Les secrets du bonheur (3/3)

Dans mon précédent mail à ce sujet vendredi, je vous expliquais le modèle PERMA de Martin Seligman, comme acronyme des 5 facteurs favorisant le bonheur.

Aujourd’hui pour terminer ce triptyque, je vais vous parler de 3 choses en m’appuyant à chaque fois sur des éléments scientifiquement prouvés :

  • l’attention,
  • notre attitude
  • la plasticité cérébrale.

Attention d’abord. Comme je vous le disais dans mon premier post, le biais négatif est cette tendance naturelle à concentrer notre attention sur les choses et évènements négatifs. Les média en sont d’ailleurs une parfaite illustration. Or depuis quelques années, les neurosciences cognitives nous ont appris beaucoup de choses sur les mécanismes de l’attention, notamment ce que l’on appelle l’attention sélective : contrairement à un mythe célèbre, nous ne pouvons focaliser notre attention à la fois sur ce qui nous préoccupe, et à la fois sur les choses positives. Résultat, sans faire un effort cognitif volontaire, nous passons à côté d’un grand nombre d’opportunités de positiver.

Florence Servan Schreiber a très bien décrit dans son ouvrage « 3 kifs par jour » et ses conférences sur le même thème, comment cultiver le bonheur en portant une attention délibérée sur les choses positives de notre vie.

Notre attitude ensuite. Sonja Lyubomirsky, professeure en psychologie à l’Université de Riverside en Californie, auteure du livre « Qu’est-ce qui nous rend vraiment heureux ? », a démontré en effet que notre attitude peut considérablement augmenter le seuil de bonheur, et ce bien plus qu’un changement de conditions de vie. La preuve ? Ces célèbres personnages résilients, comme par exemple Philippe Croizon, amputé des 2 bras et des 2 jambes suite à un accident domestique, et qui déclare : « je suis presque plus heureux maintenant qu’avant ». Comment est-ce possible ? Au lieu de se concentrer sur les énormes difficultés auxquelles il a dû faire face, il s’est fixé des objectifs : traverser les plus grands détroits de la planète à la nage, établir des records de plongée en apnée, et même participer au Dakar. une de ses phrases résume bien cette question d’attitude : « J’ai décidé de vivre ».

Plasticité cérébrale enfin. Malgré les fantastiques découvertes réalisées depuis 30 ans grâce à l’imagerie médicale, nous ne sommes pas près de percer tous les mystères du cerveau. Une certitude cependant : notre cerveau est incroyablement plastique, c’est-à-dire qu’il possède une très forte capacité d’adaptation. La preuve ? Une étude scientifique conduite auprès de 79 chauffeurs stagiaires de taxi londoniens, devant mémoriser plus de 25000 rues sans GPS, a montré que l’hippocampe des 39 ayant réussi l’examen avait grossi de façon significative. Cette zone du cerveau est en effet celle dédiée à la mémoire à long terme et la navigation spatiale. Plus encore, des médecins ont constaté que cette plasticité cérébrale a permis à certaines victimes d’AVC le rétablissement de certaines fonctions perdues, comme la parole, ou certaines fonctions motrices.

Pourquoi parler de plasticité cérébrale ? Parce que c’est elle qui nous donne la capacité à tous de changer à la fois nos capacités d’attention et notre attitude, et donc d’acquérir cette fameuse aptitude naturelle au bonheur, quelles que soient les événements que nous vivons, positifs ou négatifs.

Résumons-nous :

  • Porter volontairement et régulièrement son attention sur les choses positives nous permet de renforcer durablement notre niveau de bonheur
  • Nous sommes tous maîtres de notre attitude face aux événements : ce choix conditionne largement notre niveau de bonheur
  • Grâce à la plasticité cérébrale, nous Nous tous d’une capacité à changer, et donc à acquérir les “compétences” d’un bonheur durable

Alors, après avoir découvert ces 3 « secrets », j’espère vous avoir convaincu que le fait que chacun d’entre nous avons une vision personnelle du bonheur n’est pas incompatible, loin s’en faut, avec le fait que l’on puisse tous délibérément agir pour renforcer durablement notre niveau de bonheur, comme une compétence que l’on acquiert.