient toujours plus complexe. Viennent ensuite s’y ajouter d’autres contraintes : économiques, environnementales, sociétales. Les crises morales ou encore de santé publique sont également autant d’enjeux auxquels les organisations doivent faire face. Or la complexité de notre société se traduit par plus de complexité pour tous les problèmes qui nous sont posés au quotidien dans nos organisations.

Comme le dit très bien Edgar Morin, considéré comme le père de la pensée complexe, le simple fait d’utiliser de plus en plus souvent ce mot traduit à quel point nous sommes face à des sujets et des difficultés qui nous dépassent et que nous savons pas toujours comment les exprimer, et donc encore moins les résoudre.

Or seule la puissance du collectif peut nous aider à résoudre les problèmes et enjeux complexes. Le collectif de 10 personnes qui travaillent ensemble est bien plus puissant que la somme de leurs intelligences individuelles, travaillant séparément, le fameux 1 + 1 = 3, ou plus exactement 1 + 1 > 3.

Il ne s’agit donc pas seulement de faire gagner des matches à des équipes de sportifs, à l’image de l’équipe de France, victorieuse surprise face aux Blacks lors de la Coupe du Monde 2007après les avoir défié

Avoir envie de travailler ensemble

Alors comment faire pour créer les conditions d’un collectif performant ? La première chose est de s’intéresser à leurs motivations. Le fait que chaque personne soit motivée individuellement ne suffit pas à créer un collectif durablement motivé.

D’abord parce que ceux-ci doivent partager un minimum de valeurs en commun, de la même manière qu’une cordée de montagne qui veut réussir un sommet. En 1950, Herzog et Lachenal ont certes atteint ensemble le sommet de l’Annapurna, le 1er 8000 jamais réalisé par l’Homme. Mais autant le premier avait comme objectif la grandeur de la France retrouvée après les humiliations de la guerre, autant le second, guide de haute montagne, était porté avant tout par la beauté du geste et la grandeur d’âme des alpinistes. Prenant conscience des risques insensés pris par Herzog pour « réussir à tout prix », au risque de sa vie, Lachenal a été contraint de l’accompagner jusqu’au bout pour éviter de le laisser mourir seul, au prix de ses pieds et mains gelés, et au prix d’une descente en plaine qui fut un enfer de plusieurs semaines.

Prendre le temps d’échanger sur nos valeurs humaines communes, et d’en faire un socle de l’action du groupe, est donc un préalable essentiel à toute réussite collective durable.

Cette envie de travailler ensemble sur la durée viendra aussi de la qualité des relations instaurées. Il ne s’agit pas de savoir faire la fête ensemble, même si c’est important parfois, ni de se tutoyer au prétexte que ça fait cool, mais de véritables relations sincères et authentiques, sujet que je développe plus loin.

Créer la confiance mutuelle

Mêmes si les choses évoluent, nos modes managériaux actuels sont plus en général inspirés par les principes du contrôle que ceux de l’autonomie : fixation d’objectifs, rendez-vous réguliers d’avancement, entretiens individuels, et système de récompense / sanction directement relié à cette question d’atteinte ou non des objectifs. Nos systèmes hiérarchiques sont là pour mettre en oeuvre ce système de contrôle : le DG qui contrôle les n-1, eux-même contrôlant les n-2, et ainsi de suite. Dans une forme de continuité du contrôle scolaire, dont l’objectif est de vérifier que l’apprentissage et la maîtrise d’une discipline sont effectivement atteints.

En réalité, la confiance mutuelle s’appuie sur l’autonomie, le soutien et l’encouragement. Le juste niveau d’autonomie pour chacun, en fonction de ses compétences et de ses responsabilités. Le soutien proposé et non imposé, pour créer la confiance en soi et mettre ses collaborateurs en sécurité, surtout face à la nouveauté. Et enfin l’encouragement positif, preuve de notre croyance authentique dans la valeur de nos collaborateurs, et de notre permission de leurs erreurs, éléments constitutifs de l’apprentissage.

Dernier point important pour créer la confiance mutuelle : la fixation d’un cadre de fonctionnement rassurant, garant des valeurs communes, et que le manager se charge de faire respecter par tous.

Avancer ensemble sans « laissé pour compte »

Autant le collectif peut fonctionner facilement sur une réunion, ou sur un projet court, autant il est beaucoup plus compliqué à maintenir sur la durée. Plusieurs raisons à cela :

  • La pression du temps et de la performance, qui nous rend toujours plus exigeant et nous conduit plus à pointer du doigt le négatif – ce qui n’est pas encore atteint – que le positif – tout ce qui a déjà été fait, et induit ainsi une défiance entre chaque membre.
  • Le manque de temps et de méthode pour identifier et reconnaître les forces de chaque personne, pour qu’il puisse en faire bénéficier le collectif.
  • La difficulté à adapter les missions et objectifs de chacun à ses  possibilités, car cette logique de sur-mesure va à l’encontre d’une logique d’organisation planifiée et structurée.

Pour avancer ensemble sur la longue route, il est donc essentiel de travailler au préalable les Forces individuelles en présence, pour à la fois en faire bénéficier le collectif, adapter les missions de chacun en fonction de ces forces, et renforcer l’esprit de solidarité au sein du groupe. Ainsi il n’y aura pas d’équipier laissé sur le bord de la route parce qu’il ne suit pas le rythme ou qu’il n’est pas compétent.

Entretenir des relations constructives durables avec les autres

Entrer et maintenir dans le temps des relations constructives avec tous les autres suppose à la base d’avoir une sincère croyance dans le fait que l’Homme est fondamentalement bon. Mais cela suppose aussi d’apprendre et de mettre en oeuvre des compétences relationnelles, et notamment :

  • L’assertivité : cette capacité à s’exprimer avec l’autre de façon bienveillante et empathique, en étant à l’écoute à la fois de ses propres besoins et des besoins de l’autre.
  • L’empathie : cela passe notamment par l’écoute, cette qualité indispensable du monde moderne, la plus demandée mais aussi la moins enseignée.
  • La gratitude : cette capacité à remercier les personnes et les choses pour ce qu’elles sont, ce qu’elles font, ce qu’elles nous apportent au quotidien.
  • Le pardon : cette capacité à abandonner son droit au jugement négatif quand on a été offensé ou lésé (ce qui ne signifie en rien l’oubli ou l’excuse de l’acte). On pardonne non pour l’autre mais avant tout pour soi : c’est ce qui vous permet de surmonter l’événement et vous reconstruire positivement, et ainsi continuer d’entretenir des relations positives avec autrui.

Organiser le collectif

C’est seulement si toutes ces conditions sont réunies que vous pourrez organiser votre collectif : travailler en mode projet, développer la polyvalence et l’échange de poste, mettre en place des brainstormings, des séances de Forum Ouvert, de World Café, de Co-Développement, ou encore de facilitation graphique …

Cyril Barbé